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Vieux 31/05/2008, 19h26
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Post La grande histoire des chiites

De l’Imam Ali à nos jours : La grande histoire des chiites -I- Ali, le fondateur

Le Hezbollah, voilà désormais un mouvement emblématique d’une certaine idée de l’arabité… Il est devenu le réceptacle de tant de passions, d’espoirs et de peurs… avant lui la Révolution islamique en Iran a eu le même effet magique…

Les chiites, ce dixième du Monde musulman, se rappellent aux bons vieux souvenirs de la majorité sunnite.

Nous vous proposons dans ce feuilleton un voyage à travers l’histoire pour vous raconter la grande histoire de ce mouvement politico-religieux.



Les chiites (الشيعة) signifie en arabe “les partisans”. Historiquement les chiites étaient les partisans de Ali, fils d’Abou Talib, cousin germain (détail d’importance dans une société patriarcale et tribale) du Prophète devenu son gendre en épousant Fatima, la plus jeune des filles de l’Envoyé de Dieu de son premier mariage avec Khadija. Ali fut aussi le quatrième et dernier Calife bien guidé.

Le premier conflit

A la mort du Prophète, et avant même son inhumation, éclata le premier conflit entre Musulmans : qui était en droit de devenir le successeur politique de l’Envoyé de Dieu ?

La nouvelle communauté était composée de deux grands groupes : les Muhajirun (les Emigrants) et les Ansar (Partisans).

Les Muhajirun sont ceux qui ont émigré de la Mecque à Médine. Ils étaient près de trois cents hommes en l’an deux de l’Hégire. A la conquête de la Mecque, en l’an huit, la Hijra (migration) était stoppée selon la fameuse tradition prophétique “pas de migration après la conquête (de la Mecque)”. On peut estimer le nombre des Muhajirun à la mort du Prophète à quelques centaines tout au plus.

Les Ansar sont les habitants de Médine (Yathrib) qui ont adopté l’Islam, accueilli le Prophète et constitué l’essentiel des troupes combattantes.

Une fois que le bruit a couru à Médine que l’Envoyé de Dieu n’était plus, les principaux chefs des Ansar se sont réunis en secret. L’objectif était d’élire le successeur politique du Prophète.

Omar Ibn al Khattab (le seconde Calife bien guidé) eut vent de la chose. Il alerta rapidement deux Grands compagnons des Muhajirun : Abou Bakr al Siddik (Premier Calife bien guidé) et Hudhaïfa…

Les trois se rendirent dare-dare à la Sakifa des Banou Saïda, lieu de conclave des Ansars. Un débat houleux s’ensuivit qui a failli dégénérer.

Les Ansar étaient sur le point d’élire Saâd Ibn Oubada. Omar eut des propos très virulents. Il faillit en venir aux mains avec les partisans da Saad.

Le clan des Ansar se fissura. Le souvenir des guerres fraticides entre les deux grandes tribus de Yathrib (Médine), les Aws et les Khazrej y était pour quelque chose. Craignant la mainmise des Khazrej sur Médine, les Aws se rallièrent aux Muhajirun et dans un tumulte monstre Abou Bakr fut élu premier Calife (successeur) de Mohamed.

Pendant ce temps-là Ali était préoccupé par l’inhumation de son cousin et beau-père. Les traditions historiographiques chiites et sunnites sont unanimes pour dire qu’Ali refusa de prêter allégeance à Abou Bakr, pensant qu’on lui avait usurpé une succession qui lui revenait de droit.



Et de Un…

Si le conflit entre les Muhajirun et les Ansar fut très vite résorbé au détriment des seconds, un nouveau conflit beaucoup plus grave et plus durable allait éclater…

Alors que Ali, principale figure islamique du clan des Hachémites, était en train d’inhumer son cousin et beau-père, les bruits de la ville arrivèrent jusqu’à lui : on disait qu’Abou Bakr était proclamé calife successeur de Mohamed…

Il est très difficile d’établi une chronologie précise et fiable des évènements qui allaient suivre… plus tard les premiers historiographes donnèrent des versions souvent contradictoires en fonction de leur “penchant” (hawa) sunnite ou chiite.

Toutefois il y a presque un consensus historique sur le fait que Ali refusa de prêter allégeance à Abou Bakr…

L’accord conclu de haute lutte à la Sakifa était encore très fragile. Ce n’est qu’à la venue de la puissante tribu des Banu Salim à Médine, après la réunion de la Sakifa, que le pouvoir d’Abou Bakr trouva une assise suffisamment solide pour entamer ce nouveau type de pouvoir : le Califat.

Une querelle opposa aussi le nouveau Calife à la fille du Prophète et épouse de Ali : Fatima. Elle a réclamé sa part d’héritage d’une terre qui appartenait à son père à quelques lieux de Médine (Fadk). Abou Bakr invoqua un propos du Prophète où il aurait dit : “Nous, les Prophètes, nous n’héritions de rien et ne laissons rien en héritage. Tout ce que nous laisserons (après notre mort) est aumône”.

Fatima en prit ombrage. Elle n’adressa plus la parole à Abou Bakr et ses alliés et vécut cloîtrée chez elle. Elle mourut de chagrin, quatre mois (six selon certaines traditions) après la mort de son père.

“Ahl al Bayt” avec ses deux représentants les plus éminents Fatima et Ali, était ainsi en conflit ouvert avec le nouveau pouvoir califal…

Quelle était la portée exacte de ce conflit ?

Un successeur naturel

Ici les sources sunnites c’est une appréciation personnelle et politique ; quant aux Chiites, Ali était nommément désigné par le Prophète pour leur succéder. Les Grands Compagnons ont transgressé cet ordre prophétique. Pour les modérés, les Grands Compagnons ont pêché (exception faite pour les Zaydites dont on reparlera dans nos prochains épisodes), pour les ultras c’est une apostasie caractérisée.

Il est clair que la compréhension de ce moment initial est importante lpour a suite des évènements.

A la mort du Prophète, Abou Bakr était âgé d’une soixantaine d’années, Omar d’une cinquantaine et Ali d’une trentaine.

On a vu que les Ansar, un certain moment, se sont cru en droit d’assurer, par l’un d’entre eux, la succession du Prophète. Seulement le clivage tribal Aws/Khazrej les a handicapés lourdement. De plus, la super élite musulmane était constituée exclusivement des Muhajirun (les dix Compagnons auquel Dieu a promis le Paradis).

Seulement, il y avait une inadéquation entre la noblesse en Islam et la noblesse du Sang.

Le clan le plus puissant de Quoraïsh à l’époque était, sans conteste, les Bânu Omaya. Seulement, leur chef Abou Sofyane, était l’un des plus farouches adversaires du Prophète. Il ne s’est converti qu’après la conquête de la Mecque en l’an huit. De ce fait, il ne pouvait peser sur le choix du successeur du Prophète, bien que certaines sources aient parlé d’une tentative d’Abou Sofyane de prêter allégeance à Ali. Tentative que ce dernier refusa de la manière la plus énergique, qualifiant même Abou Sofyane d’ennemi de Dieu.

Le second clan est celui des Hachémites. C’étaient les gardiens du Temple de la Kaâba. Ils se sont beaucoup appauvris avec Abou Talib (oncle du Prophète et père de Ali). Ensuite le clan fut profondément divisé par la prédication du Prophète. Ses principaux chefs furent soit des adversaires farouches de Mohamed comme Abou Jahl, ou des protecteurs du Prophète sans franchir, pour autant, le pas de la conversion (Abou Talib) ou de tardifs convertis (al Abbas, ancêtre des Abbassides). Ainsi Ali, à trente ans, se trouvait-il le plus éminent Musulman des Hachémites sans être le plus illustre de son clan.

L’héritier du Prophète

Pourquoi Ali a-t-il revendiqué pour sa personne le legs politique du Prophète ?

Ali est le benjamin des enfants d’Abou Talib. Mohamed voulu aider son oncle et tuteur. Il prit à sa charge le tout petit nouveau Ali. Mohamed et Khadija élevèrent leur jeune cousin comme s’il s’agissait de leur propre fils. Gamin, Ali accompagnait son cousin dans ses méditations aux faubourgs de la Mecque.

A la Révélation Ali n’avait que dix ans. Il devint naturellement musulman.

Parmi tous les Grands Compagnons, Ali fut le pur produit de l’Ecole prophétique. Il avait acquis, au contact quotidien du Prophète, un savoir immense et une spiritualité hors pair.

Ses propos et discours, rassemblés quelques siècles plus tard, dans un livre au nom évocateur “la voie de l’éloquence” (نهج البلاغة) est l’une des plus belles œuvres de l’Arabe classique, même si l’authenticité intégrale de ce livre n’est pas avérée..

A Médine, le Prophète ordonna une grande opération de fraternisation entre Ansar et Muhajirun. Il se retourna vers Ali et lui dit : “Quant à moi, c’est toi qui es mon frère en Islam”.

Les propos du Prophète vantant les mérites de Ali sont innombrables, même dans les recueils des traditionnistes sunnites. On peut toujours discuter de l’authenticité du fameux hadith du “Ghadir” où le Prophète cita nommément Ali pour lui succéder.

Toujours est –il que Ali avait un statut religieux et familial à part. Statut qui lui vaut la sympathie de la plupart des Ansar et de certains Muhajirun, comme le fameux Ammar Ibn Yasser dont la mère fut, à la Mecque, la première martyre en Islam.

Ali acquit la conviction, très jeune, qu’il lui incombait de continuer et de défendre l’œuvre spirituelle de l’Envoyé de Dieu. Il lui semblait qu’il était l’héritier naturel et indiscutable du Prophète, lui, le plus illustre des hommes de Ahl al Bayt et l’unique transmetteur de cette noble lignée avec les deux fils de Fatima, Al Hassan et Al Husseïn, dont le Prophète disait qu’ils étaient les Seigneurs des jeunes du Paradis.

Le jeune âge de Ali à la mort de Mohamed (trente-trois ans) et le jeu des alliances politiques le privèrent de l’honneur de succéder immédiatement à son cousin.

Ali refusa de prêter allégeance au nouveau Calife. Omar voulut l’y contraindre par la force. Il faut reconnaître à Abou Bakr le tact et la délicatesse de la patience. Ali ne fut pas le seul à ne pas prêter allégeance. Tous les hommes de Ahl al Bayt et ceux qui s’y apparentèrent firent de même. A la mort de Fatima, Ali changea de tactique tout en affirmant publiquement devant le nouveau Calife que son geste de refus n’était motivé ni par la cupidité ni par la haine, mais parce qu’il pensait qu’on lui avait usurpé quelque chose qui lui revenait de droit…

Et de deux… et de trois

Le règne de Abou Bakr fut court : deux ans et quelques mois. Sur son lit de mort, il légua le Califat à Omar.

Quelques Grands Compagnons montrèrent leur désapprobation. Omar était d’une rudesse et d’une dureté légendaires. Ali ne put rien faire. Il ne pouvait pas ne pas reconnaître au “Farouk” de grandes qualités morales et politiques. Dix nouvelles années passèrent. Ali pensait que ses frères en Islam finiraient par lui rendre ce qui lui revenait de droit…

Blessé à mort par un esclave chrétien, Omar appela en urgence l’un de “ceux auquel Dieu a promis le Paradis” encore en vie, Abderrahmane Ibn Awf, Ali, Othman, Talha, Zoubayr et Saad. Omar dit à Ibn Awf de réunir ces six en conclave, de ne point briguer le Califat pour sa personne afin de pouvoir départager les postulants en cas d’égalité… le Califat échappa une nouvelle fois à Ali et c’est Othman qui fut élu comme troisième Calife bien guidé.

Les six premières années de règne du nouveau Calife furent, pratiquement, dans la continuité de ses deux illustres prédecesseurs. L’âge aidant—Othman avait soixante-dix ans au moment de son élection—l’impact du clan de Othman, les Omeyyades, se fit de plus en plus sentir. Ils eurent la mainmise sur les principaux postes du nouvel Etat islamique. Leur nouveau chef de file, Mouawouia fils d’Abou Sofyane, gouverneur de Syrie dès le Califat de Omar, était à la tête d’une armée redoutable.

L’insubordination commençait à sourdre dans les nouvelles villes/camps surtout en Irak (Basra et Kufa) et en Egypte. La politique de Othman devint de moins en moins populaire à Médine après les sanctions humiliantes qu’il infligea à deux compagnons emblématiques : Ibn Massoud et Abou Dharr al Ghifani.

L’insubordination se mua en véritable mouvement insurrectionnel surtout dans les cités irakiennes. Tabari et de nombreuses sources sunnites évoquent le rôle prépondérant d’un certain Abdallah Ibn Sabaâ, un Juif yéménite converti à l’Islam, qui fut le premier “Chiite” ay sens où il développa la sacralisation de la personne de Ali jusqu’à friser l’idôlatrie.

L’insurrection

Quel que soit le rôle du conspirateur Ibn Sabaâ, l’insurrection contre Othman prit une ampleur telle que l’Egypte et surtout l’Irak devinrent ingouvernables. Les raisons fondamentales sont sociales et idéologiques/religieuses. Les grandes tribus arabes islamisées fournissaient à l’époque l’essentiel des guerriers du nouvel empire.

L’emprise d’un clan de Quoraïsh n’était plus supportable. La justice, valeur tribale et islamique, exigeait un nouveau partage du pouvoir et des richesses… Profitant de la saison du pèlerinage, plusieurs centaines d’immigrés d’Irak et d’Egypte encerclèrent Médine en l’an 35 de l’Hégire. Il y eut près de quarante jours de négociations via les Grands Compagnons dont notamment Ali, Talha et Zubeïr.

Othman n’avait pratiquement aucun défenseur… Le quarantième jour, à la surprise générale des gens de Médine, la maison de Othman fut attaquée et le Calif tué.

Ce Calificide inaugura une nouvelle ère en Islam, faite de guerres fraticides entre factions rivales…

Ali prit conscience, très rapidement des dangers de cette fitna (discorde)… il voulut se retirer de toute compétition pour succéder à Othman… Talha et Zubeïr lorgnaient vers le poste mais les insurgés, devenus maîtres de la capitale du Califat, ne voulaient que de Ali…

Dans une confusion totale et après moultes tractations, Ali sur insistance de son oncle al Abbas, accepta de devenir, à cinquante-sept ans, le quatrième Calife et Commandeur des Croyants… Ali s’est assuré de l’allégeance de tous les Grands Compagnons présents à Médine et surtout de Talha et Zubeïr dont il redoutait la félonie.

La triade du Chameau

Talha et Zubeïr, après avoir prêté allégeance à Ali, se rendirent à la Mecque… Aïsha, épouse du Prophète et fille d’Abou Bakr, était l’une des pourfendeuses les plus virulentes de Othman.

Quans elle apprit sa mort, alors qu’elle était en route pour la Mecque, elle ne put cacher sa joie. Mais, à l’annonce de l’élection de Ali, elle changea radicalement d’attitude. A¨sha avait la mémoire longue et elle ne pouvait oublier la position de Ali dans l’affaire de l’Ifk où elle fut accusée de comportement louche avec un jeune homme.

Pendant le mois qui suivit cette affaire et avant que le Coran ne l’innocentât totalement (Sourate de la Lumière), Ali conseilla à son cousin de la répudier…

Vindicative, Aïsha demanda justice pour le meurtre de Othman, elle fut immédiatement rejointe par Talha et Zubeïr… une nouvelle sédition pointait le nez. Le trio se dirigea vers Basra où certains émissaires les assuraient du soutien de la population. Aïsha qui, en tant que Mère des Croyants, était soumise au voile, se fit construire un palanquin en fer porté par un chameau.

Elle haranguait les foules de Basra pour rendre justice à Othman et punir les Calificides.

Ali eut vent de la nouvelle sédition. Les insurgés, qui formaient l’essentiel de ses troupes, lui conseillèrent de rendre à Koufa où les dizaines de milliers de guerriers de l’Islam n’avaient de sympathie que pour lui. A ce moment-là Médine perdit, à jamais, son statut de capitale et le Hijaz (principalement la Mecque, Taïf et Médine) sa centralité dans l’histoire de l’Islam.

Quelques semaines plus tard, une bataille terrible opposa les partisans de Ali (ils ne sont pas encore Chiites dans l’acception doctrinale du terme) aux partisans de la “triade du chameau”…

Plusieurs milliers de morts en un seul jour. Talha et Zubeïr furent tués et leurs partisans rendirent les armes au nouveau Calife.

La Bataille du Chameau fut le premier épisode militaire de cette grande discorde ( ) qui allait secouer la communauté des Musulmans.

De l’arbitrage du Coran à l’attentat Kharégite

Mais la Bataille du Chameau ne profitera pas à Ali. Elle profitera au puissant gouverneur de la Syrie, Mouawia fils d’Abou Sofiane. Il adopta une tactique qui s’avéra payante : “Je ne prêterai allégeance à Ali que s’il livre les assassins de Othman”… Grand dilemme pour le nouveau Calife. Les assassins, directs ou indirects, de Othman sont parmi ses plus fidèles lieutenants.

L’un d’eux ( ?), Al Achtar, est devenu un général écouté et respecté par ses hommes. Ali savait que la guerre était inéluctable.

A peine un an après son élection au Califat et neuf mois après la Bataille du Chameau, Ali et ses partisans étaient, de nouveau, sur le champ de bataille pour affronter les armées du gouverneur de Syrie… La tournure des batailles pour affronter les armées du gouverneur de Syrie… la tournure des batailles étaient en faveur de Ali, quand Mouawia proposa à son adversaire l’arbitrage du Coran. Ali savait que c’était une ruse de guerre et voulut gagner par les armes. Seulement, nombreux parmi ses généraux et ses troupes étaient d’un avis contraire.

Ils estimaient que le sang des Musulmans avait suffisamment coulé… Contraint, Ali accepta l’arbitrage.

Il ne put même pas désigner son propre arbitre. Le reste de l’histoire est connu…

L’arbitre de Mouawia, Amr Ibn al Ass, était l’un des plus fin tacticiens politiques que l’Arabie ait enfanté. Il dupa le pieux Abou Moussa al Ashari en le convainquant de démettre son propre chef, selon la narration la plus courante. De toute façons, Ali refusa le résultat de l’arbitrage et ses partisans se scindèrent en deux : les fidèles, qui sont les premiers Chiites, et ceux qui lui reprochèrent d’avoir accepté le jugement des hommes alors qu’il n’y a de juge que Dieu. Ils lui dirent qu’il avait pêché et qu’ils devait se repentir : ce sont les premièrs Khaourej (littéralement rebelles). Ali en chercha une nouvelle guerre contre ses anciens partisans. Entre temps, son principal ennemi Mouawia fortifiait ses places et recrutait des guerriers.

Après avoir fini avec les Khaourej, Ali voulut combattre de nouveau les gens de Syrie. Mais ses partisans se montrèrent peu enclins à le suivre dans une nouvelle aventure militaire…

Dans “la voie de l’éloquence” nous avons de très beaux textes où Ali se plaint de ses hommes et de leur manque de volonté et de courage… Ali est certes le Commandeur des Croyants…. Mais c’est devenu un commandeur sans légion et sans soldats obéissants…

Les Khaourej, véritable premier parti politico-religieux dans l’histoire de l’Islam, décidèrent de frapper un grand coup : tuer les trois grands “apostats”—Ali, Mouawia et Amr Ibn al Ass— le même jour, à la prière de l’aube. Ils envoyèrent trois “Kamikazes” pour accomplir ce triple meurtre. Un seul des trois réussit. Moins de cinq ans après son ascension au califat, Ali fut tué par l’un de ses anciens partisans.

Les partisans de Ali prêtèrent allégeance à l’aîné de ses fils Al Hassan. Mais la cause était déjà entendue. Quelques mois plus tard ,al Hassan abdiqua et Mouawia fut proclamé nouveau Calife et Commandeur des Croyants.
__________________
je ne suis plus musulmane mais simple croyante, que DIEU vous garde...

Dernière modification par khadija1960 31/05/2008 à 20h02.
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Vieux 31/05/2008, 19h27
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Post Re : La grande histoire des chiites

Al Husseïn, le prince des martyrs.

Après l’assassinat de Ali par le Kharéjite Ibn Moljem en l’an 40 de l’Hégire, la division de la communauté des Musulmans est définitivement consommée.



Une communauté divisée

Les partisans de Ali et sa descendance sont très fortement implantés en Irak et surtout à Koufa, l’une des principales villes-camps de l’époque. Mouawia et ses partisans dominent la Syrie et en partie l’Egypte. Les Kharijites, premier véritable parti politico-religieux, commencent à s’implanter dans cette nouvelle classe sociale appelée les récitants (du Coran) « ». A l’époque, les divergences entre ces différentes factions étaient exclusivement politiques. Pour les Chiites historiques, Ali est le Calife légitime et le Commandeur des croyants. Les partisans de Mouawia et les Kharijites sont des séditieux. Les Chiites étaient des légitimistes, mais qui jugeaient très sévèrement la politique clanique du troisième Calife, Othman. En prêtant immédiatement allégeance à l’aîné des fils de Ali, Al Hassan, ils étaient les premiers à rompre avec la tradition du Califat bien guidé en instaurant le règne dynastique bien avant les Omeyades. A part cela, on ne peut déceler des divergences de doctrines, à ce moment-là, avec les autres factions.

L’historiographie chiite est d’un autre avis. Pour eux, Ali est l’héritier légitime du Prophète. Cet héritage a été explicitement (re)commandé par un hadith (propos) du Prophète. Seulement, même les Chiites de la deuxième moitié du premier siècle de l’Hégire n’étaient pas d’accord sur ce point. On peut estimer, raisonnablement, que c’est un point de doctrine du Chiisme duodécimain et ismaélien qui a été élaboré ultérieurement.

Le Kharijisme de cette fin de la première moitié du premier siècle de l’Hégire était un mouvement minoritaire. Il a certainement souffert de l’absence d’un chef charismatique. Sa doctrine initiale se résumait à ce slogan : “Il n’y a de pouvoir/autorité que celui de Dieu”. Pour eux, Othman et Ali, plus tard Mouawia, ont dévié de la voie juste, voie tracée par le Prophète et ses deux illustres successeurs.

Les Kharijites étaient des adeptes de la sédition armée. Il leur suffisait de réunir quarante guerriers pour entrer en rébellion.

Mouawia et les gens du Cham (la grande Syrie) se présentaient eux aussi comme étant des légitimistes.

Mais leur loyauté était pour le “Calife martyr” Othman et non pour le Calife en exercice, Ali, accusé de couvrir les calificides.

C’était, pratiquement, l’unique point de doctrine des partisans de Mouawia. Le second était celui d’instituer, avant même l’accès de Mouawia au Califat, l’injure de Ali dans le prêche des mosquées sous leur autorité. Pratique à double tranchant, car elle a attisé les rancœurs des Chiites sur les Omeyades.

Mais on peut estimer qu’à cette époque-là (juste après l’assassinat de Ali) la grande majorité des Musulmans étaient tout simplement légaliste. De nombreux compagnons du Prophète, encore en vie, ont refusé de prendre part aux combats fratricides. Cette position sera conceptualisée quelques années plus tard par les “Murjia” et d’une certaine manière par les Mutazilites.

Comme on l’a vu précédemment, les partisans d’Ali dominaient l’Irak et surtout la ville-camp de Koufa. Les partisans de Mouawia étaient, quand à eux, bien implantés en Syrie. La capitale du Prophète, Médine, n’est plus le centre de la communauté islamique. Médine n’était pas chiite au sens partisan du terme, mais avait beaucoup de sympathie pour Ali et sa descendance.

La Mecque était partagée entre les Hachémites (le clan de Ali) et les Omeyades (le clan de Mouawia)...

L’abdication d’Al Hassan

A la mort de Ali, les Chiites historiques prétèrent allégeance à l’aîné de ses fils, Al Hassan. Al Hassan (plus tard devenu le deuxième Imam pour les Duodécimains et les Ismaéliens) posa une condition curieuse à ses partisans: "vous devez m’obéir pour faire la guerre ou contracter la paix". En fait, Al Hassan avait une idée derrière la tête. Il estimait qu’il n’avait pas les moyens de battre Mouawia. Il envoya des émissaires en secret pour négocier une reddition honorable avec les maîtres de Syrie. Le deal était que les partisans de Ali ne seraient pas poursuivis et que leurs rentes ne seraient pas interrompues.

Quelques mois après la mort de Ali, Al Hassan et ses partisans prêtèrent allégeance au nouveau Calife, Mouawia, mettant ainsi un terme, provisoirement, à cinq ans de guerres fraticides...

Al Hassan, son frère germain Al Husseïn et leur demi-frère Mohamed Ibn al Hanafya, quittèrent Koufa et s’installèrent à Médine. Damas devint la nouvelle capitale du Califat...

Les partisans de Ali à Koufa digérèrent mal cette débacle. Ils ne supportèrent pas du tout l’injure institutionnalisée de Ali dans le prêche des Mosquées.

Mouawia eut l’intelligence de nommer Al Mughira Ibn Chaâba gouverneur de Koufa. Ce grand notable de l’Islam connaissait très bien la ville et ses habitants. Il y était déjà gouverneur du temps de Omar Ibn al Khattab... Il sut se montrer patient face aux sautes d’humeur des partisans de Ali. Il était au courant de leur réunions secrètes mais ne tenta rien contre eux...

La dynastie Omeyade

Seulement, l’Irak et Koufa en particulier, demeurèrent difficilement gouvernables. Les partisans de Ali y furent très nombreux. Ils étaient habités par un sentiment de revanche. Les plus engagés d’entre eux s’en voulurent d’avoir lâché Ali et son fils Al Hassan. Ils ne purent supporter de voir la mémoire de leur Imam (guide, chef...) injuriée et souillée par les partisans de Mouawia.

Les plus contestataires d’entre eux furent tués et torturés. Les historiographes rapportent que Hijr Ibn Adii et six de ses compgnons furent torturés à mort en l’an 51 de l’Hégire pour avoir protesté contre les insultes à répétition à l’égard de l’Imam Ali...

