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Voir la version complète : conférence le 22-10 à l'Ulb


niouna
19/10/2003, 10h26
Conférence ce mercredi 22-10, 19h30, à l'ULB ( Bâtiment U, Auditoire Chavanne, square Groupe G, 1000 Bruxelles)
>"Le voile : problème d'intégration ou manque d'ouverture d'esprit?"
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>avec Pierre HAZETTE (Ministre de l'éducation), Yacob MAHI (Professeur de religion islamique), Philippe GROLLET (Président du centre d'action laïque), Andrea REA (Professeur de sociologie) et Alain GERARD (Journaliste au journal Le Soir)
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>Organisée par le Cercle du Libre Examen
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>Thème : 'Est-ce les jeunes filles voilées qui portent le voile qui n'arrivent pas à s'intégrer ou est-ce notre société qui n'arrive pas à les intégrer ?' et 'De la part de qui cela est-il un manque d’ouverture d’esprit ?'
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>tel 0485 444 340, ebaezhel@ulb.Ac.Be
>http://www.librex.beLieu: ULB, Campus du Solbosch, Bâtiment U, Auditoire Chavanne, square Groupe G, 1000 BruxellesHeure: 19h30
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>L’affaire Tariq Ramadan : l’ère du soupçon
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>Denis Sieffert
>Un texte controversé de l’intellectuel musulman Tariq Ramadan a suscité une avalanche de réactions hostiles. André Glucksmann crie à l’antisémitisme. BHL adjure les altermondialistes de prendre leurs distances. Même si le texte contient des maladresses, on ne les suivra pas sur ce terrain.
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>Les articles de presse roulent parfois avec la simultanéité d’une salve d’artillerie. Dans ce qu’il faut bien à présent appeler l’« affaire Ramadan », l’emballement chronologique est à cet égard édifiant. Le 3 octobre, l’intellectuel musulman Tariq Ramadan adresse un texte de son cru sur une liste de discussion d’Internet préparant le Forum social européen de novembre (lire ce texte dans son intégralité dans Politis n° 771). Six jours plus tard, Le Nouvel Observateur publie sous la signature de Claude Askolovitch (encore lui !) un article qui s’ouvre sur cette sobre interrogation : « Peut-on être altermondialiste et antisémite ? » Le lendemain, 10 octobre, Bernard-Henri Lévy consacre la totalité de son bloc-notes dans Le Point, à « l’imam genevois » qu’il définit abruptement comme « l’un des porte-parole des courants les plus durs de l’islam européen » (sic) (1). Le 11, c’est Libé qui leur fait écho sous un titre à l’emporte-pièce : « Des relents d’antisémitisme sur la toile
> altermondialiste ». Le même jour, l’éditorialiste du Figaro Magazine, Joseph Macé-Scaron, ferme (provisoirement ?) le ban en s’indignant : « Une autre personnalité que Tariq Ramadan serait immédiatement sommée de s’expliquer. » Macé-Scaron n’a d’ailleurs pas tort : Ramadan n’a pas été « sommé » de s’expliquer ; il a été condamné sans autre forme de procès. Quant aux lecteurs, aux nombreux lecteurs de ces publications par ailleurs fort honorables, ils n’auront guère eu l’occasion de se forger une opinion, sauf à aller visiter eux-mêmes la liste de discussion du Forum social européen. Bizarre. Nulle part en effet, hormis dans Le Monde, qui en fit d’ailleurs une analyse infiniment plus nuancée (et sollicita une réaction de Ramadan lui-même), le texte incriminé n’aura été reproduit. Ce qui fraie la voie à une désinformation très fâcheuse. Quelle idée par exemple peut se faire le lecteur de L’Obs lorsqu’il lit sous la plume d’André Glucksmann, invité à dire très fort ce que le
> journaliste Claude Askolovitch n’avait fait que suggérer, ces lignes définitives : « Ce qui est étonnant, ce n’est pas que monsieur Ramadan soit antisémite, mais qu’il ose désormais se revendiquer comme tel. ». Nous sommes là au fond du gouffre. Au nom de quoi le fiévreux philosophe peut-il, dans un journal sérieux, affirmer une pareille contre-vérité ? Non seulement Ramadan proclame qu’il n’est pas antisémite, mais il affirme en toutes circonstances que la lutte contre la judéophobie est sa priorité (il l’a écrit dans plusieurs tribunes, voir notamment Le Monde du 23 décembre 2001). On peut certes interpréter ses propos, ou les juger insincères, éventuellement vouloir en démonter les ressorts supposés cachés, mais on ne peut les travestir à ce point. Le brûlot de Glucksmann, c’est d’ailleurs l’arroseur arrosé. S’il ne « trouve pas étonnant que Ramadan soit antisémite », c’est au nom de quel présupposé ? Au nom de quel préjugé s’agissant d’un homme qui a toujours affirmé le
> contraire ?