Seulement, pendant la vingtaine d’années du règne de Mouawia, l’usage de la violence contre les partisans de Ali fut assez modéré. Mouawia cherchait à asseoir le règne de son clan dans la durée. Il reprit les conquêtes, un moment stoppées sous le Califat de Ali, réprima violemment la sédition kharijite. On lui impute l’empoisonnement de son ancien rival Al Hassan en l’an 49 de l’Hégire. Les agents de Mouawia auraient promis à la femme d’Al Hassan une très forte somme si elle empoisonnait son mari. Cerise sur le gâteau, elle épousera aussi Yazid fils de Mouawia.

Al Hassan fut empoisonné. Mouawia tint la moitié de ses promesses : l’argent. Il avait très peur que son fils épouse une empoisonneuse...

Le règne de Mouawia fut prospère. Le Calife sut garder une ligne de conduite politique et personnelle acceptable par la majorité des Musulmans. Pour l’essentiel, la cruauté était bannie de son registre...

Mouawia était un monarque dans l’âme. Il ne pouvait concevoir son pouvoir que dans une lignée dynastique. Certes, Al Hassan a succédé à son père Ali, mais c’étaient les gens de Koufa qui le voulurent. Mouawia prépara le terrain pour son fils. En l’an 56 de l’Hégire, Mouawia commençait à tester dans les importantes contrées de l’Islam, l’hypothèse d’un prince héritier, en l’occurence Yazid.

Les principales sources anciennes rapportent l’anecdote suivante :

En l’an 57 de l’Hégire, soit trois ans avant la mort de Mouawia, le fondateur de la dynastie Omeyade organisa en grandes pompes une cérémonie d’investiture pour son fils Yazid. Un des généraux de Mouawia prit la parole et dit : "après celui-là (Mouawia) c’est celui-ci (Yazid) et pour tous ceux qui refusent il y a celle-là (son épée)".

Yazid contesté

Le danger pour Yazid venait des enfants des Grands Compagnons. Tabari rapporte que cinq d’entre eux ont refusé de prêter allégeance au nouveau prince héritier : Al Husseïn, fils de Ali, Abderrahmane, fils d’Abou Bakr, Abdallah, fils de Omar Ibn Khattab, Abdallah fils de Zoubayr et Abdallah fils d’Al Abbes (oncle du Prophète). Lors du pélerinage de l’an 56 de l’Hégire, Mouawia tenta de rallier ces grandes personnalités: peine perdue. Mouawia décéda en l’an 60. Yazid devint le nouveau Calife. Les partisans de Ali à Koufa pensèrent que c’était le moment ou jamais pour renverser la tyrannie des Omeyades... Al Husseïn était l’homme idoine. Personne ne pouvait prétendre à tant de noblesse en Islam. Petit-fils du Prophète et fils de Ali, Al Husseïn était le chef désigné des Chiites...

Les partisans de Ali à Koufa s’organisèrent secrètement. Ils envoyèrent plusieurs missives demandant à Al Husseïn de venir chez eux réclamer l’héritage de son père et de son frère.

Al Husseïn avait élu domicile à Médine. A la mort de Mouawia, le Gouverneur de Médine pressa Al Husseïn de prêter allégeance au nouveau Calife. Al Husseïn rassura le gouverneur sur ses intentions et demanda qu’il le fasse le lendemain publiquement. La nuit tombée, Al Husseïn quitta Médine avec femmes et enfants, en direction de la Mecque.

Le Hijaz, c’est-à-dire essentiellement la Mecque et Médine, n’avait pas d’atomes crochus avec le nouveau Calife.

Sa réputation, à tort ou à raison, de buveur de vin et de passionné de chasse l’a précédé et ne l’a pas servi. Les deux villes saintes de l’Islam regorgeaient de grands noms, comme les cinq qui avaient refusé, déjà, de prêter allégeance à Yazid alors qu’il n’était que prince héritier. Mais le Hijaz n’avait plus les moyens de sa politique. Les centres névralgiques du nouvel empire de l’Islam se situaient en Syrie et en Irak. La Mecque ne pouvait être qu’un refuge, jamais une base arrière pour la conquête du pouvoir. Arrivé à la Mecque, Al Husseïn examina sérieusement l’idée de rejoindre ses partisans à Koufa. Seulement, les expériences malheureuses de son père et de son frère avec les gens de Koufa trottèrent dans sa tête. Il envoya son cousin Muslim Ibn Oukaïl en éclaireur pour apprécier l’état réel de la situation.

Koufa se rebelle

Koufa était dans une véritable ébullition révolutionnaire. La mort de Mouawia était une opportunité historique pour les partisans de Ali. Ils avaient un chef induscutable, Al Husseïn, et un ennemi dépravé: Yazid. Ils multiplièrent réunions sur réunions. La ville comptait à l’époque plus de 100.000 guerriers de métier... pour la plupart des Chiites (au sens historique: partisans de Ali). La noblesse arabe de la ville penchait, elle aussi, pour les Alaouites. Même les Mawalis (non-arabes islamisés et ralliés à des tribus arabes) étaient avec les “Ahl al Bayt”...

La ville était plus que mûre pour tomber entre les mains des partisans de Al Husseïn.

Yazid paniqua devant la tournure des évènements. Les plus avisés de ses proches lui conseillèrent de confier Koufa à Obaïd Allah Ibn Ziad, gouverneur de Basra, que Yazid comptait démettre. Le rusé et cruel Ibn Ziad devint gouverneur des deux principales villes de l’Irak de l’époque, Basra et Koufa.

Muslim Ibn Oukaïl, le cousin d’Al Husseïn, était à pied d’œuvre à Koufa. près de 12.000 combattants avaient déjà prêté allégeance au petit-fils du Prophète...

Quand Ibn Ziad entra à Koufa, le visage caché par un foulard, les gens de la ville le prirent, au début, pour Al Husseïn.

La première tâche d’Ibn Ziad fut de découvrir les chefs de la sédition chiite. Il chargea l’un de ses meilleurs espions d’infiltrer le parti de la rebellion. Maôkal se présenta comme un habitant de Hims (ville de Syrie) partisan de Ali et riche donateur pour la cause d’Al Husseïn... Le désordre et l’inexpérience des insurgés lui permirent d’arriver jusqu’au chef koufi des Chiites, Hani Ibn Arwa.

Ibn Ziad demanda à Hani de se présenter à son palais. Le chef des insurgés pensait qu’il n’avait rien à craindre. Ibn Ziad le tortura et le jeta en prison. Muslim Ibn Oukaïl rassembla 4.000 hommes pour le libérer... Mais la politique d’Ibn Ziad, faite de bâton et de carotte, a déjà porté ses fruits. Les 4.000 devinrent 500 et, à la tombée de la nuit Muslim se retrouva tout seul. Il fut capturé par les agents d’Ibn Ziad et décapité. Auparavant, Ibn Ziad jeta Hani du haut de son palais. Il mit plusieurs centaines de partisans en prison. Ibn Ziad fut aussi informé par ses espions des échanges entre Al Husseïn et les insurgés et de la probable venue du petit-fils du Prophète à Koufa...

Le martyre d’Al Husseïn

Les missives qui arrivèrent à la Mecque furent très encourageantes. On y parle parfois de 80.000 combattants prêts à venger Ali et Al Hassan.

On ne peut pas décrire avec certitude l’état d’esprit d’Al Husseïn à ce moment précis des évènements.

Nous sommes en l’an 60 de l’Hégire. Nous ne disposons d’aucune source écrite contemporaine de ces évènements. Les premiers récits écrits datent de la fin du premier siècle, mais toutes ces sources ont disparu. Certaines ont été conservées dans des ouvrages de compilation ultérieurs (début du 3ème siècle de l’Hégire).

L’histoire que nous essayons de vous raconter a été écrite bien après la disparition de l’empire omeyade. Même les premières sources sunnites, telle que la chronique de Tabari, sont relativement hostiles aux Omeyades et forcent le trait quand il s’agit de certains monarques, tel que Yazid auquel on impute tous les vices de la terre. Les sources chiites, quant à elles, font carrément dans l’apologétique. L’histoire concrète n’est, ainsi, que la réalisation d’un destin et d’un dessein divins.

Pour les Chiites (par exemple “Le martyre d’Al Hussein” d’Ibn Taous al Husseïn, 7ème siècle de l’Hégire) Al Husseïn connaissait, par illumination divine, le temps, le lieu et la manière de son martyre. Les anges et les djinns lui ont proposé d‘anéantir ses ennemis, mais il voulut que le dessein de Dieu se réalise. Seulement, certains éléments factuels, rapportés par ces mêmes sources, contredisent cette eschatologie historique. C’est par le recoupement de ces éléments avec les narrations des sources sunnites (beaucoup plus soucieuses de l’évènementiel que leur concurrentes) que nous allons essayer de comprendre les motivations de l’action d’Al Husseïn. Action qui sera, comme nous le verrons plus tard, fondatrice du Chiisme et qui opèrera une rupture définitive entre les Chiites et les autres.

L’entourage d’Al Husseïn, à la Mecque, n’était pas favorable au départ pour Koufa. Les habitants de la cité n’avaient pas bonne presse chez le clan des Hachémites. Ils ont lâché Ali et trahi Al Husseïn... Que peut-on espérer de pareilles gens ? Mohamed Ibn Al Hanafya, fils de Ali et demi-frère d'Al Husseïn, fit une analyse lucide de la situation: malgré les promesses d’allégeance à Al Husseïn et le chiffre avancé de 80.000 partisans, Koufa est encore sous pouvoir omeyade. Les insurgés n’ont même pas réussi à chasser le gouverneur de Yazid. Le pouvoir et l’argent étant encore aux mains des fidèles de Yazid, rien ne dit que la venue d’Al Husseïn y changera quelque chose... En plus, Al Husseïn est protégé à la Mecque. Personne n’osera attaquer le sanctuaire de Dieu. Si le petit-fils du Prophète se proclame Calife, les grandes tribus ne manqueraient pas de lui prêter allégeance. Apparemment, les arguments de son frère n’ont pas convaincu Al Husseïn. Même le conseil, plus qu’intéressé, d’Ibn Zoubayr (dont le père fut l’un des ennemis de Ali dans la bataille du Chameau) n’infléchira pas la décision d’Al Husseïn : il faut qu’il se rende à Koufa avant que le pouvoir de Yazid n’arrive à se stabiliser.

Mais au moment où Al Husseïn quitta la Mecque avec quelques dizaines de combattants, ses femmes et ses enfants, la situation à Koufa avait déjà tourné au profit des Omeyades... L’insurrection est décapitée, les partisans les plus intransigeants sont en prison.

Koufa est à près de 1300 km, à vol d’oiseau, il faut traverser le désert aride de l’Arabie. Ibn Ziad se prépara minutieusement pour “recevoir” Al Husseïn et sa maigre armée. Il chargea un régiment de 4.000 hommes pour lui barrer la route de Koufa. L’ordre n’avait pas encore été donné d’attaquer Al Husseïn. On obligea la petite armée d’Al Husseïn d’aller vers Kerbala (une cinquantaine de kilomètres au Nord de Koufa). On proposa à Al Husseïn de prêter allégeance à Yazid ou de partir de l’Irak, mais sans retourner au Hijaz. Al Husseïn essaya de négocier, mais Ibn Ziad attendait l’ordre de Yazid. En fin de compte Al Husseïn avait le choix entre prêter allégeance à Yazid, la reddition sans condition ou le combat inégal...

La petite armée d’Al Husseïn n’en pouvait plus, privée des sources d’eau depuis plusieurs jours. Et c’est dans des conditions très pénibles qu’Al Husseïn livra bataille. L’issue était plus que prévisible. Tous les combattants et les garçons furent tués et décapités, sauf un jeune enfant d’Al Husseïn, Ali, malade, sauvé par sa tante. Les femmes furent prises comme esclaves.

Ibn Ziad envoya, fièrement, la tête d’Al Husseïn au palais de Yazid à Damas. La rébellion d’Al Husseïn fut de courte durée et sa fin une véritable tragédie...

Ses partisans à Koufa furent frappés de stupeur. Ils n’en croyaient pas leur yeux. Le petit-fils du Prophète, le Seigneur des jeunes du Paradis, est décapité par les agents de l’immonde Yazid et eux n’ont pas bougé le petit doigt pour venir en aide à leur Imam. Honte à eux à la vie à la mort! La seule rédemption encore possible est de venger dans le sang le fils de Fatima.
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Post Re : La grande histoire des chiites

Al Mokhtar et la révolte de Koufa.

Le 10 Muharram 61 de l’Hégire (le 10 octobre 681) Al Husseïn, fils de Ali et petit-fils du Prophète, est tué à Kerbala dans une bataille inégale face aux armées Omeyades. Sa tête fut tranchée et envoyée en guise de trophée au monarque Yazid à Damas. Les Chiites du monde entier le pleurent jusqu’à nos jours.



La mort d’Al Husseïn aurait dû assurer la mainmise de Yazid sur le nouvel empire musulman. Seulement c’est tout le contraire qui se produisit.

Yazid succéda à son père Mouawia à l’âge de trente ans. Il étouffa cruellement la rebellion d’Al Husseïn... Cette cruauté est toute nouvelle dans la pratique du pouvoir en Islam. Elle ne lui gagna pas, loin de là, la sympathie des Musulmans.

Al Husseïn et l’essentiel des membres mâles de sa famille décapités, le Chiisme allait prendre une nouvelle tournure.

Quelques semaines après les évènements tragiques de Kerbala, cinq des notables chiites de Koufa se réunirent en secret.

Ils jurèrent de venger le fils de Fatima et de poursuivre tous ceux qui avaient contribué à son meurtre. Ils insistèrent sur l’urgence du secret absolu et se donnèrent quelque temps pour rassembler une force armée susceptible de réaliser ce projet. Le Chiisme en tant que mouvement politico-militaire clandestin était né.

La révolte du Hijaz

En ce moment précis de l’histoire (nous sommes en l’an 62 de l’Hégire), le théâtre des évènements se déplaça vers le Hijaz : Médine et la Mecque.

On a vu dans le numéro précédent qu’un certain nombre de fils de Grands Compagnons refusèrent de prêter allégeance à Yazid. L’un d’eux : Abdallah fils de Zoubayr (Zoubayr Ibn Al Awam est le cousin du Prophète et l’un des trois leaders de la Bataille du Chameau où il fut tué avec son compère Talha).

Abdallah se réfugia à la Mecque où il commença à organiser une rébellion sourde. Le martyr d’Al Husseïn lui apporta deux bonnes nouvelles : une preuve supplémentaire de l’impiété et de la cruauté de Yazid et la vacance du leadership anti-omeyade. Ibn Zoubayr ne se proclama pas encore Calife, mais utilisa avec intelligence le sanctuaire de la Mecque pour nouer des alliances secrètes avec les grandes tribus du Centre et du Sud de l’Arabie.

Médine était elle aussi en ébullition. Une délégation de notables de Médine, conduite par Abdallah fils de Handhala se rendit à Damas en 62 H pour prendre contact avec le nouveau Calife Yazid. Ce contact avait du être calamiteux malgré les faramineux présents de Yazid. De retour à Médine, Ibn Handhala incita les gens à la sédition: «Ce Yazid est un buveur de vin, un passionné de chasse et un pédéraste, il est indigne du Califat».

El l’an 63 H, Ibn Handhala fut proclamé chef de Médine, les Banou Omaya (clan de Yazid) encerclés et le gouverneur de Yazid expulsé...

Détail d’importance : l’unique survivant mâle d’Al Husseïn, Ali Zine al Abidine, surnommé le “prosternateur” ( ) ne prit pas du tout part à cette rébellion. Bien au contraire il protégea les Banou Omaya, qualité qui lui sera reconnue plus tard à sa juste valeur par Yazid.

Pour des Chiites duodécimains et ismaéliens, Ali Zine al Abidine est le quatrième Imam. De ce fait, il est le chef politique de la communauté et le dépositaire du savoir divin. Seulement, durant le restant de sa vie, Ali le “prosternateur” n’inspira aucune contestation chiite et ne prit part à aucune action politique, fut-elle clandestine, d’importance...

Médine violée et la Mecque assiégée

Yazid ne pouvait souffrir la rébellion des deux lieux saints de l’Islam. Il envoya, à la fin de l’an 63 H, une armée de 12.000 hommes pour mater les deux cités avec l’instruction précise de remercier et d’honorer Ali, fils d’Al Husseïn.

Muslim, fils de Okba, chef des armées de Yazid, donna un ultimatum de trois jours aux Médinois. Manifestement, les gens de la cité du Prophète n’étaient pas d’humeur à se rendre. En une journée, l’armée Omeyade brisa la résistance des Médinois. Chose nouvelle, Muslim Ibn Okba permit à ses hommes, durant trois jours, de piller la ville et de violer ses femmes. Certaines sources chiites disent qu’il y a eu 800 naissances dues à des viols de la soldatesque omeyade...

Cette bataille, connue sous le nom de la Bataille de Horra (du nom de la localité qui a servi de quartier général pour l’armée omeyade) vient s’ajouter aux méfaits, désormais nombreux, de Yazid.

Muslim Ibn Okba décéda au premier mois de l’an 64 (Muharram). Quelques semaines plus tard, Hassine, le nouveau chef des armées omeyades, se dirigea vers la Mecque.

Abdallah Ibn Zoubayr avait pour stratégie de se barricader dans le sanctuaire de la Mecque, pensant qu’aucune armée n’oserait attaquer la Maison de Dieu. Faux calcul. Les armées de Yazid ne reculaient devant rien. Fait curieux, Ibn Zoubayr s’est, un moment, allié avec des Kharijites. Au moment de l’attaque omeyade, des Kharijites armés defendaient la Mecque sous leur propre étendard...

La Mecque fut assiégée pendant 64 jours. Hassine utilisa des catapultes avec des boulets de pierres et des jets de feu. Al Kaâba fut partiellement touché. Ibn Zoubayr ne fut sauvé que par la nouvelle de la mort de Yazid... En effet, le jeune monarque décéda, suite à un accident de chasse, à trente trois ans.

Le pouvoir omeyade fragilisé

L’âiné de ses fils, Mouawia, fut proclamé nouveau Calife à 14 ans. Dans un empire déjà immense, entouré d’ennemis et en proie à de nombreuses séditions, avoir un enfant aux commandes n’est pas vraiment un atout... D’autant plus que la mort de Yazid va sonner comme un signal de ralliement pour les Chiites de Koufa...

Les narrations des historiographes sont contradictoires. Toujours est-il que le jeune Mouawia décéda trois mois après son accession au trône. Certains disent qu’il s’est lui-même démis et est resté cloîtré jusqu’à sa mort... Résultat : une grande fragilisation pour le pouvoir omeyade... Abdallah Ibn Zoubayr s’est déclaré désormais Calife et commandeur des croyants.

Cette année 65 H est riche en bouleversements politiques :

*un pouvoir vacant à Damas et un nouveau Calife à la Mecque qui commence à prendre de l’ampleur. L’Irak et ses deux principales villes, Koufa et Basra, étaient sous l’autorité de Obeïdallah Ibn Ziad. A Basra, Ibn Ziad proposa une solution inédite aux habitants de la ville : élire un chef temporaire en attendant de voir plus clair. Les Basraouis prétèrent allégeance à Ibn Ziad. Ibn Ziad envoya un émissaire à Koufa pour réaliser la même chose. Mal lui en prit. Son émissaire fut ridiculisé et son représentant chassé de la ville.

*Basra, quelques jours plus tard, fit de même. Le puissant et cruel gouverneur prit la fuite pour rejoindre les siens à Damas...

Des querelles tribales éclatèrent un peu partout dans l’empire : au Yémen, en Perse et ailleurs. Imaginez l’Irak d’aujourd’hui sans la présence des armées américaines : c’est à peu près cela l’empire omeyade en l’an 65 de l’Hégire.

Le clan des Omeyades paniquait. Certains (comme Marwan fils d’Al Hakam, doyen du clan et déjà secrétaire particulier du troisième Calife bien guidé Othman) pensaient même prêter allégeance à Ibn Zoubayr. D’autres proposaient de mettre sur le trône le second fils de Yazid, âgé de huit ans...

L’arrivée d’Ibn Ziad en Syrie changea la donne. Il appuya une candidature de Marwan, doyen du clan, et intime du Calife martyr Othman.

Les Omeyades ont maintenant un nouveau chef : Marwan. Il fut proclamé Calife le premier mois de l’an 65. Seulement, le califat d’Ibn Zoubayr parait à ce moment-là beaucoup plus fort et étendu. Il avait sous sa coupe le Hijaz, l’Irak et la Syrie.

Les Omeyades se préparèrent à la riposte. Ils réussirent assez rapidement à reconquérir la Syrie et surtout leur capitale symbolique, Damas, et dans la foulée l’Egypte retomba de nouveau dans leur escarcelle.

Les Chiites s’organisent

Le parti chiite, on l’a vu, s’est réorganisé après le martyre d’Al Husseïn en l’an 61. Leur nouveau chef est Soliman, fils de Sourad, compagnon du Prophète et fidèle parmi les fidèles de Ali... Le sermon chiite qui structura le nouveau parti montre une identité politico-religieuse assez marquée : venger Al Husseïn en poursuivant et tuant tous ses assassins. rendre le pouvoir suprême à Ahl al Bayt et défendre les opprimés...

Ibn Sourad ne voulut pas refaire les erreurs du passé. Il voulut tisser, dans la clandestinité, les mailles d’une milice suffisamment nombreuse et bien armée pour pouvoir défier les Omeyades. Les agents d’Ibn Sourad recrutèrent à tour de bras à Koufa, Basra et Al Madaïne (un ensemble de petites cités à 50 km au Sud de Bagdad)... Le slogan de ralliement était : tuer les assassins du Martyr ou se faire tuer...

La mort de Yazid offrait une opportunité pour les Chiites. Ils décidèrent de s’insurger le premier mois de l’an 65 H. A ce moment-là, près de 16.000 guerriers ont prêté le serment d’allégeance à Ibn Sourad.

Ici entre en scène un personnage hors norme : Al Mokhtar (littéralement : l’élu). Un personnage de roman. Un peu entre “Le comte de Monte-Cristo” et “Joseph Balsamo” d’Alexandre Dumas. Al Mokhtar est probablement le personnage le plus controversé du Chiisme historique. Pour certains, c’est un idéaliste pur et dur, un peu à la Robespierre ou Saint-Just. Pour d’autres, c’est un aventurier et un opportuniste sans foi ni loi...

La montée de Al Mokhtar

Al Mokhtar apparait d’abord comme un partisan d’Al Husseïn suffisamment engagé et dangereux pour être emprisonné par le gouverneur de Koufa, Ibn Ziad. Al Mokhtar a un atout majeur : il est le beau-père de Abdallah, fils du deuxième Calife bien guidé Omar Ibn al Khattab. Al Mokhtar arrive à faire parvenir une missive à sa sœur, laquelle somme son mari d’intervenir auprès de Yazid pour libérer son frère. Libéré, Al Mokhtar se dirige vers le Hijaz.

Al Mokhtar est un homme d’action. Et l’action au Hijaz était à la Mecque avec Abdallah Ibn Zoubayr. Al Mokhtar y était avant le siège de la ville sainte.

Il proposa à Ibn Zoubayr de se proclamer Calife publiquement. Mais ce dernier s’y refusa, pensant que les temps n’étaient pas encore mûrs pour cela... La Mecque fut assiégée par les armées de Yazid. Al Mokhtar se battit comme un beau diable. Il était dur à la bataille... Après la levée du siège, Al Mokhtar quitta la ville. Pendant un an, il allait et venait de la Mecque à Taïf. Il retourna encore une fois à la Mecque où il aurait prêté allégeance à Ibn Zoubayr... Al Mokhtar croyait en son étoile, mais visiblement Ibn Zoubayr se méfiait de lui... Al Mokhtar suivait avec grand intérêt les informations en provenance de Koufa. Il sentait qu’il y avait une opportunité et qu’il était l’homme de la situation.

Au mois de ramadan de l’an 64 H, Al Mokhtar se dirigea vers Koufa.

Il se présente comme l’émissaire du dépositaire, du dépositaire, c’est-à-dire d’Ibn al Hanfya, fils de Ali... Les Chiites lui disent qu’ils ont élu Ibn Sourad. Al Mokhtar se dit être le seul capable de mener les Chiites vers la victoire. Ibn Sourad est un vieil homme qui ne connait rien à l’art de la guerre... Il faut croire qu’Al Mokhtar était doué d’un certain charisme car il arrive à convaincre près de deux mille partisans. Ibn Sourad s’en inquiète... Le gouverneur de Koufa, fidèle à Ibn Zoubayr, aussi...

Al Mokhtar déconseilla aux Chiites d’entrer immédiatement en rébellion. Mais, pour Ibn Sourad, les dés sont jetés. Au jour convenu, il prit les armes avec ses partisans, qui devaient être au nombre de quinze mille. Seulement, les Koufis reviennent à leurs vieux démons. Il n’y aura, en définitive, que trois mille cavaliers pour affronter l’armée omeyade d’Ibn Ziad...

Les Chiites se battirent comme des lions mais furent vaincus. Ibn Sourad et l’essentiel des dignitaires chiites sont tués. Al Mokhtar fut de nouveau emprisonné. Cette fois-ci par le gouverneur zoubayrien de Koufa qui craignait de fragiliser sa cité face aux Omeyades. Une nouvelle intervention d’Ibn Omar Ibn al Khattab, et Al Mokhtar est de nouveau libre.

Al Mokhtar chercha à s’allier avec le grand notable Ibrahim fils de Malik Al Achtar (Al Achtar était l’un des principaux généraux de Ali)...

De plus en plus de Chiites se rassemblèrent autour d’Al Mokhtar. Seulement ,des suspiscions persistèrent. Les notables chiites diligentèrent secrètement une délégation pour rencontrer Ibn Al Hanfya à Médine. Ibn Al Hanfya aurait dit que toute épée était bonne pour venger Al Husseïn. La délégation koufie prit cela comme une confirmation d’Al Mokhtar. A partir de là, il devint le chef incontesté des Chiites.

Détail d’importance: le quatrième Imam des Duodécimains et des Ismaéliens, Ali le Prosternateur, n’a joué, dans ces évènements-là, aucun rôle. Il semblerait que les Koufis de cette époque-là ne lui reconnaissaient aucun droit à l’Imamat tant que le troisième fils de Ali, Ibn Al Hanfya était en vie...

Al Mokhtar réussit à mettre en place une armée de vingt-quatre mille soldats pour combattre Ibn Ziad. Le chef militaire des Chiites était Ibrahim, fils de Malik al Achtar. Il parvint à capturer Ibn Ziad et à décimer son armée.

Les narrations de la torture de l’ancien gouverneur de Koufa sont à la limite du supportable. On lui enlevait des tranches de chair de sa cuisse. On les grillait et l’obligeait à les avaler. Puis, sa tête fut tranchée et son corps brûlé. On en fit de même pour tous les assassins d’Al Husseïn, qui pensaient trouver refuge dans l’armée d’Ibn Ziad.

Ensuite, toutes les têtes des soldats omeyades tués ou capturés furent tranchées. Une source chiite dénombre près de vingt mille têtes. Elles furent envoyées en trophées de guerre à Koufa. Al Mokhtar cracha sur la tête d’Ibn Ziad et la brûla.

Le nouveau Calife omeyade, Marwan, envoya une armée impressionnante (on parle de deux cent mille soldats) pour punir Al Mokhtar. Son chef, Ameur fils de Abou Rabiaa, avait pour ordre de tuer tous les Chiites, hommes, femmes et enfants...

Les chiffres des sources historiographiques sont souvent sujets à caution, comme l’a remarqué Ibn Khaldoun. Une armée de 200.000 hommes est quelque chose de peu crédible. Toujours est-il qu’on peut penser que l’armée omeyade était suffisamment nombreuse pour pouvoir attaquer et occuper Koufa.

Les sources chiites disent qu’une ruse d’Ibrahim, fils de Malik Al Achtar, permit de capturer le général omeyade Ameur. Il fut décapité —c’est désormais une habitude— et sa tête envoyée à Al Mokhtar...

Le chef chiite envoya vingt-quatre mille cavaliers sur les armées omeyades et les décimèrent. Les morts et les prisonniers furent décapités.

Selon Ibn Taous al Husseïni, l’un des historiographes chiites, Al Mokhtar envoya la tête de Obeïd Allah et d’autres meurtriers d’Al Husseïn à Mohamed Ibn Al Hanfya, symbolisant par cela son allégeance au dernier des fils de Ali.

Ayant battu deux grandes armées omeyades, Al Mokhtar devient dangereux pour le Calife du Hijaz. Ibn Zoubayr charge son frère Mosab, en l’an 67, de combattre Al Mokhtar.

Les armées zoubayrites écrasèrent l’épopée d’Al Mokhtar dans le sang. Elles mettent ainsi fin au rêve insensé des Koufis de rendre le pouvoir aux Alaouites après avoir vengé le martyre d’Al Husseïn.

Mais Al Mokhtar apporta aussi quelques éléments nouveaux à la doctrine chiite, donnant une nouvelle assise théologique aux partisans d’Ahl al Bayt.
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Dernière modification par khadija1960 31/05/2008 à 20h48.
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Post Re : La grande histoire des chiites

L’évolution politique et idéologique sous les Omeyades.

Après la défaite des armées d’Al Mokhtar en l’an 67 de l’Hégire, les Chiites entrèrent dans une pente descendante sur le plan politique. Ils ne purent plus menacer sérieusement la dynastie omeyade pendant un demi-siècle malgré de nombreux soulèvements.



Nous avons voulu tracer, dans nos dernières éditions, le cadre politique de la naissance du Chiisme, car seules les divergences politiques expliquent l’émergence des partis politico-religieux en Islam. Les dimensions doctrinaires et théologiques, malgré leur importance, sont tardives. Elles sont, pour une large part, responsables de la pérennité ou de la disparition de ces groupes politiques de l’Islam primitif.

Le rôle des Mawalis

La révolution d’Al Mokhtar marque un tournant important dans l’histoire du Chiisme. En effet, ce révolutionnaire pur et dur (ou aventurier sanguinaire sans foi ni loi, c’est selon) a introduit, dès cette époque, une dimension fondamentale dans le Chiisme : le recours aux Mawalis.

Il est superflu de rappeler que l’Islam, tout en instaurant une nouvelle identité communautaire la religion, n’a pas aboli les appartenances tribales des Arabes…

Avec le commencement des conquêtes en dehors de l’Arabie Centrale, on a assisté à des conversions massives à l’Islam, surtout dans l’ancien empire persan. Ces nouveaux convertis entrèrent sous la protection d’une des tribus arabes et devinrent ainsi des Mawalis (suivants).

Rappelons que les autorités omeyades n’ont pas encouragé ces conversions massives. Certains généraux ont voulu même les stopper pour des raisons pécuniaires : les sujets de l’empire non convertis payaient deux types d’impôt : la capitation ( ) et le kharaj sur les biens agricoles. En se convertissant, ils faisaient perdre à l’Etat des revenus. L’aumône légale
( ) étant moins intéressante sur le plan financier, pour l’Etat cela s’entend…

Les nouvelles grandes villes de l’Irak de cette époque, comme Koufa et Basra, comptaient un nombre important de Mawalis d’origine persane. Ces gens-là étaient souvent méprisés par l’aristocratie tribale arabe. Ils avaient un traitement inégal dans les dotations( ) de l’Etat. Al Mokhtar eut une idée de génie : faire des Mawalis les égaux des Arabes. Cela lui a permis de gagner, immédiatement, à la cause des Ahl al Bayt les dizaines de milliers de Mawalis. Ils ont constitué, à Koufa, sa garde rapprochée. Cela n’a pas plu à la noblesse guerrière arabe, même à ceux qui étaient parmi les plus fidèles à l’Imam Ali et à ses enfants. Ce mécontentement contribua à la perte d’Al Mokhtar après un règne de dix-huit mois.

Les apports d’Al Mokhtar

Al Mokhtar eut recours aussi à un certain nombre de prodiges. Le plus important, si l’on croit les sources sunnites, était de prendre une vieille chaise comme l’équivalent de l’Arche d’Alliance des Juifs. Ils disaient aussi que les anges combattaient à ses côtés. Ces “miracles” firent leur effet. Depuis lors, Al Mokhtar, pour les Chiites, est un saint. Pour les Sunnites il n’est qu’un charlatan hérétique.

Mais les deux apports fondamentaux d’Al Mokhtar furent d’ordre politique et théologique. Politiquement, Al Mokhtar se présenta comme le lieutenant de Mohamed Ibn Al Hanafya, troisième fils de Ali d’une autre épouse que Fatima, fille du Prophète. On a vu que des chefs chiites de Koufa ont envoyé une délégation à Médine rencontrer Mohamed Ibn Al Hanafya pour vérifier les allégations d’Al Mokhtar.

Cela voudrait dire que les Chiites de Koufa prenaient Ibn Al Hanafya comme leur Imam, c’est-à-dire chef légitime.

Cela a donné, d’ailleurs, naissance à une branche du Chiisme, disparue depuis lors, appelé la Kayssanyya. Cela a posé problème pour le Chiisme postérieur. Pour les Duodécimains et les Ismaéliens, c’est-à-dire la majorité des Chiites d’aujourd’hui, l’Imamat, comme continuation spirituelle et politique de la prophétie, ne se transmet que par le sang et par une désignation explicite de l’Imam précédent.

Ainsi, seuls les enfants de Fatima peuvent se transmettre l’Imamat, Ali, cousin et gendre du Prophète, étant le premier Imam. Ibn al Hanafya se trouve, de ce fait, disqualifié. Il y a toute une casuistique chiite postérieure qui veut récupérer l’action d’Al Mokhtar et d’Ibn al Hanafya, faisant d’eux les agents du quatrième Imam, le seul rescapé de Kerbala des enfants d’Al Husseïn, Ali Zine Al Abidine.

Rappelons que nous sommes dans une période transitoire de la culture musulmane : le passage de l’oralité à l’écrit. Dans ce début de la seconde moitié du premier siècle, nombreux sont ceux parmi les élites politiques et religieuses musulmanes qui savent lire et écrire.

Quelques manuscrits circulent déjà, mais aucun d’eux ne sera conservé. Il faut attendre la fin du deuxième siècle pour que s’opère d’une manière massive le passage de l’oralité à l’écrit. Ainsi nous ne disposons sur ces questions précises que de sources postérieures et contradictoires. Mais on peut estimer que le Chiisme primitif, dans un souci de pérennité, ne pouvait faire l’économie de la question de la succession de l’Imamat. N’oublions pas qu’il était confronté, à ses débuts, au Kharijisme qui était radicalement anti- monarchique et anti- dynastique. Faut-il que l’Imam soit un descendant de Fatima ?

Ensuite qui, d’Al Hassan ou d’Al Husseïn a reçu la mission de transmettre l’Imamat ? Peut-on concevoir plusieurs Imams vivants en même temps ?

Tous les descendants de Fatima peuvent-ils prétendre à l’Imamat ? Peut-on être Imam sans être chef politique ? Toutes ces questions devaient trotter dans les milieux chiites de cette fin du premier siècle. Les factions rivales du Chiisme, et elles sont très nombreuses, se sont divisées en fonction des réponses qu’elles ont apportées à ces questions.

L’apport le plus particulier d’Al Mokhtar est son ébauche d’une doctrine devenue plus tard fondamentale dans le Chiisme duodécimain : le Bida ( ).

Al Mokhtar, étant le dépositaire du dépositaire (Ibn Al Hanafya), prétendait être capable d’illumination divine. Il pouvait prédire l’avenir. Selon Tabari, plusieurs de ses prédictions se révélèrent justes. Certaines, par la force des choses, se sont révélées erronées. Al Mokhtar disait à peu près cela : de nouvelles choses sont apparues à Dieu (d’où le nom de Bida : ce qui apparaît) et il a changé le cours des choses initialement prévues.

Pour les Sunnites, le Bida est une hérésie caractérisée. La science de Dieu ne saurait connaître d’altération ou de changement (voir “Al Milal wa al Nihal” du célèbre Shahristani). Pour les Chiites, le Bida n’est pas dans la science divine mais dans l’ordre des causes. Le Bida serait, non pas une fêlure ontologique, mais l’acte de la pure liberté.

La révolte de Zayd

Quoiqu’il en soit, l’action politique, militaire et religieuse d’Al Mokhtar avait eu un impact énorme sur le Chiisme. La défaite militaire face aux armées d’Ibn Zoubayr, le Calife du Hijaz, ne marqua pas la fin du Chiisme. Elle va permettre au mouvement de se développer d’une manière substantielle chez les Mawalis d’origine persane.

Cette clandestinité, au début, était dictée par l’insupportable cruauté des Omeyades. En 90 ans de règne, ils étaient responsable de centaines de milliers de morts parmi les Musulmans. Al Hajjaj (le fameux général Omeyade qui vainquit Ibn Zoubayr, détruisit la Kaâba et mata les Chiites et les Kharidjites durant la deuxième moitié du 1er siècle) avait à lui seul sur la conscience plus de cent mille morts. Les structures clandestines de la prédication chiite furent renforcées. Les Imams, des descendants d’Al Husseïn, ne furent pas inquiétés. Le quatrième Imam, Ali Zine el Abidine décéda à Médine en l’an 95 de l’Hégire. Le cinquième, Mohamed al Baqer, en l’an 113. Le sixième, et le plus célèbre de cette lignée, Jaâfar Al Sadik, vécut lui aussi à Médine sous les deux empires omeyade et abasside. Il décéda en l’an 148 H et fut l’un des plus grands fakihs et théologiens de son temps. Il est le seul, après Ali et ses fils, à jouir d’une telle aura auprès du Sunnisme.

Le frère du cinquième Imam, Mohamed al Baqer, Zayd, tenta une énième insurrection à Koufa en l’an 121 alors que l’empire omeyade entrait dans une phase de décomposition. L’épopée de Zayd ne dura que quelques mois. Il fut poursuivi par les armées omeyades et tué en 122. Comble de cruauté, les vainqueurs déterrèrent le corps de Zayd et le crucifièrent. Ils poursuivirent ses deux fils et les tuèrent.

Si l’épopée de Zayd fut sanglante et de courte durée, son apport au Chiisme fut, par contre, très important.

L’échec militaire de Zayd, malgré la montée en puissance du Chiisme en Irak et en Perse, s’explique par les positions iconoclastes du petit-fils d’Al Husseïn.

Le Chiisme s’est encore radicalisé au début du deuxième siècle de l’Hégire. Ce ne sont plus les Omeyades qui sont des usurpateurs, mais aussi les deux premiers califes, Abou Bakr et Omar. L’idée qui commençait à devenir dominante dans le Chiisme d’alors est que l’Imamat n’est pas simplement le pouvoir politique. C’est aussi la continuation de la Prophétie. Sans Imamat, la Prophétie serait incomplète. Le choix de l’Imam n’est pas une affaire d’élection ou de libre arbitre ni même de cooptation dynastique. L’Imamat est la pierre angulaire de la religion. Sans elle, le dessein de Dieu serait inachevé. Ainsi, la désignation de l’Imam est devenue une affaire de la plus haute importance en matière de religion. Le Prophète a donc désigné nommément le premier Imam dans le fameux Ghadir de Khom (voir la première partie de notre série). Abou Bakr, Omar et Othman ont transgressé sciemment l’ordre prophétique. Ils ont renié la pierre angulaire de l’Islam. Ils ont commis un péché capital. Le débat théologique faisait à ce moment rage en Irak avec les premiers cercles des Mutakallimun (théologiens rationalistes) : de l’Irjaa qui dissociait la foi et l’action au Mutazalisme, première école rationaliste en Islam qui ne prenait pas position dans les divergences entre Musulmans, de Ali et ses adversaires, l’une des parties était dans son tort, sans plus de précision.

Zayd était un disciple du fondateur du Mutazilisme. Il se refusait d’injurier Abou Bakr et Omar tout en affirmant la précellence de Ali. Cela lui aliéna un nombre important de Chiites. Le moment était mal choisi pour Zayd. Car depuis l’an 102, les prédicateurs chiites essaimaient secrètement, surtout en Perse. Le nombre des adeptes ne faisait que grossir. On se préparait à livrer la dernière bataille aux Omeyades.

Ahl al Bayt allaient enfin triompher en 132, mettant ainsi fin à la dynastie usurpatrice des Omeyades. Malgré cela le malheur des Chiites ne fait que continuer.
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Révolution et contre Révolution abbasside.

Après le martyr d’Al Husseïn, ls partisans de l’Imam Ali (les Chiites) se sont organisés en un parti politico-religieux clandestin. Leur unique objectif était d’abattre le pouvoir omeyade et d’instaurer le règne des “Ahl al Bayt”. Abbas, le demi-frère d’Al Husseïn. (Miniature Persane)

Il est avéré, historiquement, que la seule descendance du Prophète sont les lignées d’Al Hassan et d’Al Husseïn fils de Fatima. Seulement le concept de “Ahl al Bayt” est beaucoup plus large que cela. Ali, cousin et gendre du prophète, fait partie, lui aussi, de “Ahl al Bayt”. De ce fait son troisième fils Mohamed Ibn al Hanafya, d’une autre épouse que Fatima, fait partie intégrante de “Ahl al Bayt”.

Mais il n’y a pas que cela. Outre les femmes du Prophète, qui n’ont pas eu de descendance, les oncles du Prophète (essentiellement Al Abbas, converti à l’Islam) font eux aussi partie de “Ahl al Bayt”. Le fils d’Al Abbas, Abdallah, était considéré comme l’un des plus érudits de son temps en plus de son allégeance sans faille pour l’Imam Ali.

De la passation de l’Imamat


Alaouites (descendants de Ali) et Abbassides (descendants d’Al Abbas) étaient unis et mus par les mêmes objectifs : la disparition des Omeyades… A eux deux ils forment l’essentiel du clan des Hachémites. Il est vrai que c’étaient les descendants de Ali qui, se sont le plus manifestés et rebellés contre l’autorité omeyade, mais les Abbassides avaient eux aussi leur petites ambitions. Après le martyr d’Al Husseïn en l’an 61 de l’Hégire, nous avons des versions très contradictoires, sur la passation de l’Imamat. Les chiites duodécimains (ou aussi Imamites) et les Ismaéliens disent que c’est le fils d’Al Husseïn, Ali Zine al Abidine, dit 'le prosternateur' et après lui à son fils Mohamed al Baqer. Seulement, il est permis de douter de cette version de l’histoire et cela pour une raison très simple. Le chiisme au premier siècle de l’Hégire est un mouvement de contestation politique. L’Imam ne pouvait être un chef politique et spirituel à la fois. Or les 4è, 5è et 6ème Imams des chiites postérieur étaient tout sauf des chefs politiques. L’hypothèse la plus plausible est que la lignée de l’Imamat au premier siècle est beaucoup plus confuse que ne veut le laisser croire l’historiographie chiite postérieure.

L’émergence des Abbassides

Nous avons vu dans nos dernières éditions l’importance capitale du troisième fils de Ali, Mohamed Ibn al Hanafya. Après le martyr d’Al Husseïn, Ibn al Hanafya a été probablement le plus illustre des alaouites. Beaucoup ont pensé, alors, qu’il était le quatrième Imam. Selon certaines traditions, c’est par la descendance d’Ibn al Hanafya que l’Imamat a échoué chez les Abbassides. Toujours est-il qu’après près de quatre décennies de clandestinité, les chefs chiites d’Irak pensèrent, à l’orée du deuxième siècle de l’Hégire, que le moment était venu de passer à l’action militante. Il ne faut pas oublier qu’il y a une culture millénariste à cette époque. Le nouveau siècle était propice pour l’émergence d’un chef charismatique. L’auteur de “Al Akhbar Tiwal” (Les longues narrations) Abou Hanifa Deynouri, historiographe du 3ème siècle de l’Hégire, nous dit que les chefs chiites d’Irak envoyèrent en l’an 101 une délégation à l’arrière petit-fils d’Al Abbas, Mohamed, installé en Syrie. Ils lui proposèrent de prendre la direction du mouvement chiite. Mohamed accepta, mais conseilla à ses partisans de garder le secret et surtout à Khorasan (Iran). C’est le début du mouvement abbasside. Seulement, il ne faut pas accorder à cet événement une importance décisive et ce, pour deux raisons :

— Rien n’indique que Mohamed fut proclamé chef de tous les chiites. Il est le chef d’une faction tout court.
— Rien n’indique, non plus, que ce mouvement était mené au nom des Abbassides.

On peut penser que les historiographes abbassides donnèrent à cet événement une portée disproportionnée avec sa réalité. Cela clarifié, l’intensification de la propagande anti-omeyyade à Khorasan eut des effets immenses. Le Calife Omeyyade Yazid, fils Abdelmalek persécuta ces propagandistes. Deux de leurs principaux chefs furent tués et crucifiés en l’an 105.

Abou Muslim al Khorasani

Le successeur de Yazid, Hisham fit de la persécution des partisans de Mohamed l’un de ses principaux objectifs. Tous ceux qui étaient soupçonnés de sympathie pour les Hachémites (le clan du Prophète) étaient emprisonnés ou tués. En ces temps troubles entrait en scène un homme d’exception, Abou Muslim al Khorasani, jeune homme d’une grande culture et d’une détermination sans limite. Il fut un moment emprisonné à Basra car soupçonné de sympathie chiite. En prison, il fit la connaissance de grands leaders du mouvement. Ses grandes capacités lui firent prendre du galon très rapidement. Libéré quelques temps après, les chefs chiites rencontrèrent l’Imam Mohamed lors d’un pèlerinage à la Mecque. Ils ne tarirent pas d’éloges sur les qualités exceptionnelles d’Abou Muslim. Abou Muslim devint alors le principal émissaire entre l’Imam et les insurgés. L’Imam Mohamed décéda. Son fils Ibrahim lui succéda. Le mouvement prit une ampleur de plus en plus importante à Khorasan. L’empire omeyade entra dans une phase de décripitude.

Le grand tournant

La descendance abbasside était manifestement plus politique que celle des Alaouites. Trois frères vont jouer un rôle de la plus haute importante : Ibrahim (détenteur de l’Imamat), Abou al Abbas Assafah (littéralement le sanguinaire) et Abou Jaafar al Mansour (le victorieux). Abou Muslim était déjà à la tête d’une armée redoutable à Khorassan. Le dernier Calife Omeyade dit Al himar (l’âne) n’était pas du tout à la hauteur de la situation. Il fallait choisir l’Imam au nom duquel la Révolution allait être déclenchée. Les sources chiites et sunnites nous parlent d’une importante réunion secrète à Aboua entre la Mecque et Médine. Se sont rencontrés les descendants d’Al Abbas et des descendants d’Al Hassan. L’objectif était d’élire l’Imam de la Révolution imminente. Cela se passa aux alentours de l’an 120 de l’Hégire soit près de douze ans avant la chute du Califat Omeyyade. Nous remarquons tout d’abord l’absence des enfants d’Al Husseïn et, surtout, du sixième Imam Jaafar al Sadik. Le rôle des Abbassides est de plus en plus important dans le clan des Hachémites en ce début du 2ème siècle de l’Hégire, mais pas au point d’égaler celui de la descendance d’Ali. Un Imam abbasside au nom de tous les chiites n’était pas pensable. Les trois frères abbassides acceptèrent de prêter allégeance au jeune Mohamed, petit-fils d’Al Hassan dit l’âme pure ( ) L’“âme pure” était considéré par un certain nombre d’Alaouites comme le Mehdi (genre de Messie) qui fera régner la justice après l’iniquité des Omeyades. Son nom, Mohamed, et certains signes corporels, avaient tendance à appuyer cette croyance. Le père de l’“âme pure” voulut que le chef des Husseïnites, Jaafar al Sadik, prêta allégeance à son fils afin qu’il y ait unanimité du clan Hachémite. Jaafar al Sadik refusa. Pour lui, le temps du Mehdi n’était pas encore venu. L’âme pure devint, quand même, le chef symbolique de la Révolution qui se prépare à Khorasan, mais les chefs effectifs étaient les trois frères abbassides. Ils mirent dix ans pour réaliser leur grand rêve : la marche triomphale des armées de Khorassn sur le Califat Omeyade. Dès la fin des années 120, Abou Muslim étendit son pouvoir sur la totalité de Khorasan et prépara la grande attaque sur les armées omeyades.

La victoire des Abbassides

Les frères abbassides, surtout Assafah et al Mansour, se montrèrent de formidables organisateurs. Ils ne se sont jamais intéressés à l’aspect doctrinaire et théologique du mouvement. Il faut dire qu’ils ont eu en Abou Muslim un général d’exception. En l’an 129, le mouvement sortit de la clandestinité. Quelque mois plus tard, il conquit la ville de Marw (en Iran). A la fin de l’an 131, tout Khorasan était sous l’autorité militaire d’Abou Muslim. La débandale était à son comble dans le Califat Omeyade. Après la chute de Khorasan, il n’opposa plus de résistance aux armées abbassides. Le troisième mois de l’an 132 les Abbassides opérèrent un véritable coup d’Etat à l’intérieur du mouvement et Assafah fut proclamé nouveau Calife. Mohamed “l’âme pure” était entré en clandestinité. Il s’aperçut trop tard du machiavélisme des frères abbassides. Une fois encore, le pouvoir échappa aux Alaouites malgré des générations de martyrs et de combattants. Le chiisme a aussi souffert de son manque d’unité et de l’absence d’un grand chef politique. Jaafar al Sadiq (6ème Imam pour les duodécimains et les ismaéliens) était un homme d’un grand savoir et d’une grande piété. Mais il se refusait à toute action politique. Cela a probablement servi le chiisme sur le plan doctrinal, mais l’a beaucoup lésé sur le plan politique. Avec le nouveau pouvoir abbasside, la répression des chiites sera plus dure et plus forte. Si trente six des Alaouites furent tués ou assassinés sous le règne omeyade (près de 92 ans, en années lunaires), le premier quart de siècle abbasside a vu l’assassinat et l’exécution de 19 descendants de l’Imam Ali, sans compter la brutalité qui s’est abattue sur leurs partisans. Même le grand Abou Muslim n’échappa pas à la cruauté du second Calife, Al Mansour qui l’assassina lâchement après, qu’Abou Muslim, par la force de son épée, eut stabilisé le règne abbasside. Le chiisme put quand même traverser cette nouvelle zone de turbulence grâce surtout, à l’enseignement et à la prudence de sa grande figure le sixième Imam Jaafar Al Sadiq. Mais à la mort de celui-ci ,en l’an 148, le chiisme connut sa plus grande scission entre Imamites et Ismaéliens.
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La Révolution ismaélienne

Deux grandes révolutions terrassent l’empire abbasside dans la deuxième moitié du troisième siècle de l’Hégire (fin IXè et début Xè de l’ère chrétienne) la Révolution des Zenj (esclaves noirs) et celle des Qarmates (précurseurs du “socialisme” en terre d’Islam)… Peu après les Fatimides conquirent l’Ifriqya (Tunisie actuelle) avant de mettre dans leur escarcelle l’Egypte et la Syrie…

Le point commun entre tous ces mouvements et bien d’autres, est le schisme que connut le chiisme à la moitié du deuxième siècle de l’Hégire et qui donna naissance aux redoutables Ismaéliens…



Dès la fin du premier siècle de l’Hégire, le Monde musulman connut de profondes mutations. En moins de trois générations, on est passé d’une cité-Etat Médine, à un empire qui va de l’Andalousie au Pakistan. Plusieurs peuples embrassèrent l’Islam dont notamment les Persans. L’Islam était, certes, l’élément unificateur de cet empire, mais dans une mosaïque de traditions, croyances, religions et philosophies. De plus, nous le savons maintenant, l’unité politique des Musulmans s’est fissurée dès la première génération des Compagnons du Prophète.