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>La promptitude de la riposte et son excessive violence ne facilitent pas le débat. À lire Glucksmann ou BHL osant comparer le texte de Ramadan au pamphlet antisémite le Protocole des Sages de Sion, on éprouve à notre tour un certain malaise. Le choeur des outragés jetterait-il par avance l’opprobre sur quiconque oserait prolonger avec un l’intellectuel musulman un dialogue jusqu’ici fructueux ? S’agit-il de miner le futur Forum social européen qui s’annonce comme un succès ? La marque d’infamie posée sur le front de Ramadan est toute prête à resservir. Mais que dit Ramadan de si extraordinaire ? Il accuse certains intellectuels « juifs français », ou « nationalistes », « de développer des analyses de plus en plus orientées par un souci communautaire qui tend à relativiser la défense des principes universels d’égalité ou de justice » (2). Il leur reproche une indignation sélective. Or, c’est un fait que l’on n’a pas souvenir d’avoir beaucoup entendu Finkielkraut, Adler, BHL ou encore
> Taguieff condamner la politique de répression de Sharon. Et lorsque Askolovitch s’indigne que l’on puisse décrire Finkielkraut comme « un défenseur de Sharon », on a envie de le mettre au défi de nous apporter la preuve du contraire. Depuis trois ans que le conflit au Proche-Orient exporte ses peurs et ses haines, nous n’en trouvons pas trace. De même, beaucoup de ces intellectuels gagneraient en efficacité dans leur lutte contre l’antisémitisme s’ils s’inspiraient de l’exemple de Théo Klein. Pour l’ancien président du Crif, « c’est une erreur de sortir la violence antijuive de son contexte général avec l’air de dire : "Quand ça touche les autres, ça ne nous intéresse pas." » Cessons donc de nous effaroucher quand Ramadan ne dit au fond qu’une évidence : il n’y a pas parmi les intellectuels qu’il prend à partie un seul qui ait le courage d’un Avraham Burg, l’ancien président de la Knesset, demandant à son pays de se retirer des territoires « sans mégoter ». Tous donnent le
> désagréable sentiment de défendre un corps de doctrine homogène qui ressemble à s’y méprendre au choc des civilisations cher aux néoconservateurs américains : soutien à la manière forte de Bush et Sharon, et en France, croisade contre le voile, comme si la laïcité tout entière en dépendait. Ajoutons à cela une sainte détestation de l’altermondialisme (José Bové fut longtemps leur cible favorite). Il est vrai que le mouvement altermondialiste, si divers, se retrouve sur des grands principes comme l’anticolonialisme. Il soutient le droit des Palestiniens à un État dans les frontières de 1967. Il est antiguerre sinon pacifiste. Surtout quand la guerre est notoirement une guerre de conquête, au profit des grands pétroliers, ou pour étendre le système libéral. Il fut à l’origine de la mobilisation contre la guerre d’Irak. Et sa grille de lecture est sociale. Pour les militants altermondialistes, les violences du monde n’ont pas d’autres causes que les déséquilibres que génère la société
> libérale. Il ne propose pas d’explications endogènes ou religieuses. Il refuse les murs, les grandes fractures civilisationnelles, les lignes Maginot. Il va au contact, se mêle, se mélange. Et cela ne va pas sans risque. Les partisans des murs, des exclusions, et de tous les anathèmes auront toujours beau jeu de traquer dans la manifestation la banderole ou le mot d’ordre qui feront scandale * et qu’il faut en effet condamner avec force. À l’image de ces militants de l’organisation de jeunesse sioniste Hashomer Atzaïr qui tentèrent de discréditer le forum social de Berlin, au printemps dernier, parce qu’ils avaient aperçu un tee-shirt, porté par un militant, amalgamant stupidement sionisme et nazisme.
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>Comment donc sortir par le haut d’un débat si mal engagé ? Comment faire bouger les lignes ? En évitant certes des écueils que Tariq Ramadan n’évite pas toujours dans son texte. En évitant les énumérations, sinon les amalgames. La preuve : Bernard-Henri Lévy ne fut pas favorable à la guerre d’Irak. En évitant de prêter des arrière-pensées. Le soupçon est dans le débat public le pire des poisons. Le livre de BHL retraçant le drame du journaliste américain Daniel Pearl, assassiné par des islamistes pakistanais parce que journaliste, parce qu’Américain, et parce que juif, est un grand livre. Et c’est l’honneur de son auteur de l’avoir écrit. Et qu’importe si son reportage a pu rejoindre des considérations stratégiques, mêmes israéliennes. En évitant enfin d’interroger trop intimement les motivations de nos actes. La part du repli communautaire n’est sans doute pas négligeable dans le refus de toute critique publique à Israël. Mais la plupart des intellectuels épinglés par Ramadan sont
> aussi, et peut-être surtout, des membres du « parti de l’ordre ». Il se peut que Sharon soit à leurs yeux l’incarnation de l’État, qu’il représente la force et, au même titre que Bush ou Sarkozy, un idéal sécuritaire dans un monde en état de guerre. Ils se trompent sans aucun doute. Notre conviction, c’est que c’est leur stratégie et leurs peurs qui amènent l’insécurité. Pour notre part, nous continuerons de dialoguer avec Tariq Ramadan, de le publier le cas échéant, sans céder aux injonctions de BHL qui adjure le mouvement altermondialiste de « prendre ses distances » avec l’intellectuel musulman (a-t-on songé un seul instant à demander à BHL de rompre avec Finkielkraut parce que celui-ci avait loué le pamphlet islamophobe, et authentiquement raciste celui-là, d’Oriana Fallaci ?). Précisément, ce qui nous intéresse dans la démarche de Ramadan, c’est la volonté de sortir les jeunes musulmans des organisations communautaires, et de les encourager à s’inscrire dans le mouvement social
> (3). Au mouvement altermondialiste de fixer les règles de cette participation. Mais c’est une autre affaire.
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>(1) Tariq Ramadan n’est évidemment pas imam.
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>(2) Par une formulation maladroite, le texte peut laisser entendre que Pierre-André Taguieff est juif. Ce qui n’est pas le cas.
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>(3) Lire à ce propos les Musulmans d’Occident et l’avenir de l’islam, Sindbad-Actes Sud, 385 p., 25 euros (voir la critique que nous en avions faite dans Politis n° 738).
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fatima98
19/10/2003, 16h16
trèèèèèès interessant machaallah!! j'y serais peut etre si mon programme ne change pas inchaallah
mais est ce que ça ne sera pas un peu assomant???
ou peut etre que je me sentirais trop petite parmi les gens qu'il y aura!
allahou a'lam
kheir inchaallah
salam alaykom