La fin de l’empire omeyade (132 h. 749 J.C.) était caractérisée par une véritable explosion de la vie intellectuelle et politique. Le fait que les nouvelles cultures passées sous autorité de l’Empire musulman s’exprimaient, elles aussi, au nom de la nouvelle religion n’y est pas étranger.

Foisonnement intellectuel et doctrinal

Il est difficile de rendre compte, en quelques lignes, de ce foisonnement des idées. Disons tout simplement qu’on passait, en ce temps-là, très rapidement du politique au théologique jusqu’au métaphysique.

La grande discorde survenue lors du règne de l’Imam Ali était l’élément de positionnement fondamental. Qui avait raison ? Qui avait tort ?

On a vu que, pour les Kharijites, les deux parties en présence étaient dans l’erreur. Les deux étaient de grands pécheurs. Les deux étaient en Enfer.

Pour les Chiites, ce sont les partisans de Mouawia qui étaient des séditieux. Ensuite, tous ceux qui ne reconnaissaient pas la primauté et la précellence de l’Imam Ali étaient des usurpateurs.

Pour les Murjia (littéralement ceux qui ne jugent pas et laissent ce soin à Dieu), mouvement très puissant à l’époque, tous sont des Musulmans, même ceux qui ont péché.

On voit bien le basculement rapide de la dimension politique à la théologique. On passait de la question : qui avait tort ? à celle de : quel est le statut du grand pécheur ?

Nous savons tous que les Mutazila, première école de théologie rationaliste en Islam et, très vite, principale Ecole de pensée chez l’élite intellectuelle du deuxième siècle de l’Hégire, avaient une position originale sur ce sujet. Le grand pécheur est dans un entre-deux ( ). Il n’est ni musulman ni impie.

Autre question politique et théologique d’une grande importance : a-t-on le droit de porter les armes contre un pouvoir injuste ? Il est clair que si le pouvoir injuste est impie, comme pour les Kharijites et les Chiites aussi, la sédition armée est légitime. Pour les premiers, elle était obligatoire à partir d’un groupe de “vrais croyants” de quarante personnes. Pour les seconds, l’efficacité politique est plus recherchée.

Pour les premiers Musulmans, toutes ces questions les ont amenés à s’interroger sur la destinée et le libre arbitre . Et, de là, à la nature même de Dieu : la volonté de Dieu est-elle soumise au Juste ? Oui, répondirent les Mutazila. Non, répondront ceux qu’on appellera plus tard les Sunnites.

Pour eux la volonté divine ne saurait souffrir de limites, fussent-elles celles de la Raison.

Notons, dès maintenant, la grande fascination de nombreuses factions chiites pour la théologie rationalistes des Mutazila. Le deuxième siècle de l’Hégire ne fera qu’accélérer et approfondir ce foisonnement intellectuel et politique. L’effort colossal entrepris par la dynastie abbasside dans la traduction de la philosophie et des sciences grecques, la littérature et la sagesse indoue et persane, ne faisaient que densifier et complexifier la vie des idées.

Dissensions chiites

Entre temps, et depuis la moitié du premier siècle, les Chiites se sont constitués en véritable parti politico-théologique avec une organisation clandestine. Ce qui les réunissait était de rendre le pouvoir à Ahl al Bayt, c’est-à-dire à la descendance de Ali.

Seulement, ce principe était loin d’empêcher les dissensions. Si tous étaient d’accord sur la passation de l’Imamat de Ali à l’aîné de ses fils Al Hassan ensuite à Al Husseïn (tous deux fils de Fatima, fille du Prophète), les divergences apparurent pour la désignation du quatrième Imam. Etait-ce le troisième fils de Ali, d’une autre épouse que Fatima, Mohamed Ibn al Hanafya ou l’unique rescapé des enfants d’Al Husseïn de la Bataille de Kerbala, Ali "le prosternateur" ?

Contrairement à ce que l’on pourrait penser aujourd’hui, la lignée de l’Imamat n’a jamais été consensuelle dans le Chiisme. Toute la descendance mâle de l’Imam Ali pouvait y prétendre et même leurs cousins, les Abbassides. Le seul mot d’ordre qui pouvait réunir toutes ces factions était : le meilleur de la famille de Mohamed.

Entre pastoralisme et activisme révolutionnaire

Al Hassan et Al Husseïn représentaient deux figures distinctes du combat politique. Le premier, raisonnable et calculateur. Le second, idéaliste et de témoignage. Paradoxalement, les descendants d’Al Husseïn adoptèrent la première posture alors que ceux d’Al Hassan, surtout au deuxième siècle de l’Hégire, et avec Mohamed "l’âme pure", conduisirent de nombreuses révoltes très vites réprimées dans le sang.

La prudence de Ali, "le prosternateur" (quatrième Imam pour les Duodécimains et les Ismaéliens) et de ses deux successeurs, Mohamed al Baqer (m.113/731)et Jaâfar al Sadiq (m.148/765), permit sans doute au chiisme de survivre à la persécution omeyade puis abbasside, mais écarta du coup les descendants d’Al Husseïn d’un possible retour au pouvoir par une insurrection armée.

Les Imams chiites devinrent beaucoup plus des guides spirituels que des chefs politiques. Le fait, aussi, de rester à Médine ne faisait que conforter ce choix. La Cité du Prophète, depuis l’Imam Ali, a cessé de jouer un rôle politique de premier plan. Elle est devenue un pôle spirituel et religieux sans plus.

C’est incontestablement Jaâfar al Sadiq qui incarna le plus et le mieux cette nouvelle posture des Imams chiites durant son long Iamamat (34 ans). On peut penser que ce chiisme spirituel et religieux, surtout après la volte-face des premiers califes abbassides, n’avait pas que des adeptes dans cette mouvance. Le Chiisme est né dans la révolte et la contestation politique. Il ne peut se contenter d’un rôle purement spirituel. Les données objectives pour une nouvelle et importante scission sont réunies. Cette scission eut lieu à la mort du sixième Imam, Jaâfar al Sadiq, en l’an 148.

C’est l’aîné des fils d’Al Sadiq, Ismaël, qui était désigné pour succéder à son père. On ne sait si Ismaïl décéda avant Jaâfar al Sadiq, ou s’il fut écarté de l’Imamat au profit de son jeune frère Moussa al Kadhim. Les sources classiques divergent sur ce point précis. Le fait est que Jaâfar al Sadiq mandata en fin de compte son jeune fils pour lui succéder.

Certains disciples n’ont pas accepté cette nouvelle désignation. L’Imamat n’est pas un héritage temporel. L’Imam est le continuateur de la Prophétie et la transmission se fait par un mandat explicite de l’ancien au nouvel Imam. Si Ismaïl a reçu ce double héritage temporel et spirituel de son père, c’est lui et lui seul qui peut le transmettre à sa progéniture. L’Imam légitime est Mohamed, fils d’Ismaïl et non Moussa al Kadhim.

Meïmoun al Kaddah et la naissance de l’Ismaélisme

Un personnage-clef allait jouer un rôle décisif dans cette nouvelle scission : Meïmoun al Kaddah, précepteur de Mohamed, fils d’Ismaïl.

Meïmoun al Kaddah était un fidèle compagnon d’Al Baqer et de Jaâfar al Sadiq. Ce dernier le chargera de l’éducation de son petit-fils Mohamed. A la mort (ou disparition) d’Ismaïl, son fils Mohamed, nouvel Imam, n’avait que seize ans. Meïmoun Al Kaddah a-t-il trahi la confiance de son guide en proclamant haut et fort l’illégitimité du huitième Imam Moussa al Kadhim? Il est intéressant de noter que pour nombre de chiites contemporains duodécimains, Meïmoun al Kaddah n’a fait qu’appliquer un plan secret de Jaâfar al Sadiq : la création d’un mouvement clandestin et violent pour ébranler l’empire abbasside tout en épargnant la lignée de l’Imamat des foudres de Bagdad. Ainsi la “dérive” ismaélienne est nettement postérieure à sa création.

Toujours est-il que ce plan secret n’a pas été déduit de quelconques narrations anciennes, mais uniquement du long compagnonage de Meïmoun al Kaddah avec les cinquième et sixième Imams et qu’il fut toujours considéré par les érudits du chiisme duodécimain comme un narrateur fiable.

Il est certain toutefois, que Meïmoun al Kaddah et les premiers Ismaéliens ont tiré toutes les leçons des échecs à répétition du mouvement chiite.

Dès le départ, la clandestinité totale et le culte du secret étaient de règle.

Clandestinité de l’organisation pour échapper à la police abbasside. Même les Ismaéliens confirmés ne connaissaient ni le nom de l’Imam ni encore moins le lieu de sa cachette.

L’Imamat est la clef de voûte de l’organisation et de la doctrine ismaélienne.

Il est l’image de Dieu sur terre et détenteur du savoir céleste.

Très schématiquement l’Imam est le chef suprême. Un Imam héritier (toujours l’un des fils de l’Imam pour assurer la lignée prophétique) est désigné afin d’éviter les aléas d’une mort brutale de l’Imam. Mais le véritable chef politique et idéologique de l’Ismaélisme est "Daii addouat", littéralement "le missionnaire des missionnaires". C’est lui qui avait la charge d’organiser le mouvement dans les provinces, de prospecter les nouvelles opportunités pour la cause.

Il a aussi pour mission de développer et de préserver la doctrine. Il est à la fois le chef de l’organisation et le garant de la ligne idéologique à la fois.

On compte douze niveaux de hiérarchie entre l’Ismaélien de base et l’Imam. Chaque niveau est étanche. L’ascencion a un grade supérieur ne se fait qu’après moult vérifications, de peur de l’infiltration des taupes. D’ailleurs, les Ismaéliens sont passés maîtres dans l’infiltration des organisations adverses au point où on les trouve parfois à la tête de mouvements Kharijites ou duodécimains. C’est dire la supériorité incontestable de l’organisation ismaélienne sur ses rivales.

L’ésotérisme ismaélien

Bien avant l’Ismaélisme, le chiisme était traversé par des mouvements intellectuels, philosophiques et religieux assez divers. Cela était déjà perceptible dès la moitié du premier siècle de l’Hégire avec la révolte d’Al Mokhtar. L’idée d’un savoir ésotérique propre aux Imams avait déjà fait son chemin.

Avec l’Ismaélisme, cette démarche sera systématisée. Il y a le savoir exotérique ( ) qui est donné à tout le monde et le savoir ésotérique ( ) dont seul l’Imam est le dépositaire légal. Savoir qu’il reçoit directement de Dieu à l’image du savoir prophétique tout en étant formellement différent.

Il y a ainsi deux chemins parallèles et concomitants qui amènent le nouvel adepte à la vérité. Le chemin de l’organisation et la voie de la connaissance.

Meïmoun al Kaddah a dû être un homme d’une grande érudition. Très rapidement, il a su attirer des hommes de grande culture. L’Ismaélisme a produit une philosophie et une théosophie assez exceptionnelles.

“Les lettres des Frères de la pureté” en sont l’un des exemples. Certains prétendent que c’est l’Imam Ahmed, fils de l’Imam Mohamed, qui les a rédigés au début du deuxième siècle. Ce qui est certain est que ce texte imposant, (quatre volumes) dans les éditions modernes, était très connu au milieu du quatrième siècle (probablement une deuxième réécriture) et qu’il servait depuis un bon bout de temps de vitrine philosophique pour l’Ismaélisme.

L’idée centrale de ces lettres, il est vrai, d’une inégale valeur, est que la Religion était souillée par l’accumulation des ignorances et qu’il fallait la purifier par la philosophie. Ces lettres étaient aussi un hymne à la tolérance au point d’insinuer le relativisme religieux et l’équivalence de toutes les cultures spirutuelles, idée qu’on trouve aussi dans le soufisme ésotérique de Mansour al Hallaj à Ibn Arabi.

Les grands spécialistes de l’Ismaélisme s’accordent à dire que la doctrine développée par Al Kaddah et ses successeurs est d’une facture inégalée, en ces temps là, par les autres obédiences du Chiisme…

Révolution… Révolution

Mais L’Ismaélisme se voulait, dès le départ, un mouvement politique qui vise la prise du pouvoir par une révolution armée. Les missionnaires envoyés dans les différentes provinces de l’empire abbasside, avaient pour tâche essentielle de recruter parmi les populations autochtones pour renverser les pouvoirs locaux au nom du “meilleur des descendants du Prophète”.

Les Ismaéliens furent aussi les premiers chiites à expérimenter un genre de guérilla urbaine. L’objectif n’était pas le martyr pour le martyr, mais la destabilisation des pouvoirs en place.

On connaît très peu de choses sur l’évolution politique de l’Ismaélisme pendant un siècle et demi (de sa création jusqu’à sa grande victoire en Ifrikya en l’an 297).

On sait que le mouvement était dans le collimateur des services de police des Abbassides. Pour contrer cela, les Ismaéliens ne cessaient de déplacer leur Imam, sa Hojja où l’Imam héritier est le Grand prédicateur (Le missionnaire des missionnaires). Tous trois voyageaient sous de faux noms et n’étaient jamais ensemble. Dans un premier temps, les Ismaéliens envoyèrent leurs missionnaires en Iran, au Yémen et surtout à Bahrein. L’objectif était de se soustraire à la vigilance de Bagdad.

Le mouvement eut quelques faits d’armes sans grande importance, mais juste ce qu’il faut pour alimenter la panique des Abbassides…

Le pouvoir abbasside commençait à donner des signes de faiblesse dès les années 220. Pour protéger leur trône, les monarques eurent recours à des milices étrangères composées essentiellement des peuplades turques récemment islamisées.

L’Etat abbasside, après avoir adopté pendant près de vingt ans (de 212 avec al Maamoun à 234 quand Al Wathiq proclama son adhésion au sunnisme orthodoxe) l’idéologie des Mutazila, et après avoir esquissé un rapprochement avec les chiites Imamites (qu’on appellera plus tard duodécimains), se replia à ce moment sur une idéologie sunnite très conservatrice afin de puiser dans ce terreau une nouvelle légitimité.

La décomposition de l’empire avançait à grands pas. Le pouvoir réel des Califes ne s’exerçait même pas à Bagdad. Les provinces devenaient de plus en plus autonomes ou étaient conquises par des clans hostiles aux Abbassides.

Deux grandes Révolutions mirent à mal l’empire dans cette deuxième moitié du troisième siècle : celle des zenj (esclaves noirs) qui dura près de quinze ans et celle des Qarmates qui réussirent à sauvegarder un Etat indépendant à Oman près de deux siècles.

Si la relation de la première Révolution avec les Ismaéliens n’est pas établie historiquement, par contre on sait que les Quarmates sont des Ismaéliens. Ont-ils agi, du moins au début, sous l’autorité de l’Imam ou comme une faction séditieuse ? Le débat n’est pas clos.

Les Zenj et Qarmates méritent à eux seuls un développement à part. Leurs combats propres n’a pas été, à proprement parler, celui de l’Ismaélisme, mais ils dénotent d’une dimension fondamentale dans le mouvement ismaélien : la justice sociale.

Il n’est pas juste de parler, comme le font certains de nos contemporains, de “Socialisme musulman”, car Ismaélisme et Socialisme relèvent de deux univers culturels et sociaux totalement différents. Ceci dit, il y a dans l’Ismaélisme une rébellion réelle contre l’injustice et l’iniquité . Le luxe exhorbitant des Califes était vilipendé ; les ségrégations raciales et sociales condamnées. L’Imam était censé, entre autres, de rétablir la justice et l’équité de l’Islam des origines.

Cette flamme révolutionnaire s’est exprimée avec force dans ces deux grandes Révolutions de la deuxième moitié du troisième siècle.

Les Zenj et les Qarmates

En l’an 255, un certain Ali Ibn Mohamed, entra en sédition contre l’empire abbasside à partir de la cité de Basra et conduisit la plus grande révolte des esclaves en terre d’Islam.

Seulement, Ali Ibn Mohamed n’en est pas à sa première expérience politique. Il tenta quelque chose à Bahrein en 249 (lieu de forte implantation ismaélienne). Il se présenta comme un descendant direct de l’Imam Ali. Tabari, contemporain des évènements, rapporta dans ses chroniques, l’échec de cette tentative et le nombre impressionnant des victimes de ses partisans.

Il est clair que l’ascendant alide de Ali Ibn Mohamed n’est pas sans significations. De ce fait, il inscrit son mouvement dans le cœur des rebellions chiites, même s’il ne se proclame pas d’un mouvement en particulier.

Après cet échec à Bahrein pour soulever des tribus arabes contre l’empire abbasside, Ali Ibn Mohamed se dirigea vers la grande cité de Basra en 254. Il eut une grande idée : libérer les esclaves noirs des grandes cités irakiennes et mener avec eux, et en leur nom, une grande révolution contre le centre de l’empire abbasside.

Depuis quelques décennies, l’Etat abbasside et les grands propriétaires terriens, faisaient venir des esclaves de la côte-est africaine et plus particulièrement de Zenzibar (d’où le nom de zenji et zenj) pour dessaler les marécages de l’Irak afin de pouvoir utiliser ces grandes terres pour l’agriculture. Ali Ibn Mohamed s’informa de la situation précise de ces esclaves et put en quelques mois rassembler plus de 15.000 esclaves et c’est avec eux qu’il commença sa grande épopée contre les Abbassides qui dura quinze ans, jusqu’à sa mort en l’an 270. Pendant ces quinze ans, Ali Ibn Mohamed et ses armées sans cesse grandissantes d’esclaves affranchis, mirent à mal les principales cités de l’Irak et accentuant, de ce fait, la dépendance des abbassides envers les milices turques.

Seize ans plus tard (286), le mouvement Qarmate fit son apparition à Bahreïn (ce qui laisse supposer un probable lien entre les zenj et les Qarmates). Les historiens sont presque sûrs qu’au départ, les Qarmates étaient les Ismaéliens qui agissent pour le compte de l’Imam.

La stratégie des Ismaéliens était subtile. L’empire Abbasside est très affaibli. Il ne survit que grâce à la puissance de la soldatesque turque. Une armée partant de Bahrein et attaquant les abbassides par leur front Sud-Est ouvrirait de larges opportunités sur le front ouest de l’empire.

En 287, les Qarmates attaquaient pour la première fois Basra. Un an plus tard, Abou Abdallah, missionnaire de l’Imam, commença à propager très sérieusement l’Ismaélisme en Tunisie. Pendant près de dix ans, les Qarmates harcelèrent sans cesse les Abbassides, ce qui permit aux Ismaéliens de conquérir définitivement la Tunisie et de proclamer la naissance de l’Etat fatimide (de Fatima fille du Prophète) en l’an 297, sans que Bagdad puisse réagir.

Un mot sur le mouvement Qarmate qui dura près de deux cents ans.

Les Qarmates sont des Ismaéliens, probablement plus radicaux que l’entourage immédiat de l’Imam.

Leurs détracteurs leur reprochent leur violence excessive et le peu de cas qu’ils font du rituel musulman. Ils ont terrorisé plus d’une fois les pèlerins.

Ils ont même pillé la Kaaba et volé la pierre noire pendant près de 20 ans.

Le recoupement des documents sunnites et chiites montre une autre réalité. Nous sommes certes devant un mouvement violent, mais aussi idéaliste et utopiste. La cité-Etat qu’il fonda à Bahrein repose sur une éthique sociale tout à fait étrange pour les mœurs de l’époque. Les hommes et les femmes travaillent ensemble. Une société égalitariste et très peu hiérarchisée.

Sa devise était : la fraternité (ce qui n’est pas sans nous rappeler les “Frères de la pureté”) et les ressources financières équitablement partagées entre tous les membres de la communauté.

Après la conquête de l’Ifrikya, les Qarmates devinrent un mouvement autonome et n’obéirent plus aux injonctions de l’Imam. C’est la première scission la plus importante dans l’Ismaïlisme.

Pour nous résumer, nous dirons que l’Ismaïlisme à partir du troisième siècle fut le mouvement le plus novateur, théologiquement et politiquement, dans le monde musulman. Il finit par fonder l’empire le plus imposant au 4ème siècle, damnant ainsi la pièce à son frère ennemi, le chiisme duodécimain.
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Le Chiisme duodécimain : une religion à part?

La majorité des Chiites étant soit duodécimains (douze imams) ou ismaéliens (sept imams), on a choisi, par facilité, le chiffre 7 pour clôturer cette série. Et, ruse de l’histoire, nous allons parler de la branche majoritaire : les Duodécimains.

Nous avons vu que le Chiisme s’est scindé en deux après la mort du sixième Imam, Jaafar al Sadiq. Les Ismaéliens furent les plus actifs aux troisième, quatrième et cinquième siècles de l’Hégire. Après, et même avant, ce sont les Duodécimains qui se sont imposés comme la faction majoritaire. Cela est devenu encore plus évident quand la dynastie safavide persane adopta le Chiisme duodécimain comme religion d’Etat dès le 16ème siècle. Après Jaâfar al Sadiq, c’est le cadet de ses fils qui prit sa succession pour devenir le septième Imam : Moussa al Kadhim. Il fut emprisonné par le Calife Abbasside Haroun al Rachid et mourut empoisonné. Le huitième Imam, par un retournement historique spectaculaire, fut désigné par le Calife abbasside Al Maamoun — qui embrassa le Mutazilisme — comme prince héritier. Ali al Ridha n’était pas très chaud pour exercer le pouvoir et les Abbassides ne lui en donnèrent pas l’occasion. Une insurrection armée dans la famille royale obligea le Calife à revenir sur cette nomination et à retourner à la lignée abbasside. Cet épisode montre la toute puissance du Chiisme duodécimain en début de ce troisième siècle de l’Hégire. L’activisme ismaélien n’étant pas, non plus, étranger à ce retour en grâce des Duodécimains. Al Maamoun a dû penser que placer le huitième Imam à la tête de l’Etat allait rétablir l’ordre et l’unité de l’empire. Ensuite, Al Maamoun est mutazilite et les Mutazilités sont pour l’essentiel pro-alaouites. Nous passerons très rapidement sur les derniers Imams de la lignée duodécimaine. La doctrine et l’organisation duodécimaines étant maintenant établies, l’impact de ces Imams fut, somme toute, mineur. Le onzième Imam, Abou Mohamed El Askéri, est assassiné par les autorités abbassides en l’an 260 de l’Hégire . Il avait un garçon de cinq ans du nom de Mohamed. Pour l’historiographie sunnite, le jeune garçon décéda avec son père. Pour les Chiites, Mohamed, dit Al Mahdi, est toujours vivant. Il est entré dans la « grande absence » avant de revenir faire régner la justice et l’équité. Seulement, depuis la moitié du troisième siècle de l’Hégire, les Duodécimains n’ont plus d’Imam présent. Cela les priva de certaines opportunités pour fonder un grand empire, surtout au quatrième siècle de l’Hégire. Dans ce qui suit, nous allons évoquer les principaux fondements théologiques de la doctrine des Duodécimains. Fondements qui ont fait, et font croire à certains, qu’une réconciliation totale avec le Sunnisme n’est toujours pas à l’ordre du jour. Imaginez un instant si on changeait de philosophie. On a vu lors de nos derniers numéros que la doctrine des duodécimains (la branche majoritaire du Chiisme) s’est faite progressivement en fonction de l’évolution du mouvement. Le point de départ était l’amour et l’allégeance à Ahl al Bayt (la famille du Prophète), ensuite s’est construit sur deux ou trois siècles toute une doctrine.

L’imamologie

La pierre angulaire du Chiisme est la théorie de l’imamat, l’imamat étant la guidance politique et spirituelle de la communauté. Le Chiisme originel était composé des compagnons qui estimaient que Ali, gendre et cousin et Prophète, était le mieux habilité à succéder à l’Envoyé de Dieu. Très vite, (dans la deuxième moitié du premier siècle de l’Hégire), cette précellence d’Ali est devenu un élément fondamental du Chiisme. Ceux qui ne la reconnaissaient pas étaient considérés, au mieux, comme étant des pécheurs. L’idée dominante dans ce qui allait devenir les Duodécimains était que cette précellence ne découlait pas uniquement d’une appréciation humaine, mais qu’elle était signifiée par le Prophète lui-même. Pour les Duodécimains, cette désignation est explicite et non implicite, comme pour les Zaydites. Ali est l’héritier testamentaire du Prophète. La doctrine duodécimaine est la suivante : la mission prophétique, qui est d’éduquer les humains selon le dessein divin, ne peut se réaliser totalement durant la vie du Prophète. La Prophétie, en tant que message révélé, s’est éteinte avec la mort de l’Envoyé de Dieu, mais le lien qui lie l’humain au divin continue. Pour ce faire il a besoin d’hommes d’exception pour la transmission de ce savoir divin … Très vite les Chiites (dans ce qui va suivre Chiite signifie duodécimain) vont se ranger à l’idée de la bivalence du message de l’Islam : l’exotérique et l’esotérique . Le savoir exotérique est donné à tous les savants alors que l’esotérique n’est donné qu’aux âmes illuminées par Dieu. L’Imam n’est donc pas, uniquement, un successeur politique, mais surtout un continuateur de ce lien divin. L’Imam détient son savoir directement de Dieu, non pas par la Révélation, mais par illumination. Si, pour les Sunnites, l’Imamat, en tant que pure succession politique, n’est qu’une affaire de détail juridique, pour les Chiites elle est la pierre angulaire de la religion. Sans Imam, la religion serait comme un corps sans colonne vertébrale, ou mieux, un corps sans âme. Une affaire de cette importance ne saurait être laissée à la délibération des Musulmans. La désignation explicite de l’Imam est beaucoup plus importante que la totalité du rituel. Les Chiites considèrent que le Prophète, après la conquête de la Mecque, a explicitement désigné Ali, près du ruisseau de Khom, comme son successeur et son héritier testamentaire. Les Grands compagnons, comme Abou Baker, Omar et Othman (les trois premiers Califes bien guidés) ne pouvaient ignorer ce testament. Ils ont ainsi enfreint l’ordre prophétique. Pour la majorité des Chiites anciens, les compagnons ayant désobéi au Prophète sont des hérétiques. Pour les Chiites modernes et éclairés, les Grands compagnons ont seulement fauté. Ils pensaient que le jeune âge de Ali et ses nombreux ennemis dans les tribus arabes lors des guerres prophétiques ne faisaient pas de lui le successeur idéal. Un sage comme Abou Bakr pouvait assurer le pouvoir d’une manière intérimaire en attendant de le rendre à ces dépositaires légaux : les Ahl al Bayt. On a vu que les Chiites du premier siècle ont beaucoup divergé sur la lignée de l’Imamat. Pour les Duodécimains, la lignée doit passer impérativement par les enfants de Fatima, seuls détenteurs et passeurs de cette lumière divine héritée de leur grand-père, l’Envoyé de Dieu. L’Imamat, après Ali et al Hassan, s’est restreint dans les descendants du martyr de Kerbala : le troisième Imam, Al Hussein. Duodécimains et Ismaéliens sont d’accord sur ce point. Seulement, le point majeur dans l’imamologie n’apparaîtra que beaucoup plus tard dans la littérature chiite et c’est lui qui fait le plus problème pour les autres communautés musulmanes : l’infaillibilité de l’Imam. Pour les Chiites, la guidance spirituelle de l’Imam ne saurait être assurée sans le lien direct entre l’Imam et Dieu. L’Imam détient le savoir ésotérique, la vérité absolue. Il ne saurait se tromper. Il est infaillible tout comme le Prophète. Ainsi les propos et actes de l’Imam ont force de Loi : ils complètent et commentent le Coran et la Sunna du Prophète. Le problème avec les autres Musulmans n’est pas seulement théologique et théosophique (ésotérique), il est aussi juridique (exotérique) : les propos des Imams disent le licite et l’illicite… Pour les Chiites modernes la portée du différend juridique est minimisée. Les Imams n’enseignent rien qui serait contraire la lettre du Coran ou de la Sunna. D’ailleurs, les différences entre les quatre grandes écoles du Fikh sunnite et celle des Ahl al Bayt sont souvent minimes. Reste qu’on a souvent reproché aux Chiites de faire des acrobaties intellectuelles peu évidentes pour dépasser les enseignements parfois contradictoires des douze Imams. Le second Imam (Al Hassan) n’a-t-il pas fait la paix avec Mouawia alors que le troisième (Al Hussein) s’est rebellé contre le pouvoir omeyade en menant une action martyre contre des armées qui le surpassaient largement en effectif ? Il faut croire que les Chiites ont trouvé dans ces divergences apparentes une grande richesse. Ils y ont vu une raison majeure pour ne pas clôturer la porte de « l’Ijtihad » contrairement aux Sunnites. Cette pléthore de textes a aiguisé l’innovation des écoles du fikh de Ahl al Bayt en donnant de grands jurisconsultes à travers l’histoire. D’ailleurs, la commission des juristes et des fukahas tunisiens, qui ont rédigé le Code du Statut Personnel en 1956, se sont beaucoup inspiré du fikh chiite (dit jaafarien, se référant au sixième Imam, Jaafar al Sadik). Seulement, si cette lignée de l’Imamat est nécessaire pour accomplir le dessein divin et continuer la mission prophétique, pourquoi s’est-elle interrompue après douze imams, laissant la communauté des Musulmans sans guidance spirituelle depuis le troisième siècle de l’Hégire ?

Mehdisme et Messianisme

Les réponses apportées par les théologiens chiites (dits aussi Imamites) sont pour le moins discutables. Elles valent ce que valent toutes les explications a postériori. Le premier grand cycle de l’Imamat est clos. On est passé de la présence présente à la présence absente. Le douzième Imam est entré dans une grande absence tout en étant vivant parmi les hommes. Le cycle de sa grande absence prépare, négativement, son retour pour faire régner la justice et l’équité. Le 12ème Imam est le Guide attendu. Paradoxalement, les théologiens chiites sont beaucoup plus à l’aise dans ce chapitre. Les textes sunnites qui évoquent le retour du Messie et du Mahdi sont innombrables. Il est même dit que le Mahdi est un descendant du Prophète dont le nom est Mohamed, ce qui cadre parfaitement avec le douzième Imam. Le seul point de divergence c’est la notion de « grande absence » et de « survie » parmi les humains du Guide attendu.

La dissimulation légale

Tous ceux qui connaissent un peu le Chiisme ont entendu parler de la « dissimulation légale » qui signifie qu’il est permis à un Chiite, dans un milieu hostile, de montrer le contraire de sa croyance. Pour les Chiites, la dissimulation légale n’est pas une « innovation » . Le Prophète lui-même a conseillé aux premiers Musulmans déshérités de cacher leur foi pour sauver leur vie. Dissimulation تقية et piété تقوى ont la même origine. Le sixième Imam Jaâfar Sadiq, disait : "celui qui n’a pas de dissimulation légale n’a pas de religion". Il n’est pas difficile de comprendre que la dissimulation légale a été fondamentale pour le Chiisme historique. Vivre sans cesse sous la crainte de la répression ne peut qu’encourager ce genre de comportement. Seulement la « dissimulation légale » a établi, de par l’histoire, un mur de méfiance entre Chiites et Sunnites. Toutes les tentations de rapprochement se sont heurtés, chez les ultras des Sunnites, à cette « dissimulation ». Qui nous dit que les Chiites ne nous mentent pas ? Qui nous dit qu’ils ne nous cachent pas des choses plus « graves encore » comme un « Coran différent » ? Cette thèse a été souvent défendue par les Salafistes. Elle a été développé par Al Khatib dans un opuscule devenu célèbre dans le salafisme sunnite : « Des fondements de la religion des Duodécimains ». Le titre est déjà un programme en lui-même. Le Chiisme duodécimain est une religion qui n’a rien à voir avec l’Islam. En plus de leur excommunication des Grands compagnons du Prophète, les Chiites déclarent dans leurs livres dit « Authentiques » (comme Bukhari et Muslim pour les Sunnites) que le Coran que nous avons entre nos mains a été manipulé par Othman, dans un premier moment ensuite par les Omeyades. On a enlevé tous les versets qui indiquent clairement que c’est Ali qui est l’héritier testamentaire du Prophète. C’est l’accusation la plus grave contre le Chiisme. Seulement elle ne résiste pas à l’analyse historique des faits . Il est vrai que les « Authentiques » des Chiites contiennent de tels propos ; mais de nombreuses compilations sunnites contiennent elles aussi de tels propos comme « Al Fihrast » d’Ibn Nadim et surtout « Al Itqan », cette encyclopédie des sciences du Coran établie par Assyouti : seulement, l’écrasante majorité des Ulémas sunnites et chiites tiennent ces narrations pour marginales. Un large consensus s’est établi entre Sunnites et Chiites pour considérer que la vulgate de Othman est l’unique vulgate authentique du Coran. Il est très peu probable qu’un élément aussi important du dogme soit camouflé par « la dissimulation légale » alors que le Chiisme est la religion officielle d’un pays comme l’Iran dès le 16ème siècle. Il est difficile de prétendre présenter l’histoire politique et religieuse de toute une communauté aussi riche que les Chiites, en quelques pages. Rappelons que nous ne faisons pas œuvre d’historien. Notre seule ambition ici était de jeter quelques lumières sur nos frères en religion et qui ont fondé, chez nous, l’un des empires les plus importants de l’histoire musulmane : l’empire fatimide.



***

Eléments bibliographiques



La bibliographie sur le Chiisme est immense. Nous vous proposons ici quelques ouvrages, en arabe et en français, pour l’essentiel disponibles dans les bonnes libraires tunisiennes. Ouvrages anciens 1- « La voie de l’éloquence » une sélection de lettres et discours attribués à l’Imam Ali rassemblés par Chérif Ridha au quatrième siècle de l’hégire. Une édition bilingue (arabe-français) a été publiée par Dar Al Kitab Al Lubnani.

2- « Le commentaire de la voie de l’éloquence », véritable encyclopédie réalisée par le mutazilite Ibn Abial Hadid au 6ème siècle de l’Hégire. Disponible dans de nombreuses éditions.

3- « Les chroniques » de Tabari, dites « Histoires des nations et des Rois ». Ouvrage indispensable pour la compréhension des trois premiers siècles de l’Islam.

4- « Les prairies d’or » de Masoudi. Chroniques inspirées largement de Tabari et nettement pro-alaouites.

5- « Al Akhbar Attiwal » de Abou Hanifa al Deynouri.

6- « Maqatil al Talibiine » d’Al Asphahani. L’auteur y recense les assassinats et les exécutions qui ont touché les Ahl al Bayt jusqu’à la moitié du quatrième siècle de l’Hégire.

7- « Al Milal wa al Nihal » de Chahristani. La meilleure anthologie classique des faction et des partis théologiques-politiques de l’Islam des premiers siècles.

8- « Le martyre d’Al Hussein » d’Ibn Taous al Husseini, un historiographe chiite du 7ème siècle de l’Hégire. Ouvrages modernes et contemporains 1- L’Encyclopédie d’Ahmed Amin : « Fajr al Islam » et « Dhohr al Islam »

2- « Les Kharijites et les Chiites » de Julius Velhausen.

3- « Les Assassins » de Bernard Lewis.

4- « Le Califat fatimide au Maghreb » de Farhat Dachraoui.

5- « Les Qarmates » de Mustapha Ghaleb.

6- « L’histoire du Chiisme » de Soleyman Dahr.

7- « Correspondances » ,lettres échangées entre Sheikh Saliman Al-Bishir et l’Imam Sharafeddine Al-Amili.

8- « Chiisme dans l’Islam » par Seyed Mohamed Hossein Tabâtabâi.

9- « Les Chiites, pionniers de la justice et de la paix » par Magid Saigh.

10- « De la vie des Imams purs » par Mortadha Motahani.

11- « Histoire islamique, Leçons et morales » de Mohamed Taqi al Madrassi.

12- « le prophète et sa famille » de Abd al Hamid al Muhajir.

13- « Quatre opuscules » de Mohamed Jaoued al Balaghi.

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Re : La grande histoire des chiites

:



L'Ethymologie du Terme Chiite est revelateur :


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En Effet, il signifie : ''Le Sectarisme'' ou ''le Parti pris''. Ainsi l'appelation meme de cette tendance temoigne de leur propre sectarisme, car le terme Chiite est né de circanstance d'une situation bien precise, celle du differend nee entre 'Ali Radhi Allahu 'Anhu et Mou'awiya Radhi Allahu 'anhu. Logiquement cette appelation aurait du cesser a la fin de ce conflit mais certains des partisants de 'Ali Radhi Allahu 'Anhu ont exagéré l'affliation jusqu'au Sectarisme !


!



Définition de Rawafidh


!






!


Rawafidh du verbe « Rafada » qui signifie refuser, renier, désavouer.


!


Pourquoi nous les appelons les Rawafidhs ?


!



Une des causes d’appelation des Chiites par « Al-Rafida », selon Al-Mirza Taqi, remonte à l’Epoque de Zayd Ibn ‘Ali, un membre d’Ahl al-Bayt qui avait reproché aux chiites d’insulter Abu Bakr et ‘Umar (Radhi Allahu ‘Anhum).


!



Ils lui demandèrent : « Que penses-tu d’eux ? »


!


Il lui Répondit : « Je ne dis d’eux que du bien. »


!


Ils lui dirent : « Alors, tu ne fais plus partie des nôtres. » Et ils l’abondonnrent et le renièrent.


!


Zayd Ibn ‘Ali dit : « Ils nous ont reniés, aujourd’hui. »


!




Depuis ce jour, ils furent appelés « Al-Rafida ». Et l’Imam Zayd utilisait cette appelation pour désigner ceux qui exagéraient dans cette doctrine chiite et se permerttaient d’insulter les compagnons. [« Nasikh Al-Tawarikh » d’Al-Mirza Taqi. Tome 3, page 590]


!




D’après un grand théologien Chiite appelé Al-Nubakhti, la première personne impliquée dans le dénigrement des compagnons (Radhi Allahu ‘Anhum) et à avoir mis en vigueur cette pratique était un Juif du nom de ‘Abd Allah Ibn Saba, qui était prétendu appartenir à l’Islam.


!




Al-Nubakhti a montré clairement que ce Juif était celui qui avait commencé à insulter les Compagnons (Radhi Allahu ‘Anhum) et tout particulièrement, Abu Bakr, ‘Omar et ‘Othman (Radhi Allahu ‘Anhum).


!




Al-Nubakhti a dit :


!


« ‘Abd Allah Ibn Saba est parmi ceux qui ont ouvertement dénigré Abu Bakr, ‘Umar et ‘Othman et els compagnons et les renier en disant que ‘Ali (Radhi Allahu ‘Anh) lui avait ordonné de le faire. ‘Ali convoqua alors l’homme qui avoua son acte. Par conséquent, ‘Ali donna l’odre de l’exécuter. Mais les gens crièrent : Ô Commandeur des Croyants ! Exécuterais-tu un homme qui invite les gens à vous aimer… »


!



Al-Nubakhti ajouta :


!


« ‘Abd Allah Ibn Saba disait quand il était Juif que Yusha Ibn Nun était désigné par Moïse comme succéseur. Lorsqu’il se convertit, il commença à parler de la désignation de ‘Ali comme successeur au Prophète (‘Aleyhi salat wa salam)… Et il était le premier à avoir déclaré la succesion de ‘Ali comme Obligation… C’est la raison pour laquelle, tous ceux qui divergent avec les Chiites attribuent le « Rafd » au Judaïsme. » [« Firaq Al-Shi’a » d’ Al-Nubakhti, page 44-45]


!




Une fois, ‘Abd Allah Ibn Saba vint à ‘Ali (Radhi Allahu ‘anh) pour le monter contre Abu Bakr et ‘Omar (Radhi Allahu ‘Anhum). Mais ‘Ali le repoussa en disant : « N’avez-vous que cela à faire ?». [« Al-Gharat » d’Al-Thaqafi. Tome 1, page 203]


!




Les Chiites n’en tireraient-ils pas une leçon de par la position de ‘Ali (Radhi Allahu ‘anh) vis-à-vis de ‘Abd Allah Ibn Saba, surtout lorsqu’il voulut le faire exécuter comme il n’arrêtait pas d’insulter les compagnons du Prophète (‘Aleyhi salat wa salam) ?


!




De quel côté peut-on mette les chiites d’aujourd’hui ?


!




Est-ce du côté de ‘Ali (Radhi Allahu ‘anh) qui voulait exécuter quiconque détestait Abu Bakr, ‘Omar et ‘Othman (Radhi Allahu ‘anhum) ou du côté de Abd Allah Ibn Saba qui ontroduisit la pratique du dénigrement contre tous les compagnons (Radhi Allahu ‘Anhum) et les épouses du Prophète (‘Aleyhi salat wa salam).






Citation:
Témoignage d'un Ancien Chiitte Rafidhi


- Yassine -

Voici en quelque mot son témoignage
Salam aleikoum

Louange à Allah (swt) celui m'a guidé hors de l'égarement du Chiisme.

Peut-ètre que certain d'entre vous avaient surfé ces dernières années sur mon site de propaguande Chiite.... la Porte de l'Islam

J'étais dans un égarement total et aveugle....Je fais voeu de repentir pour mes actes, mes paroles ainsi que tout fais et geste commis sous le couvert du Chiisme car c'est vraiment une des voies les plus égarées

A l'avenir, je compte refaire un site dédié à la prévention contre les fausses croyances du Chiisme...inchallah

Salam aleikoum
Yassine

voici sont site d'ailleur http://users.skynet.be/yassine/

Suite du témoignage

Salam aleikoum

Barek Allahou fikoum

Je ne rentrerai pas trop dans les détails.

Mais, l'élément principal qui m'a fait prendre conscience est vis-à-vis du Saint Coran.

Durant des années, j'ai défendu coûte que coûte que les chiites avaient la croyance au Coran immaculé depuis Mohammed(sas) jusqu'à nos jours.

Malgré de nombreux hadiths chiites affirmant que le Saint Coran est falsifié, les autorités religieuses chiite m'avaient toujours dit qu'il s'agissait de hadiths faibles et que ceux-ci n'etaient pas pris en compte.

Malgré certains écrits de savants chiites affirmant cela aussi, les autorités religieuses m'avait toujours dit qu'il s'agissait de cas isolés et que la majorité des savants chiites croyaient bel et bien que le Saint Coran était intact et immaculé.

Dernierement, c'est même autorités religieuses m'ont affirmé qu'il n'en était rien et que s'ils "prétendaient" croire au Coran actuel c'était dans un unique but de propaguande, afin de ne pas effrayer les sunnites qui s'interessaient au chiisme.

Peut-ètre ont-ils cru que j'étais prêt à "entendre" et "croire" cela vu que cela faisait quelques années que j'étais chiite....

Non, jamais je ne pourrais croire que les paroles d'Allah aient pu ètre falsifiées par des hommes car Allah le dit :

En vérité c'est Nous qui avons fait descendre le Coran, et c'est Nous qui en sommes gardien Al Hijjr verset 10

SoubhanAllah, durant des années j'ai fait des débats avec des frères sunnites qui m'affirmaient que les chiites croyaient que le Coran était falsifié et j'ai essayé tant bien que mal de les convaincre que c'était faux.......Je croyais réelement que c'était faux macha'Allah...... Puis, je me rend compte que les autorités religieuses chiites font semblant d'y croire en apparence mais qu'il n'en est rien....

J'ai été perturbé psychologiquement, j'ai plus prié durant 1 mois...j'y arrivait plus mon cerveau faisait un blocage...je pouvais pas m'etre trompé et surtout m'etre laissé duper à ce point...

Allah karim

Quoi qu'il en soit, de manière générale la propaguande chiite est bien ficellée et au départ elle ne vous dit pas sa pensée réelle.....elle attend que vous soyez "prèt" et que vous ayez subit un "processus initiatique"

Al Mohim al Hamdoulillah

J'ai détruit mon site qui a malheureusement contribué à l'égarement d'autres frères et soeurs....Allah me pardonne.

Incha'Allah, j'oeuvrerai dorénavant à ramener un maximum de gens à l'islam Sunnite, de par mon expérience et de par mes connaissances en matière de Chiisme.


Allahu Akbar !
__________________
Ceux-ci prenaient leur religion comme distraction et jeu, et la vie d'ici-bas les trompait. Aujourd'hui, Nous les oublierons comme ils ont oublié la rencontre de leur jour que voici, et parce qu'ils reniaient Nos enseignements. (AL-ARAF v.51)

Ô Peuple, écoutez-moi bien, adorez Dieu, faites vos cinq prières (Salah) quotidiennes... Ô Peuple, et comprenez bien les mots que je vous transmets. Je laisse derrière moi deux choses, Le Coran et mon exemple, La Sounnah, et si vous les suivez vous ne vous égarerez jamais. (Extraits du sermon d'adieu, Mohammad )
Voir: "Documentaire"
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Vieux 01/06/2008, 00h50
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Re : La grande histoire des chiites

Biographie de Abou Bakr - سيرةأبيبكر

(que Dieu l'agrée)



Son nom est sa généalogie Il se nomme 'Abdoullah Ibn Abi Qouhafa 'Othman Ibn 'Amir.
Abou Bakr était le septième dans la descendance de taym, le fils de Mourra, le septième ancêtre du Prophète. le clan auquel il appartenait se dénommait banû taym du nom de taym sa mère salmâ était une fille de l'oncle de son père, saqr. Le nom originel d'Abou Bakr avait été 'abdul ka'bah. Il s'appelait également 'atîq. Sa mère n'avait aucun fils survivant, et lorsqu'elle avait mis au monde Abou Bakr, elle l'amena au temple et s'exclama : "Ô déité ! si celui-ci est immunisé contre la mort, alors donne-le moi".
Sa naissance
Il est né environ trois ans après l'année de l'éléphant.
Avant sa conversion
Il faisait partie des notables du peuple de Qouraych et comptait parmi leurs savants, il était aimé parmi eux.
Sa conversion à l'Islam (-13 H. ; 37 ans)
Abôu Dardâ (que Dieu l'agrée) a rapporté que le Messager de Dieu (paix et bénédiction de Dieu sur lui) a dit : "N'allez-vous pas laisser tranquille mon compagnon ! N'allez-vous pas cessez, et laisser tranquille mon compagnon ! Lorsque je vous ai dit : " Ô peuple, je suis le Messager de Dieu auprès de vous ! Vous m'avez répondu : " Menteur ! ", sauf Abou Bakr qui, lui, m'a cru !". (al-boukhâri)
Le Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) a dit : "Quand j'ai invité les gens à embrasser l'Islam, tous ont pris un temps de réflexion et d'hésitation, excepté Abou Bakr : il ne s'est pas retenu, et n'a pas hésité ! " (Ibn Ishaq)
'Alî Ibn Abî Tâlib (que Dieu l'agrée) a rapporté qu'Abou Bakr a été le premier homme musulman. (Ibn 'Asâkir)
La libération de Bilâl (-13 H ; 37 ans)
Il fut affranchi par Abou Bakr As-Siddîq (que Dieu l'agrée) qui l'avait racheté de Umayya Ibn khalaf à neuf onces d'or. Ce dernier exagérait son prix afin de décourager Abou Bakr, tout en se disant toutefois : "Si Abou Bakr insiste à l'acheter à une seule once d'or, je le vendrai à ce prix".
Tandis que Abou Bakr se disait : "S'il ne consent à la vente qu'au prix de cent onces d'or, je les payerai".
Son émigration vers Médine en compagnie du Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) (1 H. ; 51 ans)
Dès que le départ du Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) fut signalé, les Qoraïshites se lancèrent sur ses traces et Aboutirent à l'entrée d'une grotte où le Prophète et son compagnon Abou Bakr s'étaient réfugiés... Dieu troubla les Qoraïshites : les traces de pas menaient bien à cette grotte mais visiblement, elle n'était pas fréquentée. Plus bas, dans la grotte, Abou Bakr dit à son ami Muhammad (paix et bénédiction de Dieu sur lui) : "Si l'un d'eux regarde sous ses pieds, il nous verra..."
Et le Prophète de répondre : "Que penses-tu de deux [personnes] dont Dieu est le troisième ?"
Dieu (le Très-Haut) a dit : {Si vous ne lui portez pas secours... Dieu l'a déjà secouru, lorsque les mécréants l'avaient banni, deuxième de deux. Quand ils étaient dans la grotte et qu'il disait à son compagnon : "Ne t'afflige pas, car Dieu est avec nous." Dieu fit alors descendre sur lui Sa sérénité et le soutint de soldats que vous ne voyiez pas, et Il abaissa ainsi la parole des mécréants, tandis que la parole de Dieu eut le dessus. Et Dieu est Puissant et Sage.** (9/40)
Quand ils furent débarrassés de leur poursuivants, le Prophète et Abou Bakr retrouvèrent leur guide Abdullâh Ibn Uraïqit et le berger d'Abou Bakr, 'Âmir Ibn Fuhaïrah, et continuèrent leur route. Ils passèrent à proximité de la tente d'une femme qu'on appelait Oum Ma'bad Al-Khozâ'iyyah. Les voyageurs étaient alors à bout de vivres. Ils demandèrent à Oum Ma'bad de leur vendre de quoi tenir le reste du trajet. Mais la femme, gênée, leur dit : "Par Dieu, si j'avais de quoi vous donner, je vous l'aurais donné gratuitement".
Le Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) vit dans un coin une chèvre frêle. "Et cette chèvre ?", demanda le Prophète.
"Elle est frêle comme tu le vois", répondit la femme.
Le Prophète lui demanda d'approcher la chèvre. Alors, le Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) posa sa main sur la chèvre qui subitement prit des forces. Puis, il toucha son pis qui se remplit de lait. Le Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) prit du lait de la chèvre et commença par donner à ses compagnons. Ensuite, il en donna à Oum Ma'bad, il remplit un bol destiné à Abou Ma'bad et il finit par en boire à son tour. Les voyageurs suivirent leur chemin. Quand Abou Ma'bad fut de retour, il s'étonna à la vue du bol de lait car il savait que leur chèvre ne donnait pas de lait. Alors, Oum Ma'bad lui décrivit le Prophète et lui raconta ce qu'il fit. Il lui dit : "C'est l'homme que Qoraïsh poursuit pour l'assassiner". Oum Ma'bad et Abou Ma'bad embrassèrent l'Islam.
La bataille de Badr (2 H)
Anas (que Dieu l'agrée) dit : "Le Messager de Dieu (paix et bénédiction de Dieu sur lui) consulta les gens à propos des captifs à Badr en disant : "Dieu le Puissant,le Majestueux vous a fait triompher sur eux..."
'Omar Ibn al-Khattab (que Dieu l'agrée) se leva et dit : "Ô Messager de Dieu, tranche leur le cou!"
Le Messager de Dieu (paix et bénédiction de Dieu sur lui) se détourna de lui. Puis il reprit la parole : "Ô gens, Dieu le Puissant,le Majestueux vous a fait triompher sur eux. Pourtant hier encore ils étaient vos frères.."
'Omar Ibn al-Khattab (que Dieu l'agrée) se leva et dit : "Ô Messager de Dieu, tranche leur le cou!"
Le Messager de Dieu (paix et bénédiction de Dieu sur lui) se détourna de lui encore et reprit les mêmes propos à l'adresse de ses compagnons.
Abou Bakr (que Dieu l'agrée) se leva alors et dit : "Ô Messager de Dieu, si tu penses devoir leur pardonner et accepter une rançon...."
Le visage du Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) fut débarrassé de l'expression de souci qui l'avait marqué, et il leur pardonna et accepta une rançon.
Puis Dieu, le Puissant, le Majestueux révéla : {N'eût-été une prescription préalable de Dieu, un énorme châtiment vous aurait touché pour ce que vous avez pris (de la rançon)** (8/67)". (Ahmad n°13143)
Son pélerinage
En revenant de Tabouk, le Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) pensa au pélerinage. Puis il dit : "Les Polythéistes font la circumambulation tout en étant complètement nus, je redoute le pélerinage à cause d'eux".
Il envoya Abou Bakr (que Dieu l'agrée) à la Mecque et le fit suivre de 'Ali (que Dieu l'agrée) avec pour mission d'interdire désormais le pélerinage aux polythéistes, et de leur accorder un délai de quatre mois pour se convertir, au bout duquel, la guerre serait déclarée entre eux et les Musulmans, s'ils ne se convertissaient pas.
Le Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) fit accompagner Abou bakr de trois cent Médinois, emportant vingt chameaux marqués en guise d'offrande. (Ibn Sâ'd)
Récit de la mort du Prophète et discours d'Abou Bakr (11 H ; 61 ans)
'Orwa Ibn Zoubayr, que Dieu les agrée, rapporte : Abou Bakr (que Dieu l'agrée) revint alors du Sonh sur sa monture et s'arrêta devant la porte de la mosquée. Il vint, affligé et attristé, et demanda la permission d'entrer dans la maison de sa fille Aïcha (que Dieu l'agrée) et elle l'autorisa à entrer. Il entra, le Messager de Dieu (paix et bénédiction de Dieu sur lui) était mort sur son lit et ses femmes étaient autour. Elles voilèrent leurs visages et se cachèrent d'Abou Bakr sauf Aïcha. Il découvrit le visage du Messager de Dieu et se pencha sur lui en l'embrassant et en pleurant. Il dit : "Ce que prétend Ibn Al-khattab est faux. Le Messager de Dieu (paix et bénédiction de Dieu sur lui) est bien mort, par celui qui tient mon âme dans sa main! Miséricorde de Dieu sur toi, Ô Messager de Dieu! Tu es si bon, vivant et mort". Puis il le couvrit de son habit et sortit rapidement à la mosquée. Il passa au-dessus des épaules des gens et arriva au minbar. En le voyant venir, 'Omar (que Dieu l'agrée) s'assit. Abou Bakr se leva à côté du minbar et appela les musulmans. Ils s'assirent et écoutèrent.
Abou Bakr prononça l'attestation de foi et fit une introduction très touchante. Puis il reprit : "Dieu puissant et glorieux a annoncé à son Prophète sa mort alors qu'il était vivant et parmi vous, de même qu'il vous a annoncé votre mort. La mort est une vérité et il ne restera aucun parmi vous sauf Dieu puissant et glorieux. Dieu élevé a dit : {Mouhammad n'est qu'un messager - des messagers avant lui sont passés. S'il mourait, donc, ou s'il était tué, retourneriez-vous sur vos pas ? Quiconque retourne sur ses pas ne nuira en rien à Dieu; et Dieu récompensera bientôt les reconnaissants** (3/144).
-Ce verset est dans le Coran?! s'exclama 'Omar. Par Dieu! Je ne savais pas avant ce jour que ce verset avait été révélé (j'étais inconscient de son sens)!
- Et Dieu élevé, continua Abou Bakr, a dit à Mouhammad, prière et paix sur lui : {En vérité tu mourras et ils mourront aussi** (39/30). Dieu élevé dit aussi : {Tout ce qui est sur elle doit périr. Seule subsistera la face de ton Seigneur plein de majesté et de noblesse** (55/26-27). Il dit encore : {Toute âme goûtera la mort. Mais c'est seulement au jour de la résurrection que vous recevrez votre entière rétribution** (3/185). Dieu a fait vivre Mouhammad et l'a gardé jusqu'à ce qu'il établit grâce à lui la religion de Dieu. Mouhammad (paix et bénédiction de Dieu sur lui) a fait triompher la volonté de Dieu, il a transmis la religion de Dieu et a combattu pour la cause de Dieu, puis il est mort en accomplissant cela. Il vous a laissés sur la voie; quiconque périra aura déjà reçu la preuve et le remède. Celui dont le Seigneur est Dieu, Dieu est vivant et ne meurt pas, et celui qui adorait Mouhammad et le considérait comme un dieu, alors son dieu est mort. Musulmans! Soyez pieux envers Dieu! Tenez à votre religion! Placez votre confiance en votre Seigneur! La religion de Dieu est inébranlable et la parole de Dieu est complète. Dieu aidera celui qui l'aide et il fera triompher sa religion. Le livre de Dieu est parmi nous; il est la lumière et le remède; par lui, Dieu a guidé Mouhammad, prière et paix sur lui; il contient le licite et l'illicite. Par Dieu! Peu nous importe les créatures qui se coalisent contre nous! Nos sabres sont dégainés, nous ne les avons pas encore déposés, et nous combattrons ceux qui nous contredisent comme nous avons combattu avec le Messager de Dieu, prière et paix sur lui. Pour cela que personne ne se lance dans la perdition!". Puis les mouhajirins partirent avec lui voir le Messager de Dieu, prière et paix sur lui.
Discussion au sujet du califat dans la cour
Ibn 'Abbâs, que Dieu les agrée, rapporte : 'Omar (que Dieu l'agrée) raconta : voilà ce qui s'est passé quand le Messager de Dieu (paix et bénédiction de Dieu sur lui) mourut. On vint nous dire que les Ançars s'étaient réunis dans la cour des Banou Sa'ida pour prêter serment à Saâd Ibn 'Oubèda, que Dieu l'agrée. Je me suis levé précipitamment ainsi qu'Abou Bakr et Abou 'Oubeyda Ibn Al-jarrah, que Dieu les agrée. Nous craignîmes qu'ils ne causent un tort à l'Islam et nous partîmes les rejoindre. Nous rencontrâmes deux hommes véridiques des Ançars : 'Ouwaym Ibn Sa'ida et Maâan Ibn Âadiy, que Dieu les agrée. Ils demandèrent : "Où allez-vous?"
Nous répondîmes : "Rejoindre votre tribu, à cause de ce qu'ils préparent".
Ils proposèrent : "Retournez, car ils ne vous désobéiront pas et ne feront pas une chose que vous désapprouvez".
Mais nous insistâmes pour partir. Je me mis à arranger des paroles que je voulais dire jusqu'à ce que nous arrivâmes. Ils étaient autour de Saâd Ibn 'Oubèda qui était malade et couché sur un lit. Quand nous entrâmes, ils prirent la parole et dirent : "Ô mouhajirins! Un émir des nôtres et un des vôtres!"
Houbèb Ibn Almondhir dit : "C'est moi le stratège et le politicien hors pair! Par Dieu! Si vous voulez, nous rallumerons la guerre!"
Abou Bakr dit : "Doucement".
Je voulus parler mais il dit : "Écoute, 'Omar!"
Il loua Dieu et le félicita puis dit : "Ô Ançars! Par Dieu! Nous ne nions pas vos vertus, ni votre valeur dans l'Islam, ni nos devoirs envers vous. Mais vous savez bien que cette tribu, Qouraych, tient une place parmi les arabes qu'aucune autre tribu ne possède, et que les arabes ne se soumettront qu'à un homme d'entre eux. Nous serons donc les souverains et vous les ministres. Soyez pieux envers Dieu! N'ébranlez pas l'Islam et ne soyez pas les premiers à causer du tort à l'Islam. Je vous propose un de ces deux hommes (moi et Abou 'Oubeyda), lequel choisirez-vous, vous pourrez lui faire confiance".
Par Dieu! Il avait dit tout ce que je voulais dire, à part cette dernière parole. Par Dieu! Je préfère être tué et être ressuscité, puis être tué encore et revivre, sans avoir commis de péché, plutôt que d'être le chef d'un groupe contenant Abou Bakr.
Puis je dis : "Ô Ançars! Ô musulmans! La personne qui mérite le plus la place du Messager de Dieu (paix et bénédiction de Dieu sur lui) après lui est le {Deuxième de deux quand ils étaient dans la grotte** (9/40) : Abou Bakr qui a de loin dépassé tous les autres". Puis je pris sa main et un homme des Ançars me précéda et tapa sur sa main avant moi. Puis les gens se suivirent et on laissa Saâd Ibn 'Oubèda.
Abou Bakr et 'Omar se rejettent le califat dans la cour
Ibn Sirine rapporte : ce jour-là, Abou Bakr et 'Omar, que Dieu les agrée, rejoignirent les Ançars.
Abou Bakr dit : "Ô Ançars! Nous ne nions pas vos vertus, et aucun croyant ne nie vos vertus. Par Dieu! Tout bien que nous avons atteint, vous y avez participé. Mais les arabes n'accepteront qu'un homme de Qouraych et ne resteront pas sous l'autorité d'un autre. Les qouraychites sont les meilleurs orateurs, ils ont les origines les plus nobles et la terre la plus noble, ils sont aussi les plus généreux parmi les arabes. Prêtez donc serment à 'Omar!
- Non, répondirent-ils.
- Pourquoi donc? questionna 'Omar.
- Nous craignons d'être défavorisés.
- Tant que je vivrai, affirma-t-il, cela n'aura pas lieu. Prêtez donc serment à Abou Bakr.
- Tu es plus fort que moi, dit Abou Bakr à 'Omar.
- Tu es meilleur que moi, répliqua 'Omar.
- Tu es plus fort que moi, répéta Abou Bakr".
'Omar donna la même réponse. Abou Bakr répéta une troisième fois et 'Omar répondit : "Ma force est à ton service en plus de ta supériorité".
Ils prêtèrent alors serment à Abou Bakr, que Dieu l'agrée. Quand on prêta serment à Abou Bakr, certaines personnes allèrent voir Abou 'Oubayda Ibn Aljarrah. Il rétorqua : "Vous venez vers moi alors que le {Deuxième de deux** (9/40) est parmi vous!"
Discours de 'Omar et le serment collectif pour Abou Bakr (11 H ; 61 ans)
Anas (que Dieu l'agrée) raconte : j'ai entendu le deuxième discours de 'Omar (que Dieu l'agrée) le lendemain de la mort du Messager de Dieu, prière et paix sur lui. Abou Bakr était silencieux et ne disait pas un mot. 'Omar dit : "J'espérais que le Messager de Dieu vive jusqu'à ce qu'il soit le dernier d'entre nous à mourir. Mais si Mouhammad est mort, Dieu a mis parmi nous une lumière pour être guidés. Dieu a guidé Mouhammad (paix et bénédiction de Dieu sur lui) et Abou Bakr est le compagnon du Messager de Dieu et le {Deuxième de deux** (9/40). Il est le musulman le plus digne d'être votre chef. Levez-vous donc et prêtez-lui serment (bayâa)".
Un groupe lui avait déjà prêté serment dans la cour des Banou Sa'ida, et le serment public eut lieu alors sur le minbar. J'ai entendu 'Omar dire à Abou Bakr à ce moment-là : "Monte sur le minbar". 'Omar ne cessa de le presser jusqu'à ce qu'il monta et les musulmans lui prêtèrent serment.
Son premier discours en tant que calife (11 H. ; 61 ans)
Après la mort du Messager de Dieu (paix et bénédiction de Dieu sur lui) et l'élection de Abou Bakr (que Dieu l'agrée) comme calife, il a dit dans un de ses discours : "Dieu a donné à Mouhammed (paix et bénédiction de Dieu sur lui) une certaine longévité jusqu'à ce qu'il a pu établir la religion de Dieu, fait triompher la parole de Dieu, transmis le Message et combattu pour Sa cause. Dieu a recueilli son âme en cet état et en vous laissant sur ce chemin droit, donc celui qui périra, il périra averti. Quiconque considère que Dieu est son Seigneur, qu'il sache que Dieu est vivant et ne mourra pas. Quant à celui qui adore Mouhammed et le prend pour divinité qu'il sache que celle-ci est morte. Ô hommes! Craignez Dieu! Attachez-vous à votre religion et fiez-vous à votre Seigneur. La religion de Dieu est déjà établie, la Parole de Dieu est parfaite, Dieu accorde la victoire à celui qui défend sa religion. Le Livre de Dieu est entre nos mains, elle est la lumière et la guérison, par quoi Dieu a guidé Mouhammed -que Dieu l'agrée-, et on y trouve le licite et l'illicite. Par Dieu! nous ne soucions plus de ceux qui se rassemblent pour nous combattre. Les sabres de Dieu sont dégainés et nous ne les avons pas encore mis dans leurs fourreaux. Nous combattrons ceux qui nous seront hostiles comme nous avons combattu à côté du Messager de Dieu (paix et bénédiction de Dieu sur lui)". (Al-Bayhaqi)
Le lendemain après que Abou Bakr était devenu le premier Calife (après la mort du Messager de Dieu ) par consentement général, il se rendit à la Mosquée du Prophète (Masdjid Nabawi) ou le peuple lui jura allégeance. Ensuite Abou Bakr monta sur le mimbar et s'adressa à l'assemblée en ces termes: - "Ô peuple! J'ai été élu votre chef quoique je ne sois meilleur qu'aucun d'entre vous. Si je fais le bien , accordez-moi votre appui. Si je fais le mal corrigez-moi. La vérité est honnêteté et le mensonge est la malhonnêteté. Les puissants parmi vous sont faibles à mes yeux, aussi longtemps que je ne leur prends pas ce qui est dû aux autres. Quand les gens cesseront de lutter pour la cause d'Allah. Allah les avilira. Quand un peuple devient malfaiteur, Allah envoie sur lui des calamités. Vous devez m'obéir aussi longtemps que j'obéis à Allah et à son Messager. Si je désobéis à Allah et à son Messager, vous êtes alors libres de me désobéir". La tentative de démission
Ibn Rahawayh rapporte : quand il fut nommé calife, Abou Bakr (que Dieu l'agrée) s'assit tristement dans sa maison. 'Omar (que Dieu l'agrée) entra chez lui et Abou Bakr se mit à lui faire des reproches.
Il lui dit : "C'est toi qui m'a fait porter cette responsabilité" et il se plaint de devoir juger entre les gens.
'Omar lui dit : "Mais tu sais bien que le Messager de Dieu (paix et bénédiction de Dieu sur lui) a dit : si le gouverneur s'efforce et atteint la vérité, il a deux récompenses. Et s'il s'efforce et se trompe, il a une récompense". Abou Bakr fut alors un peu soulagé.
Aboul Jahhaf rapporte : quand on prêta serment à Abou Bakr (que Dieu l'agrée) il s'enferma pendant trois jours. Il sortait chaque jour et disait : "Musulmans! J'ai annulé votre serment! Prêtez serment à qui vous voulez". À chaque fois, 'Ali Ibn Abou Talib (que Dieu l'agrée) lui répondait : "Nous n'acceptons pas ta démission et nous ne te démettons pas. Puisque le Messager de Dieu (paix et bénédiction de Dieu sur lui) t'a placé à l'avant, qui donc te fera reculer?"
Zayd Ibn 'Ali rapporte : Abou Bakr, que Dieu l'agrée se leva sur le minbar du Messager de Dieu (paix et bénédiction de Dieu sur lui) et appela : "Y a-t-il une personne qui déteste que je sois émir pour que je démissionne?" Il répéta cela trois fois.
'Ali Ibn Abou Talib (que Dieu l'agrée) se leva alors et répondit : "Non, par Dieu! Nous n'acceptons pas ta démission et nous ne te démettons pas. Qui donc pourra te faire reculer alors que le Messager de Dieu (paix et bénédiction de Dieu sur lui) t'a placé à l'avant?"
L'une des premières choses qu'il fait en tant que calife est de régler les dettes que le Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) n'a pu faire de son vivant (11 H. - 61 ans)
Selon Jâbir (que Dieu l'agrée), le Messager de Dieu (paix et bénédiction de Dieu sur lui) lui a dit : "Si les contributions du Bahrayn arrivaient, je t'en donnerais telle et telle chose". Mais l'or du Bahrayn n'arriva pas jusqu'à la mort du Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui). Quand cet or arriva enfin, le calife Abou Bakr (que Dieu l'agrée) cria à haute voix : "Que celui qui a une promesse du Messager de Dieu (paix et bénédiction de Dieu sur lui) ou auquel ce dernier doit quelque chose vienne à nous".
Je vins à lui et lui dis : "Le Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) m'a dit ceci et cela". Il me donna alors une certaine somme. Je la comptai et voilà qu'elle représentait cinq cents (dinars ou dirhams).
Il me dit : "Prends-en encore le double". (Al-Boukhâri, Mouslim)
Sa fermeté face aux apostats (11 H. ; 61 ans)
Abou Hourayra (que Dieu l'agrée) a dit : "Lorsque mourut le Messager de Dieu (paix et bénédiction de Dieu sur lui), qu'Abou Bakr (que Dieu l'agrée) lui succéda et qu'un certain nombre de tribus arabes apostasièrent, 'Omar (que Dieu l'agrée) a dit : "Comment combattrais-tu ces gens alors que le Messager de Dieu (paix et bénédiction de Dieu sur lui) a dit : "J'ai reçu l'ordre de combattre les gens jusqu'à ce qu'ils disent : "Il n'y a de dieu que Dieu", et celui qui l'a dit a mis à l'abri de moi ses biens et sa vie sauf pour ce qui en revient de droit à l'Islam, et c'est à Dieu de lui demander des comptes"?
Abou Bakr lui dit : "Par Dieu! Je combattrai sûrement tous ceux qui font une différence entre la prière et l'aumône légale car l'aumône est la redevance des biens. Par Dieu! S'ils refusent de me donner un bout de corde qu'ils donnaient au Messager de Dieu (paix et bénédiction de Dieu sur lui), je les combattrai à cause de lui".
'Omar dit alors : "Par Dieu! Je ne tardai pas à comprendre que c'était Dieu qui avait fait choisir à Abou Bakr la solution du combat et j'ai su qu'il avait raison"". (Al-Boukhâri, Mouslim)
Aïcha (raa) raconte : mon père partit sur sa monture en brandissant son sabre vers Dhoul Qasça. 'Ali Ibn Abou Talib (que Dieu l'agrée) vint et attrapa les rênes de sa monture en disant : "Où vas-tu, calife du Messager de Dieu?! Je te dis comme t'a ordonné le Messager de Dieu (paix et bénédiction de Dieu sur lui) le jour d'Ouhoud : range ton sabre et ne nous cause pas la calamité de ta mort. Par Dieu! S'il nous arrivait un malheur en ta personne, l'ordre de l'Islam ne sera jamais plus rétabli après toi". Abou Bakr retourna alors et envoya l'armée.
La bataille de Mouta
La première affaire que mena à bien Abou Bakr (que Dieu l'agrée) fut d'envoyer 'Ousama Ibn Zayd accompagné d'une légion, avec l'ordre de se rendre du côté des terres de Mouta, là où mourut martyr son père Zayd Ibn Haritha.
Après la mort du Messager , la catastrophe devint grande, l'hypocrisie s'accrut, certaines tribus apostasièrent et certains refusèrent de verser la zakat, l'aumône obligatoire. Abou Bakr (que Dieu l'agrée) s'attacha alors à régler cette affaire primordiale, il ordonna d'équiper les troupes pour combattre les apostats et ceux qui refusaient de verser la zakat. Abou Bakr sortit avec l'armée et marcha jusqu'à arriver à Rabdhah qui est un village voisin de Médine à trois jours de Dhati 'Irq. Puis, il fut rappelé à Médine et y retourna ; il avait organisé onze légions pour combattre les apostats. Les armées se dirigèrent donc vers l'ennemi et combattirent les apostats. Mousaylama le menteur fut tué, et Toulayhah Ibn Khouwaylid s'enfuit vers la terre de Cham, il avait prétendu être Prophète, mais il se convertit par la suite à l'Islam à l'époque de 'Omar Ibn al-Khattab. Parmi les compagnons, environ sept cents moururent martyrs, la plupart était de ceux qui connaissaient le Coran par cœur : parmi eux Zayd Ibn al-Khattab le frère de 'Omar (رضي الله عنهما) ainsi que Al-Bara Ibn Malik le frère de Anas Ibn Malik, parmi les Bani Hanifah, environ dix-sept mille hommes furent tués.
La compilation du Coran à l'époque de Abou Bakr (que Dieu l'agrée)
Zayd Ibn Thâbit raconte : "'Omar (que Dieu l'agrée) était motivé à cause du nombre important de Houffadh (personnes ayant mémorisé le Coran) décédés. Déjà, à l'époque du Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui), environ soixante-dix d'entre eux avaient déjà été fait martyrs à Bi'r Ma'ouna. Et plus tard, à l'époque de Abou Bakr (que Dieu l'agrée), une expédition à Yamama contre les apostats coûta la vie à un nombre identique de houffadh (en l'an 12 de l'hégire). Tout ceci fit réfléchir 'Omar (que Dieu l'agrée) qui essaya de convaincre Abou Bakr (que Dieu l'agrée) avec succès". (Al-Boukhâri)
Lorsque 'Omar (que Dieu l'agrée) lui pria de porter une attention particulière à ce projet, il lui répondit : "Comment puis-je accomplir une chose que le Prophète n'a jamais fait ?" Cependant, lorsqu'il réalisa la sagesse et le besoin d'entreprendre un tel acte, il se résolut à le faire et soutint Zayd (que Dieu l'agrée) qui était lui-même hésitant.
C'est pour cette raison que Abou Bakr (que Dieu l'agrée) s'est adressé à lui en ces termes : "Tu es un jeune homme intelligent. Nous ne doutons pas de ton intégrité. De plus, tu écrivais les versets révélés au Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui)".
La bataille de Dhât As-Salâsil (12 H. - 62 ans)
Dhât As-Salâsil fut la première grande confrontation armée entre les musulmans et les troupes de la Perse, sous le premier calife.
Elle eut lieu au terme des guerres contre les apostats, où les Sassanides de Perse avaient prêté main forte à l'imposteur Musaylima Al-Kadhdhâb.
Les troupes musulmanes comptaient 18 000 hommes sous le commandement de Khâlid Ibn Al-Walîd lorsqu'elles arrivèrent aux frontières de la Perse. Refusant d'embrasser l'islam et de verser le tribut, les chefs sassanides de la Perse durent affronter les musulmans dans cette bataille où ils enchaînèrent leurs soldats de peur que ceux-ci fuissent le combat. A peine les armes se rencontrèrent-elles que Khâlid Ibn Al-Walîd se débarrassa du commandant des troupes ennemies appelé Ormizd, ce qui déclina le moral du reste des combattants. Ensuite, les musulmans ne tardèrent pas à remporter la victoire, prenant un part importante sur le golfe Arabo-Persique.
Son empoisonnement par les juifs de Khaybar (12 H. ; 62 ans)
Tabari a rapporté dans son Tarikh qu'Abou Bakr avait été invité à un repas par un des principaux chef de la communauté juive de Khaibar ; le calife se trouvait à table avec Al Harith Ibn Khalada, qui était le médecin réputé des Arabes et on leur présenta un plat de riz.
Abou Bakr en mangea une bouchée, Al Harith en prit de même une bouchée mais la rejeta aussitôt en s'écriant : "Il y a dans ce riz un poison qui tue au bout d'une année !"
La désignation de 'Omar comme successeur au califat (13 H. ; 63 ans)
Lorsque Abou Bakr (que Dieu l'agrée) fut sous le coup de la maladie, il réunit auprès de lui Talhah, 'Outhman Ibn 'Affan, 'Abdou r-Rahman Ibn 'Awf ainsi que d'autres parmi les grands compagnons et il les informa qu'il voyait 'Omar Ibn Al-Khattab comme calife. Ils approuvèrent cela et firent l'éloge de son avis, puis il apparut devant les gens et les informa que 'Oumar serait son successeur. Il leur ordonna de l'écouter et de lui obéir. Ensuite, il appela 'Outhman Ibn 'Affan et lui dit : "Ecris !" puis il lui ordonna de cacheter cet écrit avec le sceau du Messager de Dieu , ce qu'il fit. Ensuite 'Outhman sortit avec le pli et le lut aux gens. C'est alors qu'ils prêtèrent serment à 'Omar Ibn Al-Khattab et les gens furent satisfaits que ce soit lui leur calife.
Ensuite Abou Bakr convoqua 'Omar avec lequel il s'isola en privé et lui dit : "Je t'ai désigné à ma succession, et je te recommande de craindre Dieu. Dieu n'exige que l'on s'acquitte de certains devoirs de nuit, qu'Il ne peut accepter que l'on retarde pour les accomplir de jour ! De même il y a des charges que l'on doit accomplir de jour, Dieu n'aime pas qu'on les retarde pour les éxecuter de nuit ! Dieu n'accepte pas d'actes surérogatoires tant que l'on ne s'est pas acquitté de l'obligatoire qui est prioritaire ! Et si certains verront au Jour Dernier, leur balance pencher vers le bien, ce ne sera certes que grâce à leur attachement à la Vérité. Tandis que ceux dont les pesées seront légères ce sera parce qu'ils auront suivi les voies de l'égarement ; il est bien évident qu'une balance qui n'aura été chargée que de mauvais actes ne vaudra pas grand chose.
Dieu a cité les gens du Paradis en les louant par les meilleurs actes qu'ils aient accompli, et Il leur a pardonné leurs erreurs. Si tu les cite à ton tour dis toi : "J'ai peur de ne pas être parmi eux !"
De même Dieu a parlé des gens de l'Enfer, et Il leur a rappelé ce qu'ils commettaient. Lorsque tu te souviens d'eux, demande à ne pas être de ceux là. Ne te rappelles pas uniquement des versets où il n'est question que de la Miséricorde de Dieu, mais souviens toi en même temps des versets qui parlent de Son Châtiment pour que tu sois de ceux qui craignent Dieu et espèrent en Lui. Pour que tu sois quelqu'un qui ne demande de Dieu que ce qui est conforme à la Vérité, et ne se jette point dans les chemins de la perdition!
Si tu prends en considération mes recommandations, fait alors en sorte que le meilleur absent que tu souhaites rencontrer soit la mort, car elle va te rejoindre ; mais si tu négliges ce que je t'ai recommandé, la mort sera cet absent que tu n'aimes pas rencontrer, alors, qu'en vérité, tu ne pourras point la fuir! "
Quand 'Omar sortit, Abou Bakr leva les mains au ciel et invoqua Dieu en disant : "Seigneur, je n'ai voulu par cette décision que le bien des musulmans, pour les préserver de tout désordre (fitna) c'est pourquoi j'ai agi selon ce que TU sais mieux que quiconque, et j'ai fait de mon mieux pour faire le bon choix ; j'ai donc désigné à leur tête le meilleure d'entre eux, le plus capable parmi eux pour s'acquitter de cette charge, celui qui est le plus attentif et le plus sage. Voilà que Ta décision en moi s'accomplit (par la mort) : Sois Celui Qui les prendra en charge, car ils sont Tes serviteurs ; leur volonté est entre Tes Mains. Seigneur, réforme en bien leur tuteur fais en sorte qu'il soit parmi tes "califes bien guidés" et réforme pour lui ses sujets".
Sa mort (13 H ; 63 ans)
Sa maladie survint le lundi sept du mois de Joumâdâ en l'an 13 de l'Hégire, dura 15 jours, et il mourut le mardi à l'heure de la prière du soir, huit jours avant la fin du mois.
La mort de Abou Bakr As-Siddiq (que Dieu l'agrée) eut lieu la treizième année, la nuit du mardi précédant les sept derniers jours du mois de Joumada Al-'Akhirah, à l'âge de soixante trois ans.
Son califat dura deux ans, trois mois et treize jours (ou sept jours de moins).
Ce qu'Abou Bakr dit au moment de sa mort à 'Abdarrahmân Ibn 'Awf
'Abdarrahmân Ibn 'Awf (que Dieu l'agrée) rapporte : Abou Bakr, As-Siddiq (que Dieu l'agrée) me dit au moment de sa mort : "Je ne regrette rien à part trois choses que j'ai faites, et j'aurais voulu ne pas les avoir faites, et trois autres choses que je n'ai pas faites, et j'aurais voulu les avoir faites, et trois autres choses que j'aurais voulu demander au Messager de Dieu, prière et paix sur lui".
Parmi ces choses, il dit : "J'aurais voulu, le jour de la cour des Banou Sa'ida, lancer le califat à l'un de ces deux hommes : Abou 'Oubayda ou 'Omar. Il aurait était émir et j'aurais été ministre".
Il dit aussi : "J'aurais voulu, quand j'ai envoyé Khalid au Chèm, envoyer 'Omar en Irak. J'aurais ainsi étendu mes mains à droite et à gauche dans la voie de Dieu. Quant aux trois que j'aurais voulu demander au Messager de Dieu (paix et bénédiction de Dieu sur lui) j'aurais voulu lui demander à qui doit revenir le califat, ainsi personne ne le disputera au calife. J'aurais aussi voulu lui demander si les Ançars y ont droit. J'aurais enfin voulu le questionner sur l'héritage de la tante maternelle et de la nièce par la soeur, car j'ai un doute là-dessus".
Alors qu'Abou Bakr agonisait il se découvrit le visage et dit à sa fille 'Aicha (raa) qui était affligée :
"Ne sois pas dans cet état mais récite plutôt : {Et puis voici le vertige de la mort, dévoilant du coup la vérité. Voilà Homme ce que tu cherchais à fuir !** (50/19)
Abou Bakr dit ensuite : "Prenez ces deux habits, lavez les, et utilisez les pour mon linceul; car les vivants ont plus besoin du neuf que le mort !".
Le lavage de son corps et son enterrement
Sa femme Asma Bint 'Oumaïss et son fils 'Abd Arrahman se chargèrent du lavage rituel de son corps.
Selon At-Tabari 'Omar Ibn Al Khattab ordonna qu'on l'enterra immédiatement. Il fut enterré à côté de la tombe du Prophète de Dieu dans la chambre personnelle (chouqqa) du Messager de Dieu . 'Omar, Talha et 'Abd Arrahman (le fils d'Abou Bakr) descendirent dans la tombe et y placèrent le corps.
Sa description physique
Il était blanc de visage, le corps fin, les favoris non fournis, le front proéminent.

Ses mérites
On rapporte au sujet de Abou Moûsa Al-Ach'ari (paix et bénédiction de Dieu sur lui) qu'il dit : "Je serai aujourd'hui le portier du Messager de Dieu (paix et bénédiction de Dieu sur lui)".
A ce moment arriva Abou Bakr (paix et bénédiction de Dieu sur lui) qui poussa la porte. Je dis : "Qui va là?"
Il dit : "Abou Bakr".
Je lui dis : "Attends un peu".
Puis je m'en allai et dis : "Ô Messager de Dieu! Voilà Abou Bakr qui demande l'autorisation d'entrer".
Il dit : "Laisse-le passer et annonce-lui le Paradis".
Je retournai auprès de Abou Bakr et lui dis : "Tu peux entrer et le Messager de Dieu t'annonce le Paradis". (Al-Boukhâri, Mouslim)
Selon Abou Hourayra, le Messager de Dieu (paix et bénédiction de Dieu sur lui) a dit : "Celui qui réunit deux bonnes actions au service de Dieu, s'entend appeler à partir des portes du Paradis : "Ô esclave de Dieu! Voilà une bonne chose que tu viens de faire". Celui qui fait partie des pratiquants fervents de la prière est appelé à partir de la porte de la prière. Celui qui fait partie des volontaires fervents à la guerre sainte est appelé à partir de la porte de la guerre sainte. Celui qui fait partie des pratiquants fervents du jeûne est appelé à partir de la porte dite "du Rayyan" et celui qui fait partie des dispensateurs fervents d'aumônes est appelé à partir de la porte de l'aumône". Abou Bakr (que Dieu l'agrée) dit : "Ô Messager de Dieu! Que mon père et ma mère te servent de rançon! Il suffit d'être appelé à partir de l'une de ces portes pour être sûr du succès (d'entrer au Paradis)? Est-il possible que quelqu'un soit appelé à partir de toutes ces portes à la fois?"
Il dit : "Oui et j'ai bon espoir que tu sois l'un d'eux". (Al-Boukhâri, Mouslim)
Le Messager de Dieu (paix et bénédiction de Dieu sur lui) a dit : "S'il m'avait été permis d'avoir pour ami intime quelqu'un d'autre que Dieu, cela aurait été Abou Bakr. Seulement il est mon frère et mon compagnon". (al-boukhâri)
Le Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) a dit : "Abou Bakr et Omar seront les guides de tous les hommes adultes au Paradis : du premier au dernier ; sauf les Prophètes et messagers de Dieu". (Tirmidhi, Ibn Mâja, Ibn Sa'd, Ahmad)
Le Messager de Dieu (paix et bénédiction de Dieu sur lui) a dit : "Certes, Abou Bakr, tu seras le premier individu de ma communauté à entrer au Paradis !". (Abou Dawoud et Al Hakim)
Houdhayfa (que Dieu l'agrée) a rapporté que le Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) a dit : "Prenez exemple sur ceux qui viendront après moi : Abou Bakr et 'Omar !". (Tirmidhi et Al-Hakim)
'Aïcha (رضي الله عنها) a rapporté que l'envoyé de Dieu (paix et bénédiction de Dieu sur lui) a dit : "Il ne peut être question, lorsqu'Abou Bakr est présent dans un groupe, que ce soit quelqu'un d'autre qui dirige la prière !". (at-tirmidhi)
D'après Ibn 'Omar (رضي الله عنهما), le Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) a dit à Abou Bakr (que Dieu l'agrée) : "Tu étais mon compagnon dans la caverne, et tu seras mon compagnon près du Bassin (au jour de la Résurrection)". (at-tirmidhi)
Abou Houraïra (que Dieu l'agrée) a rapporté que le Messager de Dieu (paix et bénédiction de Dieu sur lui) a dit : "Toute personne qui m'a prêté main forte, j'ai pu l'en récompenser, excepté Abou Bakr : il a eu pour moi tant de bienfaits, que seul Dieu saura l'en récompenser au Jour du Jugement dernier, et en vérité, il n'y a pas d'argent qui m'ait été aussi utile, comme l'a été l'argent d'Abou Bakr !". (at-tirmidhi)
Zayd Ibn Aslam a rapporté de son père qui a dit : J'ai entendu 'Omar Ibn al-Khattâb (que Dieu l'agrée) dire : Le Messager de Dieu (Prière et salut de Dieu sur lui) a ordonné de donner l'aumône, et il se trouvait que j'avais une somme d'argent. Alors je me suis dit : Aujourd'hui, je ferai mieux qu'Abou Bakr, si j'arrive un jour à rivaliser avec lui. J'ai fait don de la moitié de ma richesse. Le Messager de Dieu (Prière et salut de Dieu sur lui) m'a demandé : Qu'as-tu laissé pour ta famille ?
J'ai dit : J'ai laissé l'équivalent de ce que j'ai donné.
Mais Abou Bakr avait apporté toute sa richesse et le Messager de Dieu (Prière et salut de Dieu sur lui) lui a demandé : Qu'as-tu laissé pour ta famille?
Il a répondu : Je lui ai laissé Dieu et Son Messager.
J'ai dit : Je ne rivaliserai plus jamais avec toi en quoi que ce soit.
Selon 'Abdurrahman Ibn Abi Bakr As-Siddiq (que Dieu l'agrée), son père dit une fois à ses invités : "Mangez en toute tranquillité. Moi, par Dieu, je n'y goûterai pas". (Il craignait que le repas ne suffise pas à tout le monde).
'Abdurrahman dit : "Par Dieu, toutes les fois qu'on en prenait une bouchée, le volume du dîner augmentait par sa base si bien qu'ils ont mangé à satiété et le manger était encore plus copieux qu'au départ. Abou Bakr regarda le manger et dit à sa femme : "Ô sœur des béni Firas! Qu'est-ce donc que cela?"
Elle dit : "Par tout ce que j'aime, voilà donc que notre dîner est trois fois plus abondant qu'au début".
(Devant cette abondance inattendue) Abou Bakr se décida enfin à manger avec eux en disant : "Le serment que j'avais fait de ne pas manger n'était qu'une inspiration du Diable".
Il en prit une bouchée puis porta le plat au Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) et le manger se trouva ainsi chez lui. Or juste en ces temps expira le terme d'une trêve entre nous et certaines tribus. Douze hommes des nôtres arrivèrent chacun avec ce qu'il avait pu mobiliser comme hommes (pour reprendre le combat contre ces tribus), Tous purent en manger à leur faim". (Al-Boukhâri, Mouslim)
Ibn Kathîr (رحمه الله) a dit : "Abou Bakr (que Dieu l'agrée) était le plus savant dans le Livre de Dieu parmi les compagnons (رضياللهعنهم), car il est arrivé au Messager de Dieu (paix et bénédiction de Dieu sur lui) de le désigner pour diriger la prière à sa place, or le Messager de Dieu (paix et bénédiction de Dieu sur lui) a dit par ailleurs : "Celui qui guide les autres dans la prière doit être le plus savant d'entre eux"".
__________________
Ceux-ci prenaient leur religion comme distraction et jeu, et la vie d'ici-bas les trompait. Aujourd'hui, Nous les oublierons comme ils ont oublié la rencontre de leur jour que voici, et parce qu'ils reniaient Nos enseignements. (AL-ARAF v.51)

Ô Peuple, écoutez-moi bien, adorez Dieu, faites vos cinq prières (Salah) quotidiennes... Ô Peuple, et comprenez bien les mots que je vous transmets. Je laisse derrière moi deux choses, Le Coran et mon exemple, La Sounnah, et si vous les suivez vous ne vous égarerez jamais. (Extraits du sermon d'adieu, Mohammad )
Voir: "Documentaire"
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Vieux 01/06/2008, 00h54
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Re : La grande histoire des chiites

'Omar Ibn Al-Khattâb - عمربنالخطاب
(que Dieu l'agrée)

Son nom et sa généalogie
Il se nomme Abou Hafs 'Omar Ibn l-Khattab Ibni Nafil. Son arbre généalogique rejoint celui du noble Prophète à Ka'b Ibn Lou'ayy. Sa mère est Houthmah Bintou Hachim.
Sa naissance
Il est né, que Dieu l'agrée, treize années après l'année de l'éléphant.
Sa conversion (-10 H ; 27 ans)
Il embrassa l'Islam trois années après la révélation, il avait alors vingt-sept ans.
La bataille de Badr (2 H)
Anas (que Dieu l'agrée) dit : "Le Messager de Dieu (paix et bénédiction de Dieu sur lui) consulta les gens à propos des captifs à Badr en disant : "Dieu le Puissant,le Majestueux vous a fait triompher sur eux..."
'Omar Ibn al-Khattab (que Dieu l'agrée) se leva et dit : "Ô Messager de Dieu, tranche leur le cou!"
Le Messager de Dieu (paix et bénédiction de Dieu sur lui) se détourna de lui. Puis il reprit la parole : "Ô gens, Dieu le Puissant,le Majestueux vous a fait triompher sur eux. Pourtant hier encore ils étaient vos frères.."
'Omar Ibn al-Khattab (que Dieu l'agrée) se leva et dit : "Ô Messager de Dieu, tranche leur le cou!"
Le Messager de Dieu (paix et bénédiction de Dieu sur lui) se détourna de lui encore et reprit les mêmes propos à l'adresse de ses compagnons.
Abou Bakr (que Dieu l'agrée) se leva alors et dit : "Ô Messager de Dieu, si tu penses devoir leur pardonner et accepter une rançon...."
Le visage du Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) fut débarrassé de l'expression de souci qui l'avait marqué, et il leur pardonna et accepta une rançon.
Puis Dieu, le Puissant, le Majestueux révéla : {N'eût-été une prescription préalable de Dieu, un énorme châtiment vous aurait touché pour ce que vous avez pris (de la rançon)** (8/67)". (Ahmad n°13143)
Son souhait de tuer le compagnon qui à voulu prévenir les mecquois de l'arrivée de l'armée musulmane (8 H ; 45 ans)
Ali (que Dieu l'agrée) raconte : "Le Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) nous convoqua Al Miqdad, Az Zoubayr et moi et nous dit : "Allez à Radwat Khakh où vous rencontrerez une femme portant une lettre, prenez lui cette lettre !".
Nous partimes au galop et à l'endroit désigné, nous rencontrâmes une femme et nous lui demandâmes de nous remettre la lettre qu'elle portait. Elle nous répliqua qu'elle ne portait point de lettre. Nous la menaçames de la fouiller si elle ne nous montrait pas la lettre. Elle la sortit de ses cheveux, où elle la tenait cachée. Nous retournâmes à Médine et nous remîmes la lettre au Messager de Dieu (paix et bénédiction de Dieu sur lui). Le Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) lut la lettre qui contenait des informations sur les plans de l'expédition. Le Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) fit venir Hateb et lui dit "Qu'as tu fait ?".
Hateb répondit : "Je n'ai fait cela non dans le but de te trahir ou de renier l'Islam mais uniquement pour que ma famille restée à la Mecque obtienne une protection de la part des Qoraïchites".
Omar intervint et dit : "Laisse moi nous débarrasser de cet hypocrite!".
Le Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) dit : "Cet homme est sincère, et il s'est battu à Badr. Qui sait, Dieu a peut être pardonné leurs erreurs à tous ceux qui se sont battus à Badr".
Son choc lors de la mort du Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) avant de revenir à la raison (11 H ; 48 ans)
'Omar (que Dieu l'agrée) s'est trouvé à la Mosquée du Prophète, et a dit : "Il y a des hypocrites qui prétendent que le Messager de Dieu est mort. Certainement le Messager de Dieu n'est pas mort, mais il est allé à son Seigneur, comme Moise, fils d'Imran, est allé à son Seigneur (pour recevoir les commandements célestes). Par Dieu, Muhammad reviendra comme Moise est revenu, et il coupera les mains et jambes de ceux qui ont prétendu que le Messager de Dieu est mort". (Ibn Hicham, 2/655)
'Orwa Ibn Zoubayr, que Dieu les agrée, rapporte : Puis (Abou Bakr) sortit rapidement à la mosquée. Il passa au-dessus des épaules des gens et arriva au minbar. En le voyant venir, 'Omar (que Dieu l'agrée) s'assit. Abou Bakr se leva à côté du minbar et appela les musulmans. Ils s'assirent et écoutèrent.
Abou Bakr prononça l'attestation de foi et fit une introduction très touchante. Puis il reprit : "Dieu puissant et glorieux a annoncé à son Prophète sa mort alors qu'il était vivant et parmi vous, de même qu'il vous a annoncé votre mort. La mort est une vérité et il ne restera aucun parmi vous sauf Dieu puissant et glorieux. Dieu élevé a dit : {Mouhammad n'est qu'un messager - des messagers avant lui sont passés. S'il mourait, donc, ou s'il était tué, retourneriez-vous sur vos pas ? Quiconque retourne sur ses pas ne nuira en rien à Dieu; et Dieu récompensera bientôt les reconnaissants** (3/144).
-Ce verset est dans le Coran?! s'exclama 'Omar. Par Dieu! Je ne savais pas avant ce jour que ce verset avait été révélé (j'étais inconscient de son sens)!
Ibn al-Musayyib rapporte que 'Omar (que Dieu l'agrée) a dit : "Par Dieu, dès que j'ai entendu la parole d'Abu Bakr, je suis tombé à terre. Je me suis senti comme si mes jambes ne pouvaient plus me porter, ainsi je me suis effondré quand je l'ai entendu le dire. Seulement alors j'ai réalisé que muhammad (paix et bénédiction de Dieu sur lui) était vraiment mort". (Al-Boukhâri n°641)
Discours de 'Omar et le serment collectif pour Abou Bakr (11 H ; 48 ans)
Anas (que Dieu l'agrée) raconte : j'ai entendu le deuxième discours de 'Omar (que Dieu l'agrée) le lendemain de la mort du Messager de Dieu, prière et paix sur lui. Abou Bakr était silencieux et ne disait pas un mot. 'Omar dit : "J'espérais que le Messager de Dieu vive jusqu'à ce qu'il soit le dernier d'entre nous à mourir. Mais si Mouhammad est mort, Dieu a mis parmi nous une lumière pour être guidés. Dieu a guidé Mouhammad (paix et bénédiction de Dieu sur lui) et Abou Bakr est le compagnon du Messager de Dieu et le {Deuxième de deux** (9/40). Il est le musulman le plus digne d'être votre chef. Levez-vous donc et prêtez-lui serment (bayâa)".
Un groupe lui avait déjà prêté serment dans la cour des Banou Sa'ida, et le serment public eut lieu alors sur le minbar. J'ai entendu 'Omar dire à Abou Bakr à ce moment-là : "Monte sur le minbar". 'Omar ne cessa de le presser jusqu'à ce qu'il monta et les musulmans lui prêtèrent serment.
Anas (que Dieu l'agrée) rapporte : on prêta serment à Abou Bakr (que Dieu l'agrée) dans la cour, et le lendemain il s'assit sur le minbar. 'Omar (que Dieu l'agrée) se leva et parla avant lui. Il loua Dieu et le félicita comme il le mérite puis dit : "Musulmans! Hier, je vous ai dit une parole fausse : je ne l'ai pas prise du livre de Dieu et le Messager de Dieu (paix et bénédiction de Dieu sur lui) ne me l'avait pas confiée, mais j'avais cru que le Messager de Dieu partirait après nous tous. Dieu a laissé parmi vous son Livre par lequel il a guidé le Messager de Dieu; si vous y tenez Dieu vous guidera vers ce quoi il a guidé son Prophète. Dieu vous a aussi unis avec le meilleur d'entre vous : le compagnon du Messager de Dieu (paix et bénédiction de Dieu sur lui) et le {Deuxième de deux quand ils étaient dans la grotte** (9/40). Levez-vous et prêtez-lui serment".
Puis Abou Bakr prit la parole. Il loua Dieu et le félicita comme il le mérite puis dit : "Musulmans! On m'a placé en tant que votre chef et je ne suis point le meilleur parmi vous. Si j'agis bien aidez-moi, et si j'agis mal, redressez-moi. Dire la vérité est une responsabilité dont il faut s'acquitter, et mentir est une trahison. Le faible parmi vous est fort à mes yeux jusqu'à ce que je lui donne son droit par la volonté de Dieu. Le fort parmi vous est faible à mes yeux jusqu'à ce que je prenne ce qu'il doit par la volonté de Dieu. Tous gens qui laissent le jihèd pour la cause de Dieu, Dieu les châtiera par l'humiliation. Tous gens parmi lesquels se propage la turpitude, Dieu leur infligera une calamité qui les frappera tous. Obéissez-moi tant que j'obéis à Dieu et à son Messager. Si je désobéis à Dieu et à son Messager, vous ne devez plus m'obéir. Levez-vous pour la prière, que Dieu vous fasse miséricorde".
Discussion au sujet du califat dans la cour
Ibn 'Abbâs, que Dieu les agrée, rapporte : 'Omar (que Dieu l'agrée) raconta : voilà ce qui s'est passé quand le Messager de Dieu (paix et bénédiction de Dieu sur lui) mourut. On vint nous dire que les Ançars s'étaient réunis dans la cour des Banou Sa'ida pour prêter serment à Saâd Ibn 'Oubèda, que Dieu l'agrée. Je me suis levé précipitamment ainsi qu'Abou Bakr et Abou 'Oubeyda Ibn Al-jarrah, que Dieu les agrée. Nous craignîmes qu'ils ne causent un tort à l'Islam et nous partîmes les rejoindre. Nous rencontrâmes deux hommes véridiques des ançars : 'Ouwaym Ibn Sa'ida et Maâan Ibn آadiy, que Dieu les agrée. Ils demandèrent : "Où allez-vous?"
Nous répondîmes : "Rejoindre votre tribu, à cause de ce qu'ils préparent".
Ils proposèrent : "Retournez, car ils ne vous désobéiront pas et ne feront pas une chose que vous désapprouvez".
Mais nous insistâmes pour partir. Je me mis à arranger des paroles que je voulais dire jusqu'à ce que nous arrivâmes. Ils étaient autour de Saâd Ibn 'Oubèda qui était malade et couché sur un lit. Quand nous entrâmes, ils prirent la parole et dirent : "Ô mouhajirins! Un émir des nôtres et un des vôtres!"
Houbèb Ibn Almondhir dit : "C'est moi le stratège et le politicien hors pair! Par Dieu! Si vous voulez, nous rallumerons la guerre!"
Abou Bakr dit : "Doucement".
Je voulus parler mais il dit : "Ecoute, 'Omar!"
Il loua Dieu et le félicita puis dit : "Ô ançars! Par Dieu! Nous ne nions pas vos vertus, ni votre valeur dans l'Islam, ni nos devoirs envers vous. Mais vous savez bien que cette tribu, Qouraych, tient une place parmi les arabes qu'aucune autre tribu ne possède, et que les arabes ne se soumettront qu'à un homme d'entre eux. Nous serons donc les souverains et vous les ministres. Soyez pieux envers Dieu! N'ébranlez pas l'Islam et ne soyez pas les premiers à causer du tort à l'Islam. Je vous propose un de ces deux hommes (moi et Abou 'Oubeyda), lequel choisirez-vous, vous pourrez lui faire confiance".
Par Dieu! Il avait dit tout ce que je voulais dire, à part cette dernière parole. Par Dieu! Je préfère être tué et être ressuscité, puis être tué encore et revivre, sans avoir commis de péché, plutôt que d'être le chef d'un groupe contenant Abou Bakr.
Puis je dis : "Ô ançars! Ô musulmans! La personne qui mérite le plus la place du Messager de Dieu (paix et bénédiction de Dieu sur lui) après lui est le {Deuxième de deux quand ils étaient dans la grotte** (9/40) : Abou Bakr qui a de loin dépassé tous les autres". Puis je pris sa main et un homme des ançars me précéda et tapa sur sa main avant moi. Puis les gens se suivirent et on laissa Saâd Ibn 'Oubèda.
Abou Bakr et 'Omar se rejettent le califat dans la cour
Ibn Sirine rapporte : ce jour-là, Abou Bakr et 'Omar, que Dieu les agrée, rejoignirent les ançars.
Abou Bakr dit : "Ô ançars! Nous ne nions pas vos vertus, et aucun croyant ne nie vos vertus. Par Dieu! Tout bien que nous avons atteint, vous y avez participé. Mais les arabes n'accepteront qu'un homme de Qouraych et ne resteront pas sous l'autorité d'un autre. Les qouraychites sont les meilleurs orateurs, ils ont les origines les plus nobles et la terre la plus noble, ils sont aussi les plus généreux parmi les arabes. Prêtez donc serment à 'Omar!
- Non, répondirent-ils.
- Pourquoi donc? questionna 'Omar.
- Nous craignons d'être défavorisés.
- Tant que je vivrai, affirma-t-il, cela n'aura pas lieu. Prêtez donc serment à Abou Bakr.
- Tu es plus fort que moi, dit Abou Bakr à 'Omar.
- Tu es meilleur que moi, répliqua 'Omar.
- Tu es plus fort que moi, répéta Abou Bakr".
'Omar donna la même réponse. Abou Bakr répéta une troisième fois et 'Omar répondit : "Ma force est à ton service en plus de ta supériorité".
Ils prêtèrent alors serment à Abou Bakr, que Dieu l'agrée. Quand on prêta serment à Abou Bakr, certaines personnes allèrent voir Abou 'Oubayda Ibn Aljarrah. Il rétorqua : "Vous venez vers moi alors que le {Deuxième de deux** (9/40) est parmi vous!"
Abou Bakr dit à 'Omar : "C'est toi qui m'a fait porter cette responsabilité"
Ibn Rahawayh rapporte : quand il fut nommé calife, Abou Bakr (que Dieu l'agrée) s'assit tristement dans sa maison. 'Omar (que Dieu l'agrée) entra chez lui et Abou Bakr se mit à lui faire des reproches.
Il lui dit : "C'est toi qui m'a fait porter cette responsabilité" et il se plaint de devoir juger entre les gens.
'Omar lui dit : "Mais tu sais bien que le Messager de Dieu (paix et bénédiction de Dieu sur lui) a dit : si le gouverneur s'efforce et atteint la vérité, il a deux récompenses. Et s'il s'efforce et se trompe, il a une récompense". Abou Bakr fut alors un peu soulagé.
Son poste de calife après la mort d'Abou Bakr (que Dieu l'agrée)
Il prit le califat par désignation de Abou Bakr As-Siddiq, que Dieu les agrée tous deux. Il lui fut prêté serment de son vivant, puis il dirigea les affaires du califat avec loyauté, justice et excellentes gestion et stratégie.
La conquête de Damas (14 H.)
Lorsque l'affaire de Yarmouk fut réglée, les musulmans se dirigèrent vers Damas, ils l'assiégèrent durant soixante-dix nuits de ses quatre côtés. Une nuit, par surprise, Khalid Ibn l-Walid escalada le mur avec ceux qui étaient avec lui, tua les sentinelles gardant la porte et prit d'assaut la ville avec les soldats, puis il dit : "Allahou 'Akbar" et ils dirent : "Allahou 'Akbar". Les gens de la ville se réfugièrent auprès de leurs chefs qui appelèrent à faire un pacte de paix. Les musulmans entrèrent donc par les différents côtés de la cité grâce à ce pacte et se retrouvèrent avec Khalid Ibn l-Walid au centre de la ville. La partie de la ville pénétrée par Khalid fut elle aussi prise grâce à un pacte de paix. Cela eut lieu la quatorzième année de l'Hégire. Puis les soldats continuèrent leurs conquêtes, ils conquirent Tabariyah et Baysan grâce à un pacte de paix, sans effusion de sang, ainsi que Qayçariyyah, Ghazzah, Sibastiyyah. Ils conquirent aussi NAbouls, Ar-Ramlah, Loudd, 'Amwas, Bayt Habroun, Yafa et toute la région jusqu'à Gaza.
La conquête de Jérusalem
Ensuite Abou 'Oubayda marcha sur la Jordanie, réunit les armées et se dirigea vers Jérusalem. Il leur écrivit un puis les attendit. Mais ils refusèrent de se rendre. Il partit donc à leur rencontre, établit son camp à proximité d'eux et les assiégea. Lorsque le siège fut trop éprouvant pour eux, ils demandèrent la paix, ce qu'il accepta. Ils dirent : "Envoie un message à ton gouverneur afin que ce soit lui qui nous donne le pacte de paix".
Abou 'Oubayda ayant écrit à l'Emir des croyants pour l'en informer, 'Omar réunit les grands compagnons et leur demanda leur opinion : devait-il s'y rendre ou non ? Ils lui suggérèrent tous d'y aller. C'est ainsi qu'il réunit une troupe et s'en alla après avoir nommé 'Ali Ibn Abi Talib, que Dieu l'agrée, à sa place au commandement de Médine l'Illuminée.
L'Emir des croyants entra à Jérusalem et c'est à ce moment là qu'eut lieu l'accord de paix entre les croyants et les chefs de la population de Jérusalem, moyennant le paiement de la jizyah - impôt - et d'autres conditions précises. Il fit mettre sur papier tous les points sur lesquels l'accord fut établi.
Lorsque l'Emir des croyants, 'Omar Ibn l-Khattab, que Dieu l'agrée, entra à Jérusalem avec l'extraordinaire armée des musulmans, il dégagea le Rocher et ordonna d'y construire une mosquée. Passant près du Mihrab de Dawoud, l'alcôve située à la porte de la ville dans la fortification, il y accomplit une prière, récita la Sourat Sad et se prosterna. Ensuite il changea l'orientation de la mosquée en direction de la Ka'bah. C'est à cette époque-là que furent conquises toutes les régions des pays du Cham.
Puis, il nomma 'Alqama Ibn Hakim à la tête de la moitié de la Palestine et fit de Ar-Ramlah sa capitale; d'autre part il nomma 'Alqamah Ibn Mahriz à la tête de l'autre moitié et l'installa à Jérusalem (Baytou l-Maqdis).
La désignation de 'Othmân comme successeur
'Omar avait désigné un collège de six illustres compagnons qui devraient choisir entre eux-mêmes celui qui lui succéderait et deviendrait le troisième calife.
Ce collège s'étant réuni, trois d'entre ses six membres expriment leur accord pour que quelqu'un parmi les autres soit calife : en fait ces trois membres remettent leur possibilité d'être nommé calife aux trois autres; restent donc Ibn Awf, 'Othmân et 'Alî. Ibn Awf se désiste lui aussi par rapport à la fonction de calife et propose à 'Othmân et à Alî de choisir le calife parmi eux. Ils acceptent. Il se met à consulter pendant trois jours les compagnons présents à Médine. La troisième nuit, il réveille al-Miswar ibn Makhrama, l'envoie appeler az-Zubayr et Sa'd, avec qui il s'entretient. Puis il envoie al-Miswar quérir 'Alî, avec qui il s'entretient longuement, puis 'Othmân avec qui il s'entretient longuement aussi (Al-Bukhârî n°7207).
Il dit notamment à chacun de ces deux personnages : "Fais serment par Dieu que si tu es nommé dirigeant tu seras juste et si l'autre est nommé tu obéiras". (Al-Boukhârî n°3700)
Sa mort
Il est mort dans le mois de Dhou Al Hijjah de l'an 23H, à 63 ans.
Sa description physique
Il était grand, blanc de peau avec beaucoup de rougeur, la barbe fournie mais légère au niveau des favoris, très fournie au niveau des moustaches, l'iris des yeux très rouge.
Ses mérites
Selon Abou Hourayra (que Dieu l'agrée), le Messager de Dieu (paix et bénédiction de Dieu sur lui) a dit : "Il y avait dans les communautés qui vous ont précédés des hommes-inspirés de Dieu. S'il y a un tel homme dans ma nation, c'est bien 'Omar". (Al Boukhâri n°3282 et Mouslim n°2389)
On rapporte au sujet de Abou Mousa Al-Ach'ari (que Dieu l'agrée) qu'il dit : "Or voilà que quelqu'un faisait bouger la porte. Je dis : "Qui va là?"
Il dit : "'Omar Ibn Al-Khattâb".
Je dis : "Attends un peu!" Je vins auprès du Messager de Dieu (paix et bénédiction de Dieu sur lui), le saluai et lui dis : "'Omar demande l'autorisation d'entrer".
Il dit : "Fais-le entrer et annonce-lui le Paradis".
Je retournai à 'Omar et lui dis : "Tu peux entrer et le Messager de Dieu (paix et bénédiction de Dieu sur lui) t'annonce le Paradis".
Il entra donc et s'assit sur la margelle à gauche du Messager de Dieu (paix et bénédiction de Dieu sur lui). Il plongea comme lui ses pieds dans le puits". (Al-Boukhâri, Mouslim)
Houdhayfa (que Dieu l'agrée) a rapporté que le Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) a dit : "Prenez exemple sur ceux qui viendront après moi : Abou Bakr et 'Omar !". (Tirmidhi et Al-Hakim)
Il dit encore : "s'il devrait y avoir un Prophète après moi, ça aurait été Omar". (At-Tirmidhi et Ahmad)
Le Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) a dit : "Dieu a placé la vérité sur la langue et dans le coeur de Omar". (Abou Dâwoûd, Tirmidhi, Ibn Mâja, Ahmad et Ibn Sa'd)
Le Messager de Dieu (paix et bénédiction de Dieu sur lui) a dit aussi à 'Omar (que Dieu l'agrée) : "Dès que le Diable te voit prendre une voie, il en prend aussitôt une autre".
Ibn 'Abbas (رضي الله عنهما) raconte : "'Ouyayna Ibn Hisn vint une fois à Médine chez son neveu Al Hourr Ibn Qays qui était parmi les rares personnes que 'Omar rapprochait de lui. Les lecteurs du Coran formaient en effet l'entourage de 'Omar et étaient ses conseillers, qu'ils fussent en âge mûr ou des adolescents. 'Ouyayna dit à son neveu : "Mon neveu! Tu es introduit auprès de 'Omar; demande-lui de m'accorder une audience!".
'Omar la lui accorda; une fois entré chez 'Omar, il lui dit : "Gare à toi, ô Ibn Al Khattab! Par Dieu tu ne nous donnes pas en abondance et tu ne juges pas équitablement entre nous".
'Omar se fâcha tellement qu'il était sur le point de le frapper de sa colère.
Al Hourr lui dit alors : "Ô Prince des Croyants! Dieu Le Très-Haut à dit à Son Prophète : {Accepte ce qu'on t'offre de raisonnable, commande ce qui est convenable et éloigne-toi des ignorants.** (7/199) et cet homme fait partie des insensés".
Par Dieu! 'Omar, au simple rappel de ce verset, ne le transgressa pas d'un pouce. Il respectait en effet scrupuleusement les prescriptions du Livre de Dieu exalté". (Al-Boukhâri)
Al-Abbas Ibn Abd l-Mouttalib (que Dieu l'agrée) a dit : "J'ai été un voisin de 'Omar Ben Al-Khattab. Je n'ai jamais vu dans ma vie un homme meilleur que lui. Il veillait ses nuits en priant, ses jours en jeûnant et il vaquait aux besoins des gens. Quand il mourut, j'ai demandé à Dieu de me le faire voir en songe. En effet, une certaine nuit, je l'ai vu venant du marché de Médine, je l'ai salué et il m'a rendu le salut, puis je lui ai dit : "Comment vas-tu?"
"Bien", m'a-t-il répondu. En lui demandant sur ce qu'il a trouvé, dans l'autre monde, il m'a dit : "Je viens maintenant de rendre compte de toutes mes oeuvres. Si je n'avais pas trouvé un Seigneur Miséricordieux, j'aurais été parmi les perdants". (Abou Na'im)
Ibn 'Omar (رضي الله عنهما) a dit : "Je n'ai jamais entendu 'Omar (que Dieu l'agrée) dire à propos d'une chose : "Je crois que c'est ainsi", sans qu'elle ne fût exactement ainsi".
__________________
Ceux-ci prenaient leur religion comme distraction et jeu, et la vie d'ici-bas les trompait. Aujourd'hui, Nous les oublierons comme ils ont oublié la rencontre de leur jour que voici, et parce qu'ils reniaient Nos enseignements. (AL-ARAF v.51)

Ô Peuple, écoutez-moi bien, adorez Dieu, faites vos cinq prières (Salah) quotidiennes... Ô Peuple, et comprenez bien les mots que je vous transmets. Je laisse derrière moi deux choses, Le Coran et mon exemple, La Sounnah, et si vous les suivez vous ne vous égarerez jamais. (Extraits du sermon d'adieu, Mohammad )
Voir: "Documentaire"
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  #12  
Vieux 01/06/2008, 02h42
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Re : La grande histoire des chiites

Citation:
Posté par ZubayrZubayr Voir le message
:




L'Ethymologie du Terme Chiite est revelateur :


!


En Effet, il signifie : ''Le Sectarisme'' ou ''le Parti pris''. Ainsi l'appelation meme de cette tendance temoigne de leur propre sectarisme, car le terme Chiite est né de circanstance d'une situation bien precise, celle du differend nee entre 'Ali Radhi Allahu 'Anhu et Mou'awiya Radhi Allahu 'anhu. Logiquement cette appelation aurait du cesser a la fin de ce conflit mais certains des partisants de 'Ali Radhi Allahu 'Anhu ont exagéré l'affliation jusqu'au Sectarisme !


!



Définition de Rawafidh


!





!


Rawafidh du verbe « Rafada » qui signifie refuser, renier, désavouer.



!



Pourquoi nous les appelons les Rawafidhs ?


!




Une des causes d’appelation des Chiites par « Al-Rafida », selon Al-Mirza Taqi, remonte à l’Epoque de Zayd Ibn ‘Ali, un membre d’Ahl al-Bayt qui avait reproché aux chiites d’insulter Abu Bakr et ‘Umar (Radhi Allahu ‘Anhum).



!



Ils lui demandèrent : « Que penses-tu d’eux ? »


!


Il lui Répondit : « Je ne dis d’eux que du bien. »


!


Ils lui dirent : « Alors, tu ne fais plus partie des nôtres. » Et ils l’abondonnrent et le renièrent.


!


Zayd Ibn ‘Ali dit : « Ils nous ont reniés, aujourd’hui. »


!




Depuis ce jour, ils furent appelés « Al-Rafida ». Et l’Imam Zayd utilisait cette appelation pour désigner ceux qui exagéraient dans cette doctrine chiite et se permerttaient d’insulter les compagnons. [« Nasikh Al-Tawarikh » d’Al-Mirza Taqi. Tome 3, page 590]


!




D’après un grand théologien Chiite appelé Al-Nubakhti, la première personne impliquée dans le dénigrement des compagnons (Radhi Allahu ‘Anhum) et à avoir mis en vigueur cette pratique était un Juif du nom de ‘Abd Allah Ibn Saba, qui était prétendu appartenir à l’Islam.


!




Al-Nubakhti a montré clairement que ce Juif était celui qui avait commencé à insulter les Compagnons (Radhi Allahu ‘Anhum) et tout particulièrement, Abu Bakr, ‘Omar et ‘Othman (Radhi Allahu ‘Anhum).


!




Al-Nubakhti a dit :


!


« ‘Abd Allah Ibn Saba est parmi ceux qui ont ouvertement dénigré Abu Bakr, ‘Umar et ‘Othman et els compagnons et les renier en disant que ‘Ali (Radhi Allahu ‘Anh) lui avait ordonné de le faire. ‘Ali convoqua alors l’homme qui avoua son acte. Par conséquent, ‘Ali donna l’odre de l’exécuter. Mais les gens crièrent : Ô Commandeur des Croyants ! Exécuterais-tu un homme qui invite les gens à vous aimer… »


!



Al-Nubakhti ajouta :


!


« ‘Abd Allah Ibn Saba disait quand il était Juif que Yusha Ibn Nun était désigné par Moïse comme succéseur. Lorsqu’il se convertit, il commença à parler de la désignation de ‘Ali comme successeur au Prophète (‘Aleyhi salat wa salam)… Et il était le premier à avoir déclaré la succesion de ‘Ali comme Obligation… C’est la raison pour laquelle, tous ceux qui divergent avec les Chiites attribuent le « Rafd » au Judaïsme. » [« Firaq Al-Shi’a » d’ Al-Nubakhti, page 44-45]


!




Une fois, ‘Abd Allah Ibn Saba vint à ‘Ali (Radhi Allahu ‘anh) pour le monter contre Abu Bakr et ‘Omar (Radhi Allahu ‘Anhum). Mais ‘Ali le repoussa en disant : « N’avez-vous que cela à faire ?». [« Al-Gharat » d’Al-Thaqafi. Tome 1, page 203]


!




Les Chiites n’en tireraient-ils pas une leçon de par la position de ‘Ali (Radhi Allahu ‘anh) vis-à-vis de ‘Abd Allah Ibn Saba, surtout lorsqu’il voulut le faire exécuter comme il n’arrêtait pas d’insulter les compagnons du Prophète (‘Aleyhi salat wa salam) ?


!




De quel côté peut-on mette les chiites d’aujourd’hui ?


!




Est-ce du côté de ‘Ali (Radhi Allahu ‘anh) qui voulait exécuter quiconque détestait Abu Bakr, ‘Omar et ‘Othman (Radhi Allahu ‘anhum) ou du côté de Abd Allah Ibn Saba qui ontroduisit la pratique du dénigrement contre tous les compagnons (Radhi Allahu ‘Anhum) et les épouses du Prophète (‘Aleyhi salat wa salam).



avez vous à nous apprendre quelque chose qui n'a pas été dit et redit sur ce forum, car là ça commence à lasser un peu, la répétition constante des mêmes choses, continuellement.........................

wa salam
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  #13  
Vieux 01/06/2008, 12h00
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Re : La grande histoire des chiites

salam


Citation:
La grande histoire des chiites
A la lecture(j'ai survolé) de ce post,il apparait que cette "grande histoire" n'est faite que de dissentions interne a la Ummah.

La véritable grandeur ,non pas d'une secte mais de l'Islam ,a eu lieu sous le khilafat de ceux que vous accusez d'être les ennemis de cette même religion.



un petit copié-collé pris au hasard :



Des Raids aux conquêtes Au VIe siècle, à la veille de l'Islam la cohésion de la communauté arabe est encore mal assurée. C'est à Abou Bakr, le premier calife (632-634), que revient la tâche de guider les croyants: l'adhésion à l'islam implique l'appartenance à l'umma, à la communauté des croyants, et la reconnaissance de l'autorité du calife.


Mais de nombreuses tribus d'Arabie refusent de se soumettre, et il faut toute la détermination du calife pour endiguer les révoltes et prendre le contrôle de l'Arabie. Il faut aussi fournir un exutoire à l'effervescence des Arabes, assurer la reprise des activités commerciales et donner à tous les croyants un but commun. Et si les premières expéditions organisées au temps d'Abou Bakr vers l'Irak et la Syrie se situent dans la tradition des opérations (....), elles vont très vite faire place, devant la faiblesse de l'adversaire, à de véritables conquêtes.


Le règne d'Omar
Sous le règne d'Omar (634-644), désigné par Abou Bakr pour lui succéder, la majeure partie du Proche-Orient passe sous domination arabe. La Syrie-Palestine est conquise de 634 à 639: occupation de Damas en 635, grande victoire contre les forces byzantine en 636 sur la rivière Yarmouk, reddition de Jérusalem en 638. La Mésopotamie est conquise dans les mêmes années: en Irak, victoire de Qadisiyya sur les perses sassanides en 637 et chute de leur capitale Ctésiphon-Séleucie.

Puis les Arabes continuent leur avancée vers l'est: en 642, victoire de Nehavend en Iran; prise de Rey en 644; occupation du Khorasan en 651. Ces conquêtes marquent la chute définitive des Sassanides, déjà affaiblis au cours des siècles précédents par leurs luttes contre les Romains et les Huns. L' Egypte est conquise à partir de la Syrie: Alexandrie est occupée en 642 (reprise un temps par les Byzantins, la ville passe définitivement aux mains des Arabes en 646). La haute Mesopotamie est conquise dans les années 639-641, l'Arménie est soumise en 645-646.

De l'Arménie à l'Asie centrale
Sous les califes qui succèdent à Omar, Othman (644-656) et Ali (656-661), les conquêtes marquent un temps d'arrêt; la nécessité d'organiser les territoires nouvellement gagnés à l'islam, mais surtout des dissensions internes, obligent pour un temps les Arabes à mettre fin à leurs expéditions.
Il faut attendre l'arrivée au pouvoir de Moawiyya, le premier des califes omeyyades (661-750), pour que reprenne la politique d'expansion qui porte les frontières de leur empire de l'Atlantique aux confins de l'Inde. Vers l'est, la Transoxiane, avec Boukhara et Samarkand, est conquise entre 705 et 714.



ETC...
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Dernière modification par OTHMAN ALI 01/06/2008 à 12h09.
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  #14  
Vieux 01/06/2008, 12h09
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Post Re : La grande histoire des chiites



je n'accusais personne, j'ai trouvé cet article sur l'histoire du chiisme et j'ai trouvé instructif de le faire partager, n'y voyez là aucune attaque particulière contre l'islam, ou un désir de fitna, la fitna est bien assez présente sur ce forum sans que je m'y mette aussi.

Ce post était dans un but de simple culture ou d'ouverture. Si vous voyez le lien, vous verrez que ce lien vient d'un site tunisien, sans parti pris, sans désir de religion, mais uniquement d'histoire et d'informations...

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  #15  
Vieux 01/06/2008, 12h28
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Re : La grande histoire des chiites

salam


Pardon,alors, de vous avoir associé faussement a ceux qui accusent les compagnons(Abou bakre notamment) d'avoir usurpés le khalifat et d'être des hypocrites et ennemis du prophéte aleyhi salat wa salam .

Mais ce que vous reprennez a votre compte comme etant une "grande histoire" ,n'est en vérité pour moi ainsi que pour la Ummah qu'un grand malheur,qui fut annoncé par le prophéte aleyhi salat wa salam comme une fitna qui, d'aprés un hadith sahih aura comme réconciliateur Hassan.
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  #16  
Vieux 01/06/2008, 12h45
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Re : La grande histoire des chiites



Comme vous le voyez, dans le texte que j'ai voulu vous faire partager, il y avait des references d'historiens reconnus comme TABARI et autres references. Tout est historique. Sur le fait que abou bakr ait pris le califat au lieu de le donner à ALI as comme cela avait été prévu par le Prophète, cela est une autre histoire et mon propos n'est pas de le juger, seul ALLAH swt le jugera pour ces actes bons et mauvais.
Je me permettrais uniquement de vous rappeler ces hadiths connus :

Citation:

Le fameux jeudi où Omar refusa au prophète d'écrire son testament
"Que l'on m'amene de l'encre et une omoplate afin que je vous écrive ce par quoi vous ne serez jamais égarés après ma mort." Ahmad ibn Hanbal- Al Musnad, tome 1. page 344. Ibn Sa'ad - Tabbaqat tome 2, page 242. Boukhari - Sahih, tome 1, page 22. Tabari - Tarikh, tome 2 page 436.

Obeydollah ibn 'Abdullah ibn 'Atabeh rapporte qu'Ibn Abbas a dit :"La journée du jeudi! et quel jeudi!"évoquant le jour de la mort du Prophète Le plus grand malheur arriva aux musulmans, quand la dispute entre certains compagnons - dont Omar ibn Al-Khattab qui voulait suggérer que l'Envoyé de Dieu était en train de divaguer - empêcha le Saint Prophète


Références : Tabaqât d'ibn Sa'd - tome 2, page 242. Musnad d'ibn Hanbal - tome 1, page 336. Sahih de Muslim - tome 2, page 95.


Lors d'une discussion qu'il eut avec Ibn Abbâs, le second calife lui dit :

"L'Envoyé de Dieu voulait mentionner Ali, mais je ne l'ai pas laissé faire."

Réferences : Ibn Ali-Al-Hadîd - Charh Nahdj Al-Balagha - tome 3, page 97.

De nombreux traditionnistes et historiens sunnites ont rapporté cette paroles du deuxième calife : " L'Envoyé de Dieu divague."

Références : Muslim - Sahih, tome 3 chapître du testament, page 1259. Boukhari - Sahih tome 4 page 5.
Les premiers convertis n'étais pas abou bakr mais :

Citation:
Ibn Kathîr dit d'ailleurs à ce propos: «Il est clair que la famille de Mohammad - sa femme Khadîdja, son esclave affranchi, Zayd et la femme de celui-ci, Om Aymân, 'Alî et Waraqah - crut en lui avant tous autres». "Ibn Athîr"; "Ibn Khaldûn".


Voici quelques citations du Prophète (saw) concernant 'Ali (et non pas Abou bakr, et d'ailleurs il n'y a aucun équivalent pour aucun des compagnons) qui dit :

"Je suis la demeure de la sagesse et 'Ali en est la porte." Tirmidhi volume 2 p.299, Tarikh baghdad volume 11 p.204, Kanz al ommal volume 6 p.401.


"Je suis la cité du savoir et 'Ali en est la porte. Quiconque veut entrer dans la cité, qu'il passe par sa porte." Mustadrak as-sahihayin volume 3 p.126 et d'autres encore.

"'Ali est avec la Vérité et la Vérité est avec 'Ali." Mustadrak as-sahihayin volume 3 p.119, et autres. Disponible aussi avec une formulation différente dans Tirmidhi volume 2 p.298 et Mustadrak volume 3 p.124 (sahih selon les critères de Mouslim).

"'Ali est avec le Coran, le Coran est avec 'Ali." Mustadrak as-sahihayin volume 3 p.124.

Que dit abou bakr de lui même :


Citation:
Le lendemain de la mort du Prophète (saw), Abou bakr fit un discours ou il avoua ceci :
Citation:

"Il y a un diable qui s'empare de moi. Quand il vient à moi, évitez moi." Tarikh Tabari et autres.


Comme je le disais, je n'ai pas à juger aucun des compagnons du Prophète, simplement certaines de leurs attitudes sont choquantes, c'est tout. Mais bon! je suis certaine qu'aux dires de ces references, vous me direz que ce ne sont pas des hadiths reconnus.... à moins que vous me disiez qu'ils sont apocryphes....

Contrairement à beaucoup de sunnites, je ne déifies aucun compagnon. Car apparament, des qu'on reconnait tel defaut, c'est un tollé général....je ne déifies qu'ALLAH swt.

Je ne suis pas de celles qui disent que nous insultons les compagnons des qu'on ose les critiquer ou reconnaitre leurs erreurs : reconnaitre qu'ils ont fauté ne veut pas dire qu'ils n'ont pas fait de bien par ailleurs! Comme je le disais, seul ALLAH swt sait et nous ne savons pas et seul ALLAH swt les jugera selon leurs actes et nous jugera selon nos actes.


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Dernière modification par khadija1960 01/06/2008 à 12h59.
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  #17  
Vieux 01/06/2008, 15h20
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Re : La grande histoire des chiites

Citation:
Citation:
Sur le fait que abou bakr ait pris le califat au lieu de le donner à ALI ascomme cela avait été prévu par le Prophète aleyhi salat wa salam.
Non seulement le prophéte aleyhi salat wa salam a désiré fortement Abou bakre ALLAH l'agrée comme son successeur comme le démontre le récit ou Abou bakre fut ordonné par le prophéte aleyhi salat wa salam de présider a la priére en communs des croyants (dont le prophéte aleyhi salat wa salam et Ali y compris) et ce durant la maladie qui allait quelques heures plus tard emporter le prophéte aleyhi salat wa salam auprés de son seigneur le trés haut ,mais en plus le Coran lui même le confirme.

En effet,a la lecture de certains versets Coraniques ,il ne fait aucuns doutes qu'ALLAH azza wajjal appui et conforte Abou Bakre dans la fonction
de chef des croyants .

Mais pour vous en convaincre,il faudrait déja que vous ne considériez pas certains ahadiths sahih comme non reconnus ou apocryphes ;-). Non plus que le Coran fût falsifié par ceux-la même qui auraient d'aprés vous ,usurpé le khilafat.
__________________
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Dernière modification par OTHMAN ALI 01/06/2008 à 15h22.
